Le leader du PMSD, Xavier-Luc Duval, le leader de l'opposition, Arvin Boolell, et le leader du MMM, Paul Bérenger, réunis face à la presse.
  • Prise de contract de Navin Ramgoolam, Paul Bérenger et Xavier-Luc Duval et de leurs lieutenants ce samedi pour un éventuel alignement en vue des municipales

Samedi verra une rencontre au sommet des principaux partis de l’opposition réunissant le leader du parti Travailliste (PTr) Navin Ramgoolam, le leader du Mouvement Militant Mauricien (MMM) Paul Bérenger ainsi que Xavier-Luc Duval, le leader du Parti Mauricien Social-Démocrate (PMSD). Cette rencontre s’inscrit sous le signe du « Kick-Off » des discussions politiques avec notamment les élections municipales en ligne de mire. Jamais auparavant, ce trio ne s’est retrouvé à la même table pour des « Koz-Koze ». Cette rencontre se déroulera à l’hôtel Hennessy pour une première prise de contact conjointe.
Dans le camp des travaillistes, on affirme que l’objectif visé est de consolider les rapports dans les rangs de l’opposition face aux « dérives de L’Alliance Morisien et du Premier ministre Pravind Jugnauth ». Selon les informations recueillies auprès des rouges, ce Kick-Off ainsi que les discussions à venir ont pour but de synchroniser l’action des partis de l’opposition contre la posture politique qu’adopte le MSM dans la conjoncture et aussi les manœuvres de Lakwizinn du PMO. Il faut, selon les dirigeants rouges sollicités ce matin, mettre la population en garde contre l’opération « Fer Per » enclenchée par le pouvoir ces derniers jours pour tenter « d’intimider les dénonciateurs de maldonnes cautionnées par certains au pouvoir ».

Du côté du PMSD, on affirme que cette première séance d’échanges de points de vue envoie un signal fort au chef du gouvernement et Pravind Jugnauth. Les bleus sont pour cette unification des forces de l’opposition en vue des élections municipales prévues en 2021. « Volonte popilasion seki lopozision pa divize sinon bann dan pouvwar pou profite », laissait entendre ce matin un des porte-parole du parti. Selon lui, il faut à tout prix éviter le scénario des élections générales de novembre avec les trois partis de l’opposition réunissant la majorité des voix nationales mais se heurtant aux réalités du système électoral et le MSM s’agrippant au pouvoir à travers la formule en place.

Le PMSD estime aussi que les Mauriciens sont, en moins d’un an après les législatives de 2019, déjà dépassés par la gestion du pays par le MSM et ses protégés. Les bleus dénoncent également « une campagne infecte à relent communal » enclenchée par certains élus du MSM et aussi les nominations politiques qui friseraient l’absurdité comme dans le cas récent survenu à la Mauritius Standards Bureau. Pour le PMSD, il ne reste que le judiciaire et le DPP pour contrer la main-mise du MSM dans le pays.

Au sein du MMM, on laisse entendre que les manœuvres du leader du MSM sont claires notamment avec ces sorties contre le leader du parti, Paul Bérenger avec l’affaire St-Louis en toile de fond. « La stratégie de Pravind Jugnauth est ridicule car il croit pouvoir duper la population avec son soi-disant rapport accablant émanant de la Banque africaine de développement. D’un côté, il tente d’enfoncer Paul Bérenger à travers ces allégations mais de l’autre il épargne Ivan Collendavelloo sur lequel il espère toujours compter pour les élections municipales à Beau Bassin/Rose-Hill », laissait entendre un dirigeant mauve ce matin.
Le MMM dénonce aussi le « le langage infect et communal » utilisé par certains députés MSM au Parlement pour s’attaquer à la députée Joanna Bérenger ces dernières semaines. « Mo krwar zot blie ki mazorite dimounn dan Moris pa ar zot malgre ki zot dan pouvwar. La popilasion pe suiv sa zwe kominal ki MSM pe fer an 2020 la. Ek lepep pou sanksionn zot dan minisipal », poursuit-il. Le MMM serait aussi pour cette unité des composantes de l’opposition pour affronter le MSM et ce qu’il en reste du Muvman Liberater avec Ivan Collendavelloo, lui-même « décapité politiquement » à l’approche des élections dans les villes. Les mauves minimisent ainsi l’impact politique de Steven Obeegadoo ou encore d’Alan Ganoo qui pour eux ont très vite été « démasqués » pour le nouveau militantisme qu’ils incarnent au sein du gouvernement MSM.