« Remettre le citoyen au cœur du projet politique. » Tels sont le souhait et l’objectif du nouveau parti politique, Idéal Démocrate (ID), lancé jeudi soir à Pamplemousses. Comptant actuellement 32 membres, avec une proportion égale d’hommes et femmes, ID se présentera à Curepipe aux prochaines municipales. Un premier projet politique qui, selon les membres du parti, jettera les jalons d’une nouvelle ère de « faire de la politique autrement » et où la diaspora aura son mot à dire. Parmi ses membres, l’on compte Jean-François Leckning, Géraldine Hennequin-Joulia, Stephan Buckland, Aruna Pulton, Nadeem Mosafeer, Brian Dean et Shamima Patel-Mongauze.

« C’est notre projet politique de choisir une ville dans laquelle on pourrait poser les germes de ce qu’on veut faire concrètement parce qu’on se rend compte qu’on ne peut pas débarquer et dire qu’on va mettre une équipe dans toutes les villes. Ce n’est pas réaliste, on est un nouveau parti, naissant, et c’est maintenant qu’on va attirer des gens vers nous », souligne Jean-François Leckning, un des membres fondateurs d’ID. Il explique avoir choisi Curepipe pour ce premier test. « Moi, j’appelle ça une ville laboratoire et on a choisi la ville de Curepipe pas parce qu’on a une préférence pour elle. Ce n’est pas cela, mais il y a un ensemble de raisons qui nous a motivés. »

Et de poursuivre : « Une des raisons, c’est que la coïncidence a fait que dans notre équipe on a beaucoup de Curepipiens et dans le passé, Curepipe est une ville qui a validé des expériences nouvelles, comme l’UDM dans les années 75. Cela remonte, il est vrai, mais les faits sont là. À travers les MMSD d’Éric Guimbeau en 2005, on a vu que c’est une ville ouverte à des changements et c’est pour cela qu’on a choisi Curepipe. » Il espère ainsi que cette « façon de faire de la politique, d’aller en direction de certains axes de travail essentiels pour amener le citoyen au cœur du débat en politique, comme l’agriculture de proximité, l’habitat, le développement durable, l’écocitoyenneté, et la mobilité urbaine sont des enjeux majeurs et le Mauricien est concerné par cela ».

Pour Jean-François Leckning, il n’est pas question de changer les choses. « Nous n’avons pas ce pouvoir-là, mais il y a beaucoup d’axes de travail où l’on pourra commencer à insuffler un dynamisme. » Géraldine Hennequin-Joulia a expliqué, pour sa part, qu’il est temps de rappeler au citadin qu’il a toujours son mot à dire. « Maurice a besoin de réinventer au niveau de la démocratie. Cette démocratie représentative d’il y a 52 ans qui nous a servi, qui nous a été utile, qui a aidé le pays à arriver là où il est, cette démocratie-là, elle est dépassée. On a besoin aujourd’hui de se tourner vers des jeunes qui savent inventer, innover, qui ont des compétences. »

Au chapitre économique, il ajoute qu’« on est en train d’entrer dans une économie complètement mortifère, parce qu’on ne nous explique rien. Depuis fin décembre, la Banque de Maurice a pour obligation de publier ses comptes de manière trimestrielle. Depuis fin décembre, elle ne le fait plus mais personne de demande pourquoi. On a renoncé. Aujourd’hui, il y a une génération de gens qui sont complètement lassés du népotisme, de la corruption, de cette mauvaise gouvernance, de cette politique qui ne prend plus en compte l’inclusion sociale », a-t-elle déclaré.

ID veut ainsi redynamiser les villes et les citadins. « Nos villes sont des villes-dortoirs, la dynamique des territoires est complètement rayée. La mairie est le premier palier où le citadin va venir solliciter la démocratie locale et là on est parti sur la dilution de ce premier palier. Le pouvoir central a tout gardé, depuis des années c’est comme cela. »
Pour rappel, ID a choisi le colibri comme symbole pour montrer que chaque action compte, aussi petite soit-elle, et la couleur rose pour les représenter, symbole d’apaisement de parité.