Johnson Roussety, le leader du Front patriotique rodriguais écologique (FPRe), a fêté les dix ans d’existence de son parti, entouré de ses partisans le 1er février, à Baie Du Nord. Une demi-journée de réflexion sur l’existence et l’avenir du parti avait ainsi été organisée et les “die-hards”  avaient répondu présent. Dans la foulée, Johnson Roussety continue à appeler à la réconciliation de tous les partis de l’opposition.

Créé le 1er février 2011, le FPRe fête cette année ses dix ans. Selon Johnson Roussety, il y a eu « des hauts et des bas », mais il a tenu à remercier tous ceux qui ont toujours soutenu le parti ainsi que pour leurs contributions au cours de ces dix ans. Un hommage spécial à feu Lélio Roussety et feu Rujobert François. « Nou kone ena bokou dimoun ki finn kit nou osi. Mais nous avons tenu à marquer cette date à travers un séminaire de réflexion. Nou pou revini biento. Car par rapport à l’équipe dirigeante du jour à Rodrigues, le constat, c’est que cette équipe est minoritaire au sein de l’électorat. Fode pa ki OPR krwar ki li mazoriter. C’est la division de l’opposition qui fait le jeu de l’OPR », soutient-il.

Et d’ajouter que le FPRe est un parti incontournable sur l’échiquier politique local actuel, et surtout futur. Il déclare que beaucoup de personnes, ainsi que des politiciens de tout bord, lui disent qu’il a « un grand rôle politique » à jouer. « Me mo pe dir lapopilasion Rodrig ki sa gran rol ki ou pe dir mwa mo bizin zwe-la, monn pare pou zwe li seryezman. Quand j’ai assumé le poste de chef commissaire, je n’avais que 32 ans. Et on dit qu’un homme devient mûr à partir de 40 ans. J’ai aujourd’hui 45 ans », dit-il.

Il lance un appel à tous ceux qui veulent travailler pour le pays, les « camarades » de l’opposition, à se mobiliser, à se regrouper, à faire une grande réconciliation afin de déboucher sur une autre manière de travailler. « Mo ena plezir anons ou ki ena bann zafer ki pe vini. Franceau Grandcourt inn dir li dakor. Ena bann lezot kamarad PMSD. Nou dir tou sa bann dimoun-la pa ekout rimer. Il est temps de se rencontrer afin de mettre en place un comité de coordination et de travail, tout comme le fait l’équipe de l’opposition à Maurice. Il faut mettre de côté nos différends personnels, les petites guéguerres et les railleries. Il faut penser à Rodrigues d’abord, car nous voulons résoudre les problèmes du pays en nous attaquant au problème d’eau », indique le leader du FPRe.

Il soutient de plus que « Rodrigues possède les compétences requises pour résoudre le problème d’eau au cours d’un mandat de cinq ans », critiquant au passage le commissaire des ressources en eau, qui selon lui, avait promis à la population de l’eau deux fois la semaine. « Zordi dimoun pe mor de swaf. Ena pe sarye delo par galon lor motosiklet, avec tous les dangers que cela représente, afin d’abreuver leurs animaux », déclare-t-il, estimant qu’aujourd’hui l’OPR a un bilan de faillite. « L’OPR zordi nek zis pas mesaz, promouvwar fierte, promouvwar loner ek limaz so lider. Zot bann Rodrige kouman nou, nou pena narnien kont zot, me zot bann metod travay osi ti bizin evalie zot depi 2012. Zot finn gaspiy tou larzan ki zot inn gagne pou met dan delo », dit-il.

S’il concède qu’il fallait installer des unités de dessalement, il trouve « inacceptable » qu’avec cinq unités de dessalement, les Rodriguais souffrent toujours autant du problème d’eau, sinon encore plus qu’avant. « Le problème s’est aggravé. Au cours d’un mandat, nous serons en mesure d’éliminer ce problème une fois pour toutes. Nous assurons la population qu’elle sera approvisionnée de manière adéquate et équitable sur une base régulière. Mais il y a un prix à payer. Nous allons devoir faire installer des compteurs d’eau et réclamer une contribution à partir d’un certain volume de consommation », explique Johnson Roussety.

Le leader du FPRe dit souhaiter refaire l’économie de Rodrigues, en éliminant le système archaïque de gestion. Ce sera de même pour l’octroi des baux. « Quand nous étions au gouvernement, il n’y avait pas de problème d’allocation de bail. Actuellement, le problème a refait surface. L’OPR continue à investir des milliards, mais sans résultats. Nous voulons refaire l’image sociale de Rodrigues. Bann zenes zordi bokou dan perdision. Il y a le taux de grossesse précoce, qui est alarmant, la drogue, l’alcoolisme, la précarité, le chômage », dit-il.

Il poursuit : « Nou kapav kre travay dan Rodrig. Mais pour cela, il faut des dirigeants visionnaires, car les dirigeants d’aujourd’hui sont dépassés. Zot vinn avek bann mem lide plant tipiman, nouri enn ti poul, ect. Nou pa dir li pa bon, me cela ne permet pas l’émergence d’une économie durable pour améliorer la vie du Rodriguais », soutient-il. Il ajoute qu’il souhaite « professionnaliser le pays » et « fer larzan rant dan lame dimoun » en faisant du Rodriguais « un homme riche, fer li Empower ». Il souhaite également que, sous certaines conditions, les baux deviennent privés, afin que les propriétaires puissent en disposer à bon escient.

Johnson Roussety annonce la parution d’un magazine en préparation des prochaines élections régionales dans l’île. Il demande à la population de ne pas être découragée, car beaucoup d’électeurs ont fait comprendre qu’ils n’iront pas voter s’il n’y a pas d’unification de l’opposition. « Nou pe fer regroupman la. En tant qu’un ancien chef commissaire, je suis en train de tout faire pour que cela se concrétise. Je lance un appel à tous ceux qui veulent voir du renouveau. Nou kapav fer renouvo-la. Me ou bizin krwar ladan. Ou bizin partisipe. Ou bizin dir bann animater lopozision ki si sakenn al so kote, nou pe anvoy enn move signal », dit-il.

Il souligne que, si l’opposition reste divisée, il y aura beaucoup d’abstention. « Linite fer lafors. Unissons-nous contre nos adversaires. Aujourd’hui, Port-Mathurin est devenu un amas de béton. Ils ont fait preuve d’arrogance lors du confinement envers les élèves et les enseignants. Zot pe montre nou ki zot ki mari si ou pa mars ek zot. Inn ariv ler pou nou dres zot papie », déclare Johnson Roussety, ajoutant qu’il ne nourrit aucune prétention d’occuper le fauteuil de chef commissaire. Car, dit-il, « c’est une équipe qui doit se réunir, plébiscitée par le peuple rodriguais, pour foncer vers les élections et gagner la bataille ». Il poursuit : « Au final, le bon travail que nous avions commencé va continuer, pour un vrai développement économique avec un nouveau dynamisme. »