À l’ajournement des travaux de l’Assemblée Régionale de Rodrigues, mardi, le Minority Leader Franceau Grandcourt et ses collègues de l’Union du Peuple de Rodrigues (UPR), ont objecté aux négociations pour l’ouverture d’un bureau de l’Economic Development Board (EDB) à Rodrigues. Franceau Grandcourt dit qu’il n’est pas satisfait des réponses obtenues. Il estime que le gouvernement régional ne dit pas la vérité au peuple.

Le leader de l’UPR dit ressentir des appréhensions concernant la ‘présence physique’ de l’EDB à Rodrigues. « Il y a déjà des structures à Rodrigues qui font presque le même travail. À l’exemple de l’Economic Planning and Monitoring Unit (EPMU) et Invest Rodrigues. Deux entités qui existent depuis longtemps et qui font le même boulot. Kifer bizin vinn met enn biro dan Rodrig pou fer bann travay ki deza ena dimounn pe fer li ? Eski zot pena konfians dan Rodrige ? Ils passent leur temps à dire que Rodrige kapav. Est-ce que le Rodrigues n’est plus capable maintenant ? Quel est le signal qu’ils veulent envoyer à la population ? », s’interroge-t-il.

Le Minority Leader trouve normal que l’EDB apporte sa contribution dans le développement économique de Rodrigues mais sans pour autant y être présent. Rajoutant que ce qui l’a le plus choqué, c’est que la commissaire concernée vienne soutenir que ce bureau soit mis en place afin de s’occuper des investissements étrangers dépassant la barre des Rs 20 millions et que ‘Invest Rodrigues’ s’occupera uniquement des investissements rodriguais. « Je ne comprends pas. Est-ce qu’il y a deux catégories de personnes qui peuvent faire faire du business dans ce pays ? Il faut donner la chance aux Rodriguais de faire des investissements eux aussi. Kifer bizin al sers dimounn depi deor ? Ena dimounn dan Rodrig ki anvi fer biznes me zot gagn blokaz. Pa gagn terin, pa gagn lisans », dit-il.

L’autre point de litige abordé par le ‘Minority Leader’ concerne les Rodriguais qui sont toujours bloqués à Maurice. Il estime qu’il est important de trouver une solution de manière urgente car ces personnes sont loin de leurs familles depuis trop longtemps. Il suggère de prévoir davantage de vols sur Rodrigues afin de les rapatrier. « Nous avons également demandé au chef commissaire de prendre une décision quand il s’agit de personnes qui vont en quarantaine. Est-ce que tous ceux en provenance de Maurice doivent obligatoirement aller directement en quarantaine ? Il faut trancher sur la question », dit-il.
Franceau Grandcourt a également voulu intervenir sur les problèmes des planteurs de haricots. « Avec l’effet du confinement, beaucoup de planteurs n’ont pu avoir la mécanisation pour préparer leur terre à temps. Ils ont donc commencé à planter en retard.

De plus, il y a eu la sécheresse, ainsi que des vents forts qui détruisent les fleurs. Un planteur m’a fait savoir qu’il subira 40 à 80 % de perte », soutient-il. Et de lancer un appel aux autorités afin de venir en aide à ces planteurs, qui sont aussi des victimes de la conjoncture liée à la COVID-19.

Pour sa part, Rosaire Perrine déclare que c’est la première fois dans les annales qu’on assiste à certaines façons de faire d’un gouvernement régional, qui devrait plutôt donner l’exemple sur la manière de gérer le pays. « Nous dénonçons surtout l’attitude du chef commissaire. Nous lui avons posé de nombreuses questions sur des sujets d’actualité et il refuse carrément de répondre. Des questions inscrites sur le Order Paper ou on lui demande de déposer certains documents et il refuse. Et dans les Standing Orders il n’y a rien qui le force à déposer les documents. Nous sommes très agacés par cela car nous avons l’impression que le chef commissaire et son gouvernement ne jouent pas franc jeu », soutient-il.

Et d’ajouter que « zot pe kasiet linformasion à la population ainsi qu’à nous qui avons été mandatés par une partie de la population ». Il trouve désolant alors même que le chef commissaire est toujours en train de marteler que le Rodriguais est capable, qu’aujourd’hui certains travailleurs non rodriguais à Rodrigues gagnent deux fois plus en termes de salaire que le Rodriguais, alors que certains sont capables et qualifiés pour faire le même travail à moindre coût. « C’est une politique de deux poids deux mesures. Quand on vient dire que le Rodriguais est capable, li ena valer, li egal parey kouma tou amerikin, franse, etc, mais quand il s’agit de mettre en oeuvre cette politique, c’est autre chose », déclare Rosaire Perrine.

Rajoutant que ‘zot inn fer 7 mam enn board deplase pou al fer interview 3 dimounn dan Moris pou rekrit enn sel dimounn pou fer enn travay ki ena dimounn dan Rodrig kapav fer’. Concluant que c’est décevant de la part du chef commissaire et de ses commissaires qui n’ont pas joué franc jeu. « Il n’y a pas de transparence ni de bonne gouvernance », dit-il.