Photo illustration
  • Série de revendications de l’Assemblée solidaire de Mahébourg, dont une allocation mensuelle d’au moins Rs 15 000 et exemption au paiement des factures du CEB, de la CWA et du MT 
  • Rezistans & Alternativ initie des démarches pour des actions juridiques japonais du vraquier naufragé

Mahébourg, Frontline Casualty de la marée noire du naufrage du MV Wakashio, se prépare à accueillir la marche multicolore de ce samedi. Les représentants de différentes organisations, dont Konversasyon Solider, l’Assemblée solidaire de Mahébourg/Sud-Est et Brunette Laurette, l’organisateur de la marche citoyenne à Port-Louis du samedi 29 août, ont mis au point les modalités de cette manifestation avec des revendications citoyennes autant que politiques, dont la contestation de l’introduction de la Contribution sociale généralisée (CSG), mais également des gestes de partage et de solidarité. En parallèle, Rezistans & Alternativ se voit confier le mandat d’initier les procédures en vue de saisir les instances juridiques internationales et locales d’actions en dédommagement contre les armateurs du vraquier japonais, battant pavillon panaméen, et une collecte de signatures prévue samedi prochain sur le Mahébourg Waterfront, où se déroulera le gros de la manifestation.

Le rendez-vous du samedi 12 septembre à Mahébourg se déroulera en deux temps, d’abord la marche à partir du rond-point de Beau-Vallon, à hauteur de l’ex-King Savers, jusqu’au front de mer en passant par la rue La Passe à partir de 13h et ensuite le rassemblement avec jams musicaux, interventions des principaux animateurs et aussi des spectacles se déroulant de 16h à 19h. “Pour la marche du samedi 29 août à Port-Louis, la couleur choisie était le noir. C’était symbolique pour le contexte. Pour celle du samedi 12 à Mahébourg, nous demandons aux participants de se parer de toutes les couleurs, car nous nous attendons à une foule multicolore pour rendre hommage et célébrer la nature, qui est de toutes les couleurs”, déclare Ashok Subron, le représentant de Konversasyon Solider avec le syndicaliste Rashid Imrith.

Toujours en termes de mot d’ordre pour samedi prochain, les organisateurs lancent un appel aux manifestants pour qu’ils apportent des collations pour être partagées avec les autres en guise de solidarité. Anticipant des risques de problèmes de transport samedi prochain, les manifestants sont invités à descendre à Mahébourg dès la veille pour y passer la nuit, soit en bénéfi ciant de l’hospitalité des Mahébourgeois contre partage des frais, ou en prenant avantage des facilités de camping. En vue de faciliter ce mouvement de soli- darité inédit, des indications des lieux et des guest houses disponibles à cet effet seront relayées sur les réseaux sociaux en cours de semaine.

“Pas possible que le NCC n’est composé que de représentants de l’État”

Pour la Marche de Mahébourg-Nouvo Moris, certes l’une des revendications portera sur la demande au gouvernement de ne pas aller de l’avant avec l’introduction de la Contribution sociale généralisée (CSG) en remplacement du National Pensions Fund ou encore des réclamations pour la marée noire, vu que l’Assemblée solidaire de Mahébourg maintient qu’il y a eu “négligence criminelle et mise en danger de la sécurité intérieure de la République de Maurice par les autorités dans la gestion de la crise Wakashio”.

Néanmoins, les revendications des riverains du Sud-Est de l’île, y compris des habitants de Mahébourg, seront privilégiées. De prime abord, avant d’énumérer la liste des demandes, la refonte du National Crisis Committee est exigée pour “faire entendre la voix des citoyens et celle des gens de la mer autant que les habitants de Mahébourg, de la côte sud et toutes les autres organisations, les organisations de la société civile, écologistes ou syndicales.” “Ce n’est pas possible que le National Crisis Committee n’est composé que de représentants de l’État et du secteur privé”, s’insurge-t-on.

Parmi les autres demandes concernant la compensation après le naufrage du MV Wakashio, relevons, entre autres, le paiement d’une allocation mensuelle de plus de Rs 15 000 par mois (dépendant du nombre d’adultes travaillant par famille), soit au moins Rs 30 000 par ménage, un moratoire sur les emprunts pour toutes les personnes dont leur vie économique est liée au lagon, principalement de la côte sud-est, l’exemption au paiement de tous les frais d’utilités publiques : CEB, CWA, téléphone et internet pour toutes les personnes dont leur vie économique est liée au lagon et à la côte Sud-Est.

L’Assemblée solidaire de Mahébourg demande aussi la mise en place d’un comptoir spécial dans chaque hôpital et dispensaire de la région, ainsi qu’au Mahebourg Waterfront pour des tests gratuits de santé et une cellule de soutien psychologique pour les personnes affectées par l’écocide du Wakashio. Toujours en ce qui concerne la transparence, les Sudistes veulent être informés de manière systématique de l’évolution du taux de toxicité du lagon à travers la publication de bulletins en vue de déterminer la possibilité de pêche et autres activités dans les zones sinistrées.

Des propositions sont également formulées pour le redéploiement économique des habitants de la côte du Sud-Est, notamment la structuration de l’équipe de mobilisation (Waterfront People’s Factory), sous forme de coopérative pour protéger le tourisme alternatif, la pêche hors lagon, l’agroécologie, l’agri-solaire, la restauration et protection écologique ou d’autres projets écologiquement soutenables.

Par ailleurs, la Marche de Mahébourg réclame aussi que “le droit de la nature soit inclus dans la Constitution de Maurice pour permettre aux citoyens de défendre leur patrimoine naturel”, de même que la constitution d’une National Maritime Transport and Marine Open Commission, où “les organisations et les citoyens pourront participer et débattre pour revoir, entre autres, le système, le cadre légal et institutionnel de la protection de la zone maritime, du transport maritime, de la protection de l’écosystème marin et pour assurer la sécurité intérieure des citoyens de Maurice”.