« Les zot dir ! » C’est en ces termes que le leader du Parti travailliste (PTr), Navin Ramgoolam, a commenté les remarques faites lors de la conférence de presse hier matin des leaders du PMSD, du MMM et du RP, respectivement Xavier-Luc Duval, Paul Bérenger et Roshi Badhain.

Sollicité par la presse en marge de la réception offerte par l’ambassadeur du Japon, Shuichiro Kawaguchi, en sa résidence de Floréal à l’occasion du 61e anniversaire de l’empereur du Japon Naruhito, Navin Ramgoolam n’avait dans un premier temps pas souhaité faire de commentaires, par respect pour son hôte. Mais il a finalement répondu par une boutade, affirmant que depuis sept ans qu’il n’est pas au pouvoir, il continue « de faire la une de la presse ». Et de faire comprendre que toutes ces questions seront abordées lors d’une réunion du bureau politique de son parti mardi.

Les trois leaders des partis de l’opposition avaient, tout en souhaitant que le PTr continue de faire partie de l’entente de l’opposition, exprimé leur souhait que Navin Ramgoolam ne soit pas présenté comme Premier ministre d’une alliance éventuelle de l’opposition et ce, même s’il reste à la tête de son parti. Dans une déclaration au Mauricien dans l’après-midi, le leader de l’opposition, Arvin Boolell, a affirmé que la déclaration des trois autres partis de l’opposition comprend « quelques faiblesses », ajoutant toutefois que « ce qui nous intéresse, ce sont les points de convergence ».

« Il y a une volonté pour que tous les partis de l’opposition travaillent ensemble », a-t-il poursuivi. Ainsi, de son avis, les « questions sensibles auraient dû être abordées dans des plateformes appropriées », comme cela avait été le cas le 27 janvier. « Il ne faut pas perdre de vue que l’objectif principal est qu’il y ait un Game Changer”, et pas un Change of Hand. Il s’agit de provoquer le départ de ce gouvernement le plus vite possible. »

Il continue : « Lors de la marche citoyenne du 13 février, dans mon intervention, j’avais pris l’engagement de répondre aux demandes de l’électorat. Les demandes des forces citoyennes reflètent les souhaits de la nation, qui est inquiète du niveau atteint par la fraude, la corruption et la drogue. Il ne faut pas oublier que l’enquête judiciaire actuellement devant la Cour de Moka traite non seulement d’un scandale politico-financier, mais surtout d’un meurtre. Il y a un sentiment de crainte. D’ailleurs, la marche du 13 février avait pour but de combattre les fléaux de la société. »

Arvin Boolell a finalement reconnu que « threre is room for improvement », mais aussi « qu’il ne faut pas perdre de vue notre adversaire principal, c’est-à-dire un gouvernement qui nuit à notre réputation ».

Ce qui, selon lui, « explique le ras-le-bol » de la population. « Il nous faudra être à la hauteur des attentes des manifestants du 13 février dernier. Je souhaite que les uns et les autres reviennent à de meilleurs sentiments. Rien n’est perdu. Il faut que toutes les forces de l’opposition se rassemblent dans le respect de chacun. Chaque parti a sa structure, sa façon de faire. Mais il faut agir dans la même direction ! »