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  • Un facteur commun dans l’Angus Road Saga, tous les paiements, selon les documents enregistrés, effectués hors de la vue et sans le concours du notaire

Avec le tournant des reçus de Bel-Air Sugar Estate, confirmant le paiement en espèces de Rs 4 millions, de montants variant entre Rs 500 000 et Rs 1 million, Lakwizinn du Prime Minister’s Office tourne à plein gaz pour l’assaisonnement de l’Angus Saignant. Même si cet item avait été refusé au menu de l’Assemblée nationale, hier, sur ordre du Speaker, Sooroojdev Phokeer, cette série de Documentary Evidence, tombant dans le domaine public, préoccupe plus d’un à l’Hôtel du Gouvernement. Toutefois, à ce stade, la garde rapprochée politique du Premier ministre, Pravind Jugnauth, menée par nul autre que l’ancien Speaker, Alan Ganoo, acquis à la cause du Sun Trust, s’est contentée de commenter la forme de la Private Notice Question (PNQ) avortée du leader de l’opposition, Arvin Boolell, sans pour autant effleurer le fond de ces paiements susceptibles de tomber sous le délit présumé de blanchiment de fonds de la Financial Intelligence and Anti-Money Laundering Act.

La posture ou encore le Body Language de certains de l’Inner Circle de Pravind Jugnauth ne laissent aucun doute quant aux répercussions de cette nouvelle offensive de l’opposition sur l’Angus Road Saga. Avec une sortie du Premier ministre cet après-midi à L’Avenir dans sa circonscription de Quartier-Militaire/Moka, l’on est en droit de s’attendre à un début d’explications sur le cumul de détails au sujet de ces acquisitions foncières, évaluées à quelque Rs 27 millions à partir de 2002, soit au lendemain de la prise de fonction du principal concerné en tant que membre du gouvernement.

Tout commentaire de Pravind Jugnauth au sujet de l’Angus Road Saga ou encore l’opération Lakaz Ti Lerwa Soley sera suivi avec attention, et ce même si certains s’évertuent à soutenir que « se pa sa ki pou vinn pertirb Premie minis » ou encore réconfortant que « Premie minis pankor pas a latak e ena pou gagn sok pli divan ». Par contre, dans les couloirs de  l’Assemblée nationale hier, les ministres du gouvernement étaient peu loquaces sur les tenants et aboutissants de cette controverse qui ronge le sommet du gouvernement. On affirme ne pas connaître la stratégie du leader du MSM, étant donné que ce dossier relève de ces affaires personnelles et familiales et que ce dernier n’a, pour l’heure, pas communiqué ouvertement sur le sujet. Bien qu’on déclare ne pas savoir quelle sera l’issue de cette pression politique sur Pravind Jugnauth dans les jours et les semaines à venir, certains membres du gouvernement croient savoir qu’il pourra dans un premier temps tenter la parade des procès en cour pour faire taire ses détracteurs.

Avant d’entrer dans les détails des dernières révélations de l’opposition en marge de la PNQ, un Common Factor dans les différents volets de ces acquisitions foncières par Pravind Jugnauth depuis 2002 est que les « paiements ont été effectués hors de la vue et sans le concours du notaire ». Et ce, que ce soit pour les Rs 20 millions transférées sur le compte de Patrick Rountree à Londres et les Rs 7 millions lors de l’achat d’un terrain de 3 597 mètres carrés avoisinant sa résidence à Angus Road en novembre 2007.

Les documents brandis par le leader de l’opposition portent sur cinq versements variant de Rs 500 000 à Rs 1 million, soit un total de Rs 4 millions. La controverse est que ces paiements sont en infraction pénale aux dispositions de la Financial Intelligence and Anti-Money Laundering Act, même si, dans le  camp du gouvernement, on tente de relativiser en ajoutant que la loi cadre dans la lutte contre le blanchiment n’a été promulguée que plus tard en 2002. Néanmoins, deux versements en espèces de Rs 1 million et de Rs 500 000 ont été réalisés après le 10 juin 2002. Mais une autre question reste en suspens : comment a été réglé le paiement des Rs 3 millions restantes de ce “deal” foncier contracté avec Bel Air Sugar Estate ? L’acte notarié affirme que « cette présente vente est en outre consentie et acceptée pour et moyennant le prix principal de Rs 7 millions que Bel-Air a reçu et touché de l’Acquéreur (Pravind Jugnauth) ».

En tout cas, le grain de sel des reçus de Bel-Air Sugar Estate, du 14 février 2002 au 28 novembre 2002 et numérotés successivement 812 à 816, est venu donner une autre saveur à l’Angus Saga…