Hausse du chômage, baisse du pouvoir d’achat, climat d’incertitude… Autant de problèmes liés à la crise sanitaire et qui auront affecté la santé psychologique d’un nombre croissant de Mauriciens. C’est l’avis d’Arvin Boolell, chef de file parlementaire du Ptr. Et ce dernier d’ajouter que, dans ce contexte,  « le gouvernement devrait maintenir le Wage Assistance Scheme (WAS) ainsi que le Self Employed Assistance Scheme (SEAS). ».

Arvin Boolell estime que la pandémie de Covid-19 a « un effet direct sur l’état psychosocial d’un grand nombre de personnes », avant de souhaiter que la Mental Health Commission se manifeste et vienne en aide aux personnes en difficulté. Non seulement ceux souffrant de dépression et de problèmes psychologiques sont plus nombreux à l’hôpital Brown Séquard, dit-il, mais c’est le même constat du côté des autres hôpitaux et cabinets médicaux.

Il rappelle ensuite que 13% de la population active est aujourd’hui sans emploi, soit 75 000 personnes. « Dans de nombreux cas, le père et la mère de famille sont au chômage, leur niveau de vie a baissé et ils ne peuvent satisfaire à leurs obligations familiales. Ce qui affecte leur santé mentale. Je m’attends donc que la Mental Health Commission intervienne, au lieu de rester indifférente à la situation prévalant dans le pays. » Pour toutes ces raisons, Arvin Boolell est d’avis que le gouvernement « devrait maintenir le WAS et le SEAS ».

Par ailleurs, il a brossé un sombre tableau de la situation économique, tout en citant les rapports de la Banque mondiale et du FMI, qui ont critiqué le recours aux réserves de la Banque centrale pour équilibrer le déficit budgétaire et, ainsi, discréditer la Banque de Maurice (BoM). « Tous les secteurs traditionnels font face à des difficultés. Ils ont également souhaité que MIC n’opère pas sous le contrôle de la banque centrale », dit-il.

Il a ensuite cité les cas de l’industrie touristique, « qui entraîne dans son sillage tout un ensemble d’activités économiques », de l’industrie sucrière, qui attend toujours le rapport de la Banque mondiale, dit-il, ainsi que le secteur financier, confronté au fait que Maurice soit classée sur la liste noire de l’Union européenne et la liste grise de la FATF. Sans compter que notre pays, rappelle-t-il, a également été rétrogradé par l’agence Moody’s. « L’économie du pays est en détresse », estime-t-il, rappelant que la consommation a enregistré une baisse de 23%, que le taux de l’euro a atteint Rs 50,14, et que l’investissement privé a baissé de 9%.

« Les gens peuvent voyager par le métro, mais s’ils ont le ventre vide, cela peut déboucher sur une crise sociale », lance Arvin Boolell. Aussi demande-t-il que les autorités évitent « les gaspillages et les largesses dans des projets qui ne sont pas prioritaires » et de « ne pas toucher à la pension de vieillesse ». À ce sujet d’ailleurs, il estime que le gouvernement devrait « respecter sa promesse » concernant l’augmentation de la pension de Rs 9 000 à Rs 13 500.

Il informe par ailleurs que les parlementaires et dirigeants du parti, dont Navin Ramgoolam, auront une séance de travail avec les membres de la Commission économique de Ptr le 8 juin « pour se pencher sur la situation économique » à la veille de la présentation du budget. Une autre réunion aura ensuite lieu, le 12 juin, pour analyser l’exercice budgétaire présenté la veille par le ministre des Finances.

Sur le plan politique, Arvin Boolell explique que le Ptr attend toujours les résultats de l’enquête de la Cyber Crime Unit « au sujet des gros mots prononcés en pleins travaux parlementaires » par un membre de la majorité. « La population s’attend à ce que ce rapport soit soumis le plus vite possible au Parlement », dit-il. Quant aux travaux parlementaires, Arvin Boolell dit espérer que le Speaker a reçu « haut et fort le message concernant la nécessité pour lui d’agir en toute indépendance ». Il poursuit : « Il doit permettre aux débats sur le budget de se dérouler comme il le faut. »

STÉPHANIE ANQUETIL

« Les cas de maltraitance

des enfants sont bouleversants »

Stéphanie Anquetil se dit bouleversée par les cas de maltraitance d’enfants qui ont été rapportés ces derniers temps. « Devant l’inaction des autorités, nous sommes arrivés à la conclusion que les enfants vulnérables et en détresse, de même que le bien-être de la famille, ne sont pas la priorité du gouvernement », dit-elle.

Rappelant que la maltraitance « touche tous les milieux sociaux », la députée travailliste rappelle : « Un enfant maltraité ne peut demander de l’aide par lui-même. C’est l’État qui a le devoir moral de la protection de nos enfants. » Et d’ajouter que ses multiples démarches, à travers des interpellations parlementaires et des doléances déposées auprès d’institutions responsables en vue d’améliorer le système, « sont jusqu’ici restées vaines ». La députée rappelle ainsi avoir demandé, lors d’une récente intervention parlementaire, une enquête sur la violence institutionnelle envers les enfants vulnérables. Elle explique à ce propos avoir envoyé un e-mail au Premier ministre afin de lui demander l’ouverture d’une enquête policière et faire la lumière sur ces cas d’abus, tout en souhaitant que Pravind Jugnauth « prenne ses responsabilités ».

Stéphanie Anquetil dit par ailleurs constater un « dysfonctionnement » au niveau de la Child Development Unit (CDU), se référant ainsi à plusieurs cas, dont celui d’une agression sexuelle alléguée sur une jeune fille aveugle. Dans le même temps, elle a tenu à rendre hommage au « travail formidable » abattu par les travailleurs sociaux, qui œuvrent dans l’anonymat. « Nos enfants n’ont pas choisi d’être vulnérables. Ce sont les circonstances qui les ont mis dans de telles situations. Si un gouvernement est responsable, il fera tout pour protéger les enfants, comme l’a toujours fait le Ptr », a poursuivi la députée travailliste. Et de dénoncer pour conclure la violence contre les femmes, revenant sur les cadavres de deux femmes découverts ces derniers jours.

De son côté, Shakeel Mohamed a critiqué les commentaires du Conseil des ministres concernant le jugement de la Cour suprême, qui a considéré « anticonstitutionnelle » la clause 46 A (ii) de l’ICTA. « J’accuse Pravind Jugnauth d’avoir très peu de connaissances en matière d’interprétation d’un jugement de la Cour suprême », a-t-il lancé, précisant que « a little knowledge is a dangerous thing ».