Le leader de l’opposition et du PMSD, Xavier-Luc Duval, s’est attardé hier, sur les dessous de la Private Notice Question (PNQ) de mardi dernier, au Parlement, au sujet des remarques du Directeur de l’Audit. Les propos de ce dernier portaient en effet sur « l’opacité » et « le manque d’informations » des autorités au sujet du Safe City Network. « Kisannla kapav dir ki Safe City pa enn arnak ? » s’est-il ainsi demandé.

Le leader de l’opposition a estimé que les commentaires mis en avant dans le rapport du National Audit Office « démontrent clairement que l’on a empêché le Directeur de l’Audit d’exercer ses fonctions, comme prévu par la Constitution ». « Se enn atint grav ala demokrasi ek enn kout pwanyar anou sistem demokratik », dit-il.

Il estime par ailleurs que le « principe fondamental de la démocratie mauricienne veut que chaque roupie ou chaque sou perçu et dépensé par le gouvernement soit susceptible d’être vérifié et même questionné par le Directeur de l’Audit ». Or, pour lui, au vu des remarques faites dans le rapport, les informations liées au Safe City Network « n’ont pas été communiquées » à l’Audit dans le cadre de ses responsabilités de « checks and balances».
Xavier-Luc Duval a en outre déclaré que « vu la manière dont les affaires de l’État sont gérées, il est clair que la situation est catastrophique ». Et de poursuivre : « mo anvi ki nou evit enn katastrof. Nou pe asiste a enn desant infernal ver enn Repiblik bananyer. Fode nou fer tou seki posib pou protez nou kont enn leta kleptomann. »

Et de mettre en avant l’article 110 de la Constitution qui, dit-il, « stipule clairement que le directeur de l’Audit doit avoir accès aux documents relatifs aux comptes du gouvernement ». Selon lui, « c’est la première fois de (s)a carrière politique, ainsi que depuis l’indépendance du pays, qu’un Directeur de l’Audit mentionne dans son rapport qu’il n’a délibérément pas eu accès aux dépenses du gouvernement », notamment concernant les Rs 18 milliards de Safe City Network.

Xavier-Luc Duval rappelle par ailleurs que « chaque somme perçue va dans les caisses du Consolidated Fund » et qu’elle est vérifiée par l’Audit. « Jusqu’à présent, personne n’a utilisé la clause de Non-Disclosure pour empêcher l’Audit de faire son travail », dit-il. Et de se demander « comment une compagnie appartenant à l’État (Mauritius Telecom, Ndlr) peut avoir conclu un Non-Disclosure Agreement” avec le gouvernement ». « Si nou les sa pase zordi, nou pe kre enn presedan danzere », a-t-il affirmé.

Le leader du PMSD trouve que « cela s’apparente à une manigance ou encore un complot » visant à empêcher l’Audit  et le public de « savoir ce qui s’est passé dans le cas du contrat Safe City ».
Il se pose également la question de savoir si l’État « a bel et bien eu la meilleure offre » en ce qui concerne ces caméras, d’autant plus, dit-il, qu’il « n’y a pas eu d’exercice compétitif ». Il reprend : « Ti blize fer sa lekzersis-la pou gete sipa nou pe gagn value for money ek si ti kapav gagn li pli bon marse ayer. Pou sa dizwit milyar-la, eski nou ti kapav pey li sink miyar, de miyar, dis milyar… ? Mo pa kone ! » a-t-il lancé, faisant allusion à ce que l’on a récemment vu dans le cadre du Telfair Gate, avec le meurtre de l’agent MSM Soopramanien Kistnen. « Azordi pe kokin prerogativ direkter laudit ek pe tay so palto. Si nou kontinye koumsa lexersis bidzeter pou vinn enn fars », a-t-il conclu.