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– Le leader de l’opposition appelé à donner la réplique au Budget Speech du Grand Argentier le lundi 14 juin

– À la fin d’avril dernier, les facilités bancaires accordées au secteur privé ont chuté de 2,5% pour se retrouver à hauteur de Rs 390 milliards

À huit jours de la présentation du Budget Speech du ministre des Finances, Renganaden Padayachy, le calendrier des débats à l’Assemblée nationale a été arrêté en consultation avec le Speaker’s Office, le Chief Whip et le Whip de l’opposition. Ainsi, le coup d’envoi des débats est annoncé pour le lundi 14 juin avec l’intervention du Premier ministre et Leader of the House, Pravind Jugnauth, et le “summing up” du Grand Argentier fixés au mardi 22 juin. Vu que lors de cette dernière séance, les parlementaires entameront l’étape du Committee of Supply, la tranche du Question Time sera éliminée de l’Order Paper du Parlement. Il va sans dire que l’End-of-Mission du Fonds monétaire international et le Country Economic Memorandum de la Banque mondiale, avec les critiques sévères contre la Banque de Maurice, surtout la Mauritius Investment Corporation Ltd, devront constituer le plat de résistance de l’opposition. Même si depuis longtemps déjà, le taux de croissance par rapport au Produit intérieur brut est devenu un facteur caduc, un dernier indicateur mérite que l’on s’y attarde. Ainsi, en une année, les facilités bancaires au secteur privé ont régressé de 2,5%.

Ainsi, le programme de travail pour le Budget Time devra comprendre huit séances, soit de die in diem, y compris le samedi pour la semaine débutant le 14 juin. Ensuite, le lundi 21 et le mardi 22 devront voir la clôture des débats avec des interventions du leader du MMM, Paul Bérenger, le dernier orateur de l’opposition et du Premier ministre et du ministre des Finances. Xavier-Luc Duval devra donner la réplique au ministre des Finances dès lundi matin. La tradition au Parlement veut que pour cette séance l’option de la Private Notice Question ne soit pas retenue. Par contre, il faudra s’attendre à des PNQs pour les autres séances quotidiennes.

Le principe d’une moyenne d’une demi-heure par parlementaire et une légère flexibilité pour les ministres a été entériné alors que les leaders de parti ne seront pas assujettis à cette contrainte horaire. De ce fait, l’examen en comité du budget le mardi 22 devra être complété jusqu’à la fin de la semaine, quitte à convoquer une ultime séance le samedi 26. L’adoption des 2021/22 Budget Estimates interviendra le mardi 29, soit à la veille de la fin de l’exercice financier.

Jusqu’ici, face aux coups de semonce du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale, l’Hôtel du gouvernement et le ministère des Finances n’ont pas bronché. Mais les débats sur le budget seront mis à profit par l’opposition pour faire feu de tout bois contre la gestion des fonds publics en cette période de pandémie et dénoncer l’absence d’un leadership économique pour une sortie de crise face à une majorité gouvernementale qui tentera un marketing politique des mesures du budget, dont les projets d’extension de Metro Express de Rose-Hill à Réduit ou encore l’Iconic Tower de 50 étages de Côte-d’Or.

Toutefois, une indication du niveau des activités économiques dans le pays se résume sur le plan du montant des facilités bancaires, dont bénéficient les secteurs économiques. Les derniers chiffres ont été publiés par la Banque de Maurice pour la fin du mois d’avril dernier. Avec un montant de Rs 390 milliards, une baisse de 2,5% est notée par rapport à avril 2020, soit au tout début de la première vague de COVID-19.

Même en situation d’extrême détresse, l’Hospitality Sector, notamment les secteurs d’Accommodation and Food Service Activities, se retrouve avec des facilités bancaires additionnelles de Rs 15,5 milliards de plus pour atteindre Rs 55,4 milliards (+38,9%) à la fin d’avril. Part contre, le créneau d’ICT essuie une baisse de 28,8%.

Force est de constater qu’avec Maurice toujours sur la Grey List de la Financial Action Task Force et de la Black List de l’Union européenne, les indicateurs évoluent en zone rouge, notamment une baisse de 35% des Bank Loans, soit de Rs 40,4 milliards à Rs 26,3 milliards pour les entités détenant des Non-Financial GBCs, de 30% pour les GBC2s et de 12,9% pour les Financial GBC1s, passant de Rs 37,7 milliards à Rs 32,8 milliards.