Il a tenu à passer son message dimanche matin lors de la célébration de la Journée internationale de la femme au Swami Vivekananda International Convention Centre, à Pailles. Le Premier ministre, Pravind Jugnauth, a en effet mis en garde les « bandits » qui, dit-il, « veulent déstabiliser le pays », ainsi que « certains qui veulent propager la violence ». Il demande que ces derniers ne puissent jamais « détruire ce qui a été construit pendant des années ».

« Ena sertin pe rod amenn divizion kominal. Ena pe rod propaz laviolans. Zot pe dir ou nou pou fer disan koule dan sa pei-la. Ena pena respe pou institision, blie se ki mwa mo ete. Pe dir pou vinn donn kalot Premye minis. Eski sa kalite langaz-la pou amenn plis serenite ek sekirite pou zot ? » déclare Pravind Jugnauth, face à une salle bondée de femmes venues des quatre coins du pays. Il demande ainsi de « savoir faire la différence » et juger, ainsi que de faire de sorte que ces « bandits » et « ceux qui veulent l’instabilité » n’aient aucune occasion « de détruire ce qui a été construit durant des années ».

Le Premier ministre a également demandé aux ministres, Private Parliamentary Secretaries (PPS) et députés de « ne pas prendre en considération les palabres », « ceux qui font des allégations infondées » et ceux qui « esey met dezord ». Selon lui, il faut « les zot zape » et « travailler pour le pays ». Tout en qualifiant son conseil des ministres de « formidable ». L’occasion pour lui de revenir sur le travail accompli pour que Maurice soit “COVID Safe”. « Nou finn pran bann desizion ki ti difisil me ek  boukou kouraz. Rezilta zordi koz pou li mem », dit-il, tout en mentionnant la fermeture des frontières et le “lockdown”.

Pravind Jugnauth rappelle que le gouvernement a pris ces décisions « en offrant une assistance financière ». Après quoi il s’en est pris à l’opposition, affirmant que certains, parmi ses adversaires, « avaient parlé d’émeutes » dans le pays. « Imazine si sa bann dimounn-la ti pe diriz sa pei-la. Ek zot ki ti pe pran desizion diferan de nou… Komien parmi nou ti pou kontamine ? komien ti pou fini al lopital e komien mor nou ti pou ena ? » se demande-t-il, tout en mentionnant les prévisions qu’avait faites l’Organisation mondiale de la santé quant au nombre de décès à Maurice du fait de la COVID.

Pravind Jugnauth est d’avis que ce résultat a été obtenu avec la collaboration de la majorité de la population. Il mentionne à ce propos les critiques de l’opposition lorsque Maurice était frappée par la pandémie. « Poz la mem kestion zordi. Gete dan lemond ki pe arive ! » dit-il, tout en faisant part de sa solidarité envers les pays touchés et « qui font face à une situation très difficile ». Quant aux vaccins, il rappelle que son gouvernement a entamé des démarches pour l’obtention de vaccins et que la campagne de vaccination a d’ailleurs déjà commencé.

À ce propos, et afin que tout le monde puisse se faire vacciner, il demande aux femmes de « motiver leur famille », ajoutant que « ce sera une protection contre le virus ». Avant d’ajouter que le gouvernement sera « plus flexible » sur les conditions imposées par rapport aux passagers arrivant à Maurice. Il poursuit en rappelant que ses ministres et lui auraient pu se faire vacciner « dès le commencement », mais que tel n’a pas été le cas, car il s’agissait avant tout, dit-il, de « donner priorité aux “frontliners” ». Avant de conclure : « Biento nou pou vaksine ! »

Toujours concernant le virus, il a tenu à rendre hommage « à tous ceux qui ont suivi les consignes » du gouvernement, « particulièrement les femmes qui ont travaillé dans les services essentiels » dans différents secteurs, dit-il. « À sa lepok-la, nou ti ena kontaminasyon dan nou sosiete ek sirtou sete enn viris nou pa ti arme pou konbat li », fait-il ressortir. Selon lui, « les femmes ont travaillé durement durant la période de Lockdown, étant donné l’augmentation de travail à la maison ».

Par ailleurs, Pravind Jugnauth concède que la situation financière de beaucoup de femmes s’est détériorée dans le sillage de la pandémie. Et de souligner de quelle manière le virus a « mis à genoux » l’économie de tous les pays à travers le monde, dont Maurice. L’une des victimes les plus affectées, dit-il, est Air Mauritius, qui « finn down net ». Mais l’industrie touristique et le secteur des investissements ont également été très impactés, dit-il, étant donné que personne ne peut voyager. « Sa bann difikilte-la, nou ankor pe fer fas. Pa ve dir akoz nou COVID safe ki lekonomi finn repran kouma bizin », poursuit-il, tout en gardant confiance en une reprise économique.

Concernant le message des Nations Unies sur le leadership féminin dans une période post-COVID, le Premier ministre a émis certaines réserves, estimant que nous ne sommes pas encore débarrassés du virus. « Mo pa krwar nou pou ariv post-COVID desito », dit-il. Pravind Jugnauth souligne cependant que «nous vivons une situation totalement différente des autres pays ». En parlant de la capacité d’inspirer et motiver les autres, il estime que « pou kapav fer sa, fode ou enn lexanp ou mem ».

Pravind Jugnauth dit avoir également noté une recrudescence de la violence domestique, surtout durant la période de confinement. Il affirme ainsi ne pas comprendre « comment des hommes frappent toujours des femmes dans une période comme celle-ci ». Tout en soutenant qu’il prendra les mesures qui s’imposent. « Nou tou imin », dit-il, se demandant si ceux qui violentent leurs femmes « auraient aimé être frappés par d’autres personnes ».

À ce propos, il rappelle qu’il préside un comité de haut niveau travaillant sur un plan d’action contre la violence domestique. Des actions ont d’ailleurs déjà été mises en application, dit-il. Dans un autre registre, il demande aux femmes de pratiquer régulièrement de l’activité physique, ce qui provoquera « une grande amélioration dans leur vie ». Et de lancer un appel aux femmes pour « faire entendre leur voix à chaque fois qu’une personne va contre les lois ».

La ministre de l’Égalité des Genres, Kalpana Koonjoo-Shah, a couvert d’éloges le Premier ministre. Répondant aux critiques contre ce dernier, elle soutient que « bann lamars » n’apportent pas de résultats. « Ou kapav marse, ziska ariv lor lalunn tou, me se pa sa ki amenn rezilta », dit-elle.

Par ailleurs, elle soutient que les femmes n’ont pas encore obtenu le respect qu’elles méritent. « Nou ena ankor enn lon larout pou nou fer », dit-elle. Aussi a-t-elle demandé aux femmes « d’applaudir fortement le Premier ministre et son équipe ».

Kalpana Koonjoo-Shah a également annoncé le lancement d’un Women Entrepreneur Innovator’s Award. Le but de ce concours est « d’innover dans leur domaine et d’améliorer la qualité de leurs produits ».