Ritasha Tauckoor et Zaynab Keenoo

En mai dernier, Zaynab Keenoo, une ex-élève non-voyante du Loïs Lagesse Trust Fund, se distinguait en réussissant les épreuves du Primary School Achievement Certificate. En Grade 7 dans un collège d’État, la jeune fille de 13 ans sera bientôt assistée par une accompagnatrice qui sera présente à ses côtés en classe. Elle sera les yeux de Zaynab.

Dans pas longtemps, une fois les démarches administratives bouclées, Ritasha Tauckoor, 23 ans, retournera sur les bancs de l’école, précisément à la SSS de Rivière-des-Anguilles, où elle sera “admise” en Grade 7. Malgré ses cahiers et autres matériels scolaires, Ritasha Tauckoor ne sera pas une collégienne comme les autres. Et ni collégienne tout court ! Elle sera les yeux de Zaynab Keenoo. La jeune Zaynab, qui habite Château Bénarès, est non-voyante et fréquente ce collège d’État du sud depuis la rentrée du 5 juillet. Mais l’aide de Ritasha Tauckoor, son accompagnatrice, facilitera grandement la scolarité et l’apprentissage de la jeune fille. Si Zaynab, de nature déterminée, semble bien s’en sortir depuis son admission au secondaire, elle confie néanmoins être pressée d’avoir Ritasha Tauckoor à ses côtés en classe.

Zaynab Keenoo, 13 ans, avait fait la fierté de ses parents et du Loïs Lagesse Trust Fund après l’annonce des résultats du Primary School Achievement Certificate en mai dernier. Elle avait réussi les épreuves et décroché une place en Grade 7 au collège d’État de Rivière-des-Anguilles. Jeune fille à l’esprit vif, Zaynab se distingue par la fluidité de ses propos, son éloquence et sa politesse. Cette dernière qualité a marqué l’accompagnatrice de Zaynab. Quand elle a été approchée par les parents de la collégienne, Ritasha Tauckoor a aussi rencontré la collégienne. Le temps d’un échange pour établir les responsabilités qui l’attendent, l’accompagnatrice dit avoir été touchée « par la gentillesse de Zaynab. » Elle confie : « C’est une fille très amicale. Le courant passe déjà très bien entre nous deux. »

Depuis la rentrée au collège, Zaynab compte sur ses camarades et ses enseignants pour la conduire en classe chaque matin. Une fois installée, elle explique qu’elle arrive à suivre les cours et prendre ses notes en braille. Ses manuels sont aussi traduits en braille et elle dispose pour l’instant de la plupart de ses livres.

De bonnes notes en mathématiques

Son accompagnatrice aura pour tâche de prendre les notes dictées ou écrites par les enseignants et que Zaynab ne peut, pour une question de temps, copier. « Je vais les dicter à nouveau à Zaynab. Nous allons trouver des moments appropriés pour travailler ensemble. J’aurai à suivre toutes les classes, comme Zaynab, et comprendre les cours pour arriver à travailler avec elle », explique Ritasha Tauckoor. Cette dernière sera indispensable dans les déplacements de Zaynab lorsque celle-ci changera de classe selon les cours et pour l’aider dans des activités scolaires.

Ce retour en milieu scolaire, nous dit Ritasha Tauckoor, est très « challenging. » La performance de Zaynab dépendra aussi d’elle. Et si tout va pour le mieux, la paire restera au collège jusqu’à la fin des études secondaires de Zaynab, voire le temps que cette dernière aura besoin des yeux de son accompagnatrice. Au collège, Zaynab raconte qu’elle a déjà trouvé ses marques, fait de nouvelles amies et développé des affinités avec certaines matières : la liste ici est longue. On y retrouve les langues, Business Studies, Modern Studies, l’arabe, la biologie, Food & Textiles. « On a fait un contrôle en mathématiques et j’ai obtenu 10 sur 15 », dit-elle, heureuse. « J’aime énormément mon collège », poursuit Zaynab. Pendant son temps libre, elle se connecte en ligne pour suivre des films de son choix. Le dernier en date, dit-elle, Les chemins du destin. Zaynab dit regretter ne pas pouvoir suivre les cours à la télévision les jours où elle n’est pas au collège. « Les cours sont trop courts et rapides. Il m’est difficile de les suivre. »

Ritasha Tauckoor, qui a suivi une formation pour health care assistant, ne sera pas à sa première expérience comme accompagnatrice. Il y a trois ans, un ancien élève du primaire atteint de dystrophie musculaire comptait sur sa présence à l’école pour ses déplacements. Ritasha Tauckoor qui, pendant ces trois années n’avait quasiment pas raté un jour d’école, l’aidait à porter ses effets scolaires, entre autres. Son accompagnatrice ne l’a pas suivi au collège.