Le leader de l’opposition :  « For one year, nothing has been done »

Le leader de l’opposition, Xavier-Luc Duval, a acculé le vice-Premier ministre et ministre des Administrations régionales, Anwar Husnoo, sur le suivi du naufrage du MV Wakashio le 25 juillet de l’année dernière au large de Pointe d’Esny. Systématiquement, il a collé cette phrase « for one year, nothing has been done » en réaction aux réponses du vice-Premier ministre à ses interpellations supplémentaires. À tel point qu’Anwar Husnoo a trouvé tout simplement que « it’s so easy for the opposition to criticise ».

Dans sa réponse à la PNQ portant sur des mesures correctives suite à la marée noire au large du Sud-Est, le ministre a situé les différentes responsabilités. Ainsi, les incidents impliquant les navires en mer sont traités par le Director of Shipping en vertu de la Merchant Shipping Act, dit-il. Dans l’éventualité où il y a des victimes ou des dommages causés au navire qui aurait échoué sur nos côtes, c’est au Director of Shipping ou à toute personne identifiée à cet effet qu’il revient d’engager une enquête à la lumière des pouvoirs conférés par le ministre de tutelle. Mais s’il y a un déversement de produits pétroliers en mer, c’est alors au directeur de l’Environnement d’entrer en scène.

« Le National Disaster Risk Management Committee a surtout joué un rôle de coordinateur dans les activités concernant la réduction des risques et dans la gestion des activités », dit-il. Et de revenir ensuite sur la chronologie du naufrage du MV Wakashio, le 25 juillet 2020, soit deux jours après son entrée dans nos eaux territoriales.

À compter du 5 août de l’année dernière, soit il y a un an de cela, le MV Wakashio a commencé à déverser de l’huile lourde dans le lagon. Et le lendemain, plus de 100 tonnes d’huile lourde étaient déversées dans la mer, forçant le gouvernement à déclarer un État d’urgence environnemental national, proclamé le 7 août suivant, et qui devait être maintenu pendant 21 jours.

Le ministre a aussi fait mention que ce n’est pas la première fois qu’un navire fait naufrage au large de Maurice, sans pour autant qu’il y ait un déversement immédiat de produits pétroliers. Il reconnaît toutefois que le MV Wakashio contenait « suffisamment d’huile lourde pour représenter une menace susceptible de causer une marée noire de grande envergure ».

Le Director of Shipping, dit-il, a eu un rôle de premier plan dans un premier temps, lorsqu’il n’y avait pas de déversement. Mais la responsabilité de mener les opérations avec la marée noire relevait, elle, du Director of Environment. D’où la nécessité d’harmoniser les dispositions légales. « Le Director of Shipping et le Director of Environment tombent sous des responsabilités différentes », explique le ministre. Ce qui explique le manque de coordination. « Parfois, il y a eu un manque de convergence en termes de priorité avant que le navire se brise en deux », a-t-il lancé.

Le ministre reconnaît aussi que le risque d’un navire ayant échoué « ne devrait jamais être considéré comme faible ». Le NEOC, qui a été activé, était responsable de produire un rapport, mais a rencontré des difficultés pour obtenir des informations à temps, poursuit-il.

Il ajoute qu’une étude des régions vulnérables autour de Maurice, Rodrigues, Agalega et Saint-Brandon doit être effectuée et que des dispositions doivent être prises en vue d’une possible intervention rapide. Idem pour les exercices de simulation, qui doivent être effectués « sur une base régulière, afin que chacun puisse comprendre son rôle et ses responsabilités ».

Le ministre a évoqué l’enquête préliminaire menée par la NDRMC, et à laquelle fait mention le leader de l’opposition, qui a pour but d’améliorer la sécurité en mer. « Le rapport a fait une série de recommandations et des améliorations peuvent être apportées », dit-il, avant de constater que les naufrages n’affectent pas seulement les navires concernés et les membres d’équipage, « mais également d’autres personnes ».

Par ailleurs, le VPM devait préciser que le rapport auquel fait mention Xavier-Luc Duval ne pouvait être déposé, prenant en compte qu’une enquête est en cours. Les premiers échanges entre le ministre des Administrations régionales et le leader de l’opposition ont été interrompus par le Speaker, qui a exprimé son insatisfaction que les deux intervenants ne s’adressent pas la présidence, comme s’il « n’avait pas sa raison d’être ».

Le Speaker a par conséquent quitté la Chambre sans donner d’autres explications, à l’étonnement de tout le monde. À son retour, une dizaine de minutes plus tard, les questions supplémentaires ont repris normalement.

Le leader de l’opposition devait alors poser une série de questions portant, entre autres, sur la raison pour laquelle la « sea lane » n’avait pas encore été définie afin de forcer des navires à ne pas traverser près des côtes mauriciennes. À ce propos, il a rappelé que durant les trois derniers mois, trois navires représentant un danger potentiel ont transité par nos eaux. Ce qui « n’aurait pas été possible s’il y avait une “sea lane” », dit-il.

Il s’est par ailleurs interrogé sur les raisons pour lesquelles les autorités n’ont pas encore fait l’acquisition d’un remorqueur puissant, ajoutant que « rien n’a été fait dans ce sens, même pas le lancement d’un appel d’offres ». Il a également demandé pourquoi des dispositions d’urgence n’ont pas encore été prises au niveau du Barracuda, du Dornier et de l’hélicoptère pour que leur personnel soit mobilisé 24/7, de même que le poste de Poudre-d’Or est sous-équipé. Le leader de l’opposition a enfin voulu savoir pourquoi le budget 2021-22 ne comprenait pas les allocations nécessaires pour répondre à tous ces besoins.

À chaque fois, le ministre a répondu que la mise en œuvre de tout cela « prend du temps » et « ne peut pas être réalisé en un an », tout en rappelant qu’une enquête est en cours. « Si nous n’avions pas l’intention de corriger toutes les faiblesses constatées, je ne les aurais pas mentionnées », a-t-il lancé.