- Publicité -

PTr – Navin Ramgoolam : « Mo interese pou lead enn lalians si ena… pou fer sa GM-la ale »

C’est un Navin Ramgoolam en forme, après une longue période de convalescence après qu’il a contracté le Covid, qui a rencontré ses troupes vendredi dernier en marge du Bureau politique du PTr, à l’issue duquel il s’est adressé à la presse. D’ailleurs, dit-il, remerciant tous ceux qui ont soutenu son épouse, Veena, et lui durant les six derniers mois, « mo ankor vivan e mo an form », il se dit déterminé à mener le combat et rassembler l’opposition « pou met sa gouvernma-la deor. »

- Publicité -

Surtout dans le contexte économique et social actuel, où « le pays n’est plus au bord du précipice, mais sur le chemin du cimetière », dit le leader du PTr. Raison pour laquelle l’opposition, selon lui — avec un objectif commun de « fer gouvernma ale » — doit s’unir.

Navin Ramgoolam annonce que les discussions se poursuivent avec les leaders du MMM et du PMSD, Paul Bérenger et Xavier Duval, pour une éventuelle alliance avec l’Entente de l’Espoir. Cependant, ces discussions devront passer par un comité conjoint qui sera mis sur pied dans les jours à venir pour discuter de l’éventualité d’un arrangement avec l’Entente de l’Espoir en vue des prochaines élections municipales.

Pour le PTr, « il est crucial que ce GM qui bafoue toutes les normes de la démocratie ne soit plus au pouvoir. » Pour appuyer ses propos, Navin Ramgoolam cite les séances parlementaires durant lesquelles, selon lui, « la voix de l’opposition est étouffée », alors que le Parlement est le temple de la démocratie. Il observe que lorsque les ministres sont interpellés par les membres de l’opposition, lorsqu’ils ne donnent pas des réponses à côté de la plaque ou qu’ils ne disent pas la vérité, le Speaker, que le leader du PTr qualifie de “goal keeper” du GM, les autorise à faire de longues réponses, le but étant d’éviter les questions supplémentaires.

Profitant pour aborder la situation économique dans le pays, Navin Ramgoolam avance qu’au vu de la réponse donnée par Renganaden Padayachy à la PNQ du leader de l’opposition, « il est évident que le ministre des Finances est déconnecté de la réalité ». Et répliquant aux critiques du Grand argentier à l’effet que la population vit mieux qu’en 2008 (ndlr : sous le régime PTr), Navin Ramgoolam rappelle qu’à cette époque, le baril du pétrole se vendait à USD 142 dollars, tandis que le dollar valait Rs 25. « Aujourd’hui, le dollar est à Rs 44, 76 », relève-t-il, estimant que le ministre des Finances « prend les Mauriciens pour des imbéciles, ou c’est un imbécile », car « avec ce qu’a dit Padayachy, on croirait que tout va pour le mieux dans le pays. »

Outre les visites des délégations mauriciennes à Dubaï pour lesquelles le ministre des Finances n’a pas donné les réponses appropriées, le leader du PTr s’attarde également au scandale entourant le parc aquatique de Belle-Mare. Un autre exemple que sous le gouvernement Jugnauth, « plus on est incompétent, plus on peut être promu, car le directeur du parc est un directeur de Landscope », dit-il.

Navin Ramgoolam est aussi d’avis que le ministre de la Santé induit la population en erreur en disant que les rapports des Fact Finding Committees ne doivent pas être rendus publics. Pour lui, pour que les proches des patients dialysés qui sont décédés à l’hôpital de Souillac à cause du Covid puissent faire leur deuil, le gouvernement doit leur dire la vérité et ne pas se cacher derrière la confidentialité. « D’ailleurs, ces familles acceptent qu’on dévoile les détails. Il n’y a aucun problème donc à rendre ce rapport public. On ne parle pas d’un mort, mais de 11 », souligne le leader des rouges.

« Fondamentaux économiques au rouge »

Navin Ramgoolam est catégorique : « Le pays est en danger. » Outre « l’incompétence au niveau du GM », et également « la corruption », il évoque également le money politics « kouma nou finn trouve avek sa debosaz ki pe rod fer avek MMM. » Ce n’est pas qu’au MMM que le MSM tente de débaucher, mais aussi au PTr, dit-il. Tout cela, dans un contexte où « les fondamentaux économiques sont au rouge », souligne Navin Ramgoolam, un relevé de produits de base qui ont connu une hausse ces derniers temps. Le GM devrait venir avec des mesures fermes, dont la stabilisation de la roupie, plaide-t-il, ajoutant cependant que c’est « une chose que le GM ne peut pas faire ».

Pour le leader du PTr, « le souci de la population n’est pas le choix des candidats pour les municipales, mais le coût de la vie, le pouvoir d’achat, l’inflation, le gaspillage et les institutions qui sont bafouées. » C’est pourquoi il est primordial qu’il y ait une unité de l’opposition pour chasser le gouvernement actuel du pouvoir, dit-il, ajoutant que « c’est la priorité des priorités. »

Aux questions de la presse quant à l’inclusion des autres partis de l’Entente de l’Espoir au sein d’une éventuelle alliance de l’opposition, le leader du PTr précise que lui, il a discuté avec Paul Bérenger et Xavier Duval. Il a eu des rencontres, « pas beaucoup », avec Paul Bérenger et Xavier Duval, dit-il, et il faut désormais trouver un terrain d’entente. Cela en considérant la réalité du rapport de force de chaque parti sur le terrain. Cette question a d’ailleurs fait l’objet de longues discussions au sein du Bureau politique des rouges vendredi et c’est pourquoi il a été décidé de mettre sur pied un comité pour trouver un arrangement avec le MMM et le PMSD.

Bodha et Bhadain, le problème de l’Espoir

Sur l’insistance de la presse concernant l’inclusion des autres partis de l’opposition qui font partie de l’Entente de l’Espoir dans la future alliance, Navin Ramgoolam indique que « c’est le problème de l’Entente, pas le nôtre. » Invité à commenter les récentes critiques de Nando Bodha à son encontre, dont le fait qu’il n’a pas changé, Navin Ramgoolam réplique : « Kouma li kone ? Mo pa’nn zwenn li. » Il rappelle que Nando Bodha a été membre du MSM durant 25 ans. « Tout ce temps-là, il est resté tranquille. Il est resté tranquille quand le GM avait attaqué le DPP, pour l’affaire de la BAI… », fait ressortir le leader du PTr, avant de rappeler que le leader du Rassemblement mauricien « a finalement quitté le MSM parce qu’il s’est senti humilié. »

S’agissant de la présentation des comités de l’Entente de l’Espoir en marge des municipales, présentés hier, Navin Ramgoolam rappelle que jusqu’ici, aucune date n’est avancée quant à la tenue des élections. Néanmoins, le PTr est prêt et dans les jours à venir, les discussions se poursuivront avec le MMM et le PMSD en vue de l’unité de l’opposition. Une unité qu’il faudra maintenir aussi longtemps que possible « afin de s’assurer qu’il n’y ait pas cette fois encore de fraudes lors de ces élections comme ce qu’on a pu voir en 2019 », dit-il.

Il a réitéré son ambition d’être le leader d’une alliance de l’opposition et précise que le PTr est un parti indépendant. « Mo interese pou lead PTr ek lead enn lalians si ena… pou fer sa gouvernma-la ale », dit Navin Ramgoolam, concluant avec son souhait « d’une vraie rupture avec le passé. » À ce propos, une réunion de l’exécutif de son parti est prévue dans deux semaines avec la présentation de nouveaux adhérents. En attendant, le PTr continuera de travailler en coopération avec ses partenaires de l’opposition.

- Publicité -
EN CONTINU

l'édition du jour