Élu pour la quatrième fois en tant que président d’un conseil de district, Prembhoodass Ellayah dit connaître les rouages de ce poste. Et mercredi matin, il a été élu président pour un second mandat au conseil de district de Rivière-du-Rempart. Ayant concrétisé plusieurs projets dans les 19 villages de Rivière-du-Rempart, il dit avoir encore du pain sur la planche afin de répondre aux attentes des villageois. Mais pour le président, avoir été élu est un témoignage de la confiance des villageois en lui. Son appel est que tous les conseillers puissent respecter cette confiance et être à l’écoute des mandants.

Vous avez obtenu une majorité confortable lors de l’élection pour le poste de président malgré six voix de l’opposition. Il semblerait que vous étiez déjà au courant que vous seriez de nouveau élu. Quel est votre sentiment ?

Nous avions des adversaires dont le nombre était minime. Mais tous les projets que nous avons réalisés à Rivière-du-Rempart ont porté leurs fruits, et beaucoup de personnes ont apprécié. Le travail que nous avons commencé se poursuivra. Les candidats des partis de l’opposition ont été élus dans très peu de villages. Avec les résultats que nous avons obtenus aujourd’hui (mercredi matin), les villageois sauront quel est le nombre d’élus du Parti travailliste et du MSM qu’on a eu. Mais la majorité des villages ont voté pour le MSM. Mais il faut savoir que certaines personnes ne votent pas en considérant la couleur politique du candidat. Certaines personnes votent un symbole. Nous avons aussi constaté que dans certains villages, les candidats ont travaillé en collaboration et ont été élus. Si nous ne travaillons pas avec le gouvernement, nous ne connaîtrons pas de progrès dans les villages. Comment aurions-nous du progrès sans le gouvernement ? L’opposition a été sans aucun effet, et nous étions confiants de notre élection.

Êtes-vous satisfait du nombre de votants dans les différents villages de Rivière-du-Rempart ?

J’avais déjà prédit que nous aurions beaucoup de candidats pour ces élections villageoises comparativement à 2012. C’est ce qui s’est passé. Nous notons que plusieurs personnes font du travail social alors que d’autres ont été candidats juste par plaisir. Je souhaite que tous les conseillers prennent leurs responsabilités face à leur électorat. Il faut qu’ils respectent leur engagement car les gens leur ont fait confiance. D’ailleurs, c’est difficile d’être élu. Nous avons vu cinq ou six équipes dans certains villages. À l’exemple de Goodlands qui avait enregistré 90 candidats. Être parmi les neuf élus n’est pas chose facile. Malgré les difficultés, ils ont été élus. Je pense que les mandants attendent beaucoup de leurs conseillers. Et je suis sûr que les conseillers ne les laisseront pas tomber.

De nombreux habitants ont déploré que leurs conseillers de village les aient abandonnés après leur élection. Qu’avez-vous à dire sur ce sujet ?

C’est vrai que plusieurs conseillers ont tourné le dos à leurs mandants après les élections. Lors des élections villageoises de 2012, des conseillers élus ont commencé à négliger leur travail. Si les conseillers n’obtenaient pas une allocation, plusieurs auraient perdu leur place. Certains conseillers sont présents une fois lors des réunions du conseil uniquement pour cette allocation. C’est une réalité. Je pense qu’il faut qu’on arrête de se rencontrer une fois chaque six mois mais chaque trois mois. Certains conseillers ne sont pas actifs dans leur village. Une fois élus, ils n’ont pas le temps. À cause de cela, les villages sont négligés. Et la faute revient à ces conseillers et non pas au conseil de district. Si un conseiller ne vient pas me partager les problèmes du village, comment saurais-je ? Par la suite, les habitants vont se plaindre du manque de développement. Nous ne sommes pas fautifs. Les grands projets sont entrepris par le conseil de district mais si les conseillers ne nous disent rien, comment les villages vont-ils en bénéficier ?

Nous notons que certains villages ont élu majoritairement des candidats de l’opposition. Croyez-vous qu’il sera facile de travailler avec eux ?

Je ne crois pas que nous aurons des problèmes. S’ils envoient leurs requêtes, et si elles sont valides, nous allons considérer. Nous ne pénaliserons jamais un village qui a voté pour l’opposition. Nous allons travailler pour tous les villageois. Je ne considère pas les différences politiques.

Lors de la campagne électorale, plusieurs problèmes ont surgi, tels le manque d’infrastructures appropriées, la drogue et les loisirs. Pensez-vous que les doléances des villageois sont justifiées ?

Je suis d’accord pour le problème de drogue mais pas pour les autres. La lutte contre la drogue n’est pas un travail qu’on pourra réaliser seul. Il faudra un travail d’équipe regroupant les organisations non gouvernementales, les habitants des villages. C’est un travail très difficile pour un conseiller concernant le fléau de la drogue. Mais il nous faut aussi le soutien du gouvernement pour lutter contre la drogue. J’avais animé un meeting dans mon village où j’avais dit aux habitants qu’une fois la fin des élections, nous organiserons une réunion sur la drogue. Ce n’est pas normal qu’on perde nos jeunes. La drogue synthétique est synonyme de mort. Une fois que le jeune y est entré, toute sa famille est affectée. J’ai été témoin de plusieurs cas. Il faut que cela cesse. Si on ne s’attaque pas à ce problème, nous perdrons beaucoup de nos jeunes.

Quelles sont les raisons qui poussent les jeunes vers la drogue ? Est-ce que vous vous êtes déjà posé la question ?

Je ne connais pas la réponse jusqu’à présent. Je crois qu’ils essaient. Et une fois qu’ils essaient, c’est fini pour eux. Nous avons inauguré un futsal à Goodlands et nous inaugurerons une autre à Rivière-du-Rempart. Nous allons devoir organiser beaucoup d’activités sportives pour que les jeunes y consacrent leur temps.

Plusieurs jeunes ont aussi été élus. Quel est votre message à ces jeunes ?

Je suis content que des jeunes aient été élus. Mais je souhaite qu’ils arrivent à répondre à l’appel de leurs mandants. N’oublions pas que c’est un travail social. Le social doit être inné. On peut remporter les élections, mais si le social n’est pas ancré en nous, nous ne réussirons pas. Il faut avoir cette volonté. Nous devons voir les actions des jeunes pour voir comment ils sont.

Quels sont les projets que nous verrons très bientôt dans la région de Rivière-du-Rempart ?

Nous avons plusieurs projets en cours tels que la foire de Goodlands. Mais nous aurons de nouveaux projets à partir de 2021. Vous savez, nos projets ont été impactés à cause de la pandémie de COVID-19. Plusieurs projets n’ont pu être réalisés. Je crois qu’en 2021, nous commencerons nos projets sur des chapeaux de roue. Les collectivités locales ont plus de financements aujourd’hui par rapport aux années précédentes. Auparavant, on ne pouvait même pas financer des projets à hauteur de Rs 20 millions. C’est en 2016 que les municipalités et les conseils de district ont noté une hausse dans leur budget. Et c’est grâce à un meilleur financement que nous arrivons à mettre en œuvre différents projets.

La COVID-19 a eu un impact sur le budget du conseil de district. Croyez-vous que les projets enclenchés aboutiront ?

C’est vrai que le budget a connu une baisse. Mais nous avons obtenu Rs 90 millions du gouvernement et plusieurs projets débuteront l’année prochaine. Cette somme a été approuvée il y a un mois. Les procédures seront enclenchées l’année prochaine.