La municipalité de Port-Louis a décidé de faire appel au ministère des Administrations régionales afin de décider du sort de 328 maraîchers, qui ont décidé de baisser les rideaux de fer de leurs magasins au marché central de Port-Louis, depuis la période de confinement sanitaire.

Spécialisés dans la vente de produits touristiques, notamment artisanat, souvenir, paréos et autres, les commerçants ont décidé de ne plus opérer, car il n’y a plus de touristes au marché central. Ils affirment que s’ils procèdent à l’ouverture de leurs magasins pour vendre leurs produits, la municipalité de Port-Louis réclamera alors le paiement du loyer qui tourne autour de Rs 2 500 mensuellement. Certains d’entre eux ont alors préféré vendre leurs produits devant les rideaux de fer fermés de leurs magasins afin d’éviter le paiement de cette location.

Entre-temps, ils avaient demandé un délai à la municipalité jusqu’à décembre dernier pour opérer de cette façon en raison de l’absence des touristes. Les maraîchers concernés touchent une allocation de Rs 5 200 de l’État comme assistance financière. Interrogé par Le Mauricien à ce sujet, le lord-maire, Mahfooz Moussa Cadersaib, a souligné que la question a été étudiée au niveau d’un sous-comité.

« Nous avons décidé ainsi d’écrire au gouvernement pour demander quelle est la marche à suivre, car ils avaient fait la demande pour ne pas payer la location jusqu’à décembre dernier. Ce délai est maintenant écoulé. Malheureusement, nos frontières sont toujours fermées », a déclaré le lord-maire.

Réagissant à la déclaration du lord-maire, Raj Appadu, président de l’Association des Commerçants de l’île Maurice, a souligné qu’il ne comprend pas pourquoi la municipalité doit faire appel au gouvernement pour prendre une décision tombant sous sa juridiction. « Il serait plus approprié pour la municipalité détendre ce délai pour le paiement jusqu’à au moins 2024 afin de permettre à ces maraîchers de respirer », a déclaré le président de la fédération. Il devait faire remarquer que la situation économique est morose, ce qui explique pourquoi bon nombre de gens n’ont pas dépensé leur argent durant la période festive.

« Le commerce roule au ralenti actuellement et cela est très triste. Je pense personnellement que le gouvernement devrait dans ce contexte organiser une table avec tous les Stakeholders afin de décider du timing de paiement du Trade Fee ainsi que le paiement du loyer », a précisé le président de la fédération. Il ajoute : « Il est temps que le gouvernement réfléchisse à cette proposition faute de quoi ceux concernés vont faire entendre leurs voix lors des prochaines élections municipales. »