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Joseph Fabien, un habitant de Plaisance, Rose-Hill, purgera 35 ans de prison pour le meurtre de sa femme, Nathalie, le 16 octobre 2017. Il avait plaidé coupable des faits. Le juge Benjamin Marie-Joseph lui a épargné la servitude pénale à vie en raison des circonstances entourant cette affaire, mais devait toutefois estimer que 35 ans de prison constituaient une peine justifiée eu égard au crime atroce qui a été commis.

Joseph Fabien faisait face à une charge de meurtre devant les Assises, où il était jugé pour avoir commis l’irréparable en brûlant vive son épouse. Père de trois enfants et grand-père de neuf petits-enfants, il avait passé 22 ans de vie commune avec la victime, qui, elle, était déjà mère de quatre autres enfants nés d’une précédente union. Selon les détails de l’enquête, le couple se disputait souvent. Selon l’accusé, sa femme était trop portée sur la bouteille, ce qui compliquait leurs relations.

Toutefois, il a été révélé au cours de l’enquête que l’accusé se montrait souvent violent avec son épouse, cette dernière ayant même obtenu un “protection order” contre lui. Mais bien qu’ayant songé à quitter le toit familial à plusieurs reprises, elle revenait à chaque fois à cause de ses enfants.

Dans les faits, Joseph Fabien est accusé d’avoir aspergé de l’essence sur sa femme avant d’y mettre le feu le 16 octobre 2017. La victime, admise à l’unité des grands brûlés à l’hôpital de Candos, avait rendu l’âme un mois après le drame, soit le 18 novembre. Selon le rapport d’autopsie du médecin légiste, la victime est décédée d’une septicémie, ayant été brûlée au troisième degré sur plusieurs parties du corps, soit à plus de 50%. Ces chances de survie étaient d’ailleurs minimes.

L’accusé avait dans un premier temps nié les faits, expliquant que la victime, ivre, avait pris feu alors qu’elle tentait d’allumer une cigarette. Il aurait alors tenté de l’aider, mais en vain. Un de leurs fils s’était emparé d’une couverture pour l’enrouler autour de sa mère afin de stopper le feu. Il s’est finalement avéré que c’est à la suite d’une énième dispute que l’accusé avait mis le feu à son épouse.

Joseph Fabien avait été lynché par des badauds avant que ceux-ci ne le remettent à la police de Stanley. L’homme avait alors été hospitalisé avant d’être inculpé en justice. Lors de son procès, il avait décidé de plaider coupable des faits. S’adressant à la cour, il devait cependant faire part de ses regrets.

Le juge Benjamin Marie-Joseph devait, lui, prendre note de ce crime odieux, avançant que la victime a vécu ses derniers jours « dans une atroce agonie ». Et d’avancer que « prendre la vie d’une personne est le délit le plus grave » qui puisse exister. Le juge avance par ailleurs que Joseph Fabien avait conscience de ce qu’il faisait en mettant le feu aux vêtements de sa femme, soutenant ainsi qu’un tel crime commis « de sang-froid » mérite une lourde peine.

Excluant la servitude pénale à vie réclamée par la poursuite, le juge a néanmoins conclu qu’une peine de 35 ans de prison était dans ce cas appropriée. Joseph Fabien était représenté par Me Christophe L’active.