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  • De janvier à juin, l’endettement par tête d’habitant a augmenté  de Rs 45 000 en moyenne pour atteindre Rs 330 000 à hauteur des derniers Average Earnings annuels
  • L’ardoise du secteur privé auprès des banques s’élève à Rs 392,5 milliards, dont Rs 56 milliards pour l’Hospitality Sector encore en panne.

Après une poussée de fièvre verbale avant la présentation du Budget 2021/22, les clameurs se sont tues sur le front de l’endettement public. Néanmoins, la dette nationale a poursuivi sa progression au cours du premier semestre de cette année pour franchir de manière irrémédiable la barre des Rs 400 milliards avec une progression annoncée vers les Rs 500 milliards au 30 juin 2024, littéralement à la veille des prochaines générales au terme du mandat de cinq ans du gouvernement. C’est ce qu’indiquent les dernières données officielles rendues publiques par le ministère des Finances en fin de semaine. De son côté, la Banque de Maurice, le Monetary Policy Committee devant se réunir, mercredi, en séance plénière pour la première fois depuis le budget et les Article IV Consultations du Fonds monétaire international (FMI), affiche des facilités bancaires de Rs 392,5 milliards allouées au secteur privé au 30 juin, et l’Hospitality Sector, toujours en panne, malgré l’offensive de M. Vaccin Anti-Covid-19 au gouvernement, se retrouvant avec une ardoise de Rs 56,3 milliards.

De la fin de décembre de l’année dernière au 30 juin de cette année, la dette nationale a enregistré une hausse de Rs 57,4 milliards, soit une moyenne de Rs 10 milliards par mois pour atteindre Rs 419,3 milliards, représentant 95% du produit intérieur brut (PIB). Ainsi, la dette par tête d’habitant est de l’ordre de Rs 330 000, soit sensiblement les Average Earnings annuels selon les derniers chiffres publiés par Statistics Mauritius. Cet indicateur est en hausse de Rs 47 000 d’un semestre à l’autre.

La Budgetary Central Government (BCG) Domestic Debt, la dette locale a grimpé à Rs 294,6 milliards contre Rs 258,8 milliards au 31 décembre dernier.  L’on constatera qu’à la fin de juin, les émissions de Government Securities pour assurer le financement des Borrowing Requirements étaient de RS 307,4 milliards, en hausse par rapport aux Rs 275,8 milliards de la fin de l’année dernière. La répartition de cet endettement sur le plan local est la suivante Rs 38,2 milliards au titre des Bons du Trésor et autres instruments à court terme: Rs 57,2 milliards de Treasury Notes ; Rs 86 milliards de Five-Year GoM Bonds et Rs 126,1 milliards de Long Term Bonds.

Sur un autre plan, la dette étrangère a augmenté de Rs 16,6 milliards, soit Rs 85,3 milliards, incluant Rs 13,5 milliards, représentant des placements par des Non-Residents dans des Government Securities à moyen et long termes. La dette étrangère est caractérisée par un montant de Rs 79 milliards à moyen et long termes.

Détérioration

La situation au niveau de la Public Enterprises Debt a connu une détérioration pour passer à Rs 39,2 milliards à la fin de juin dernier contre Rs 34 milliards. La précarité se fait davantage sentir, car Rs 25 milliards sont sous forme d’External Guranteed Debt, alors que la pression du taux de dépréciation de la roupie par rapport aux  principales devises se maintient. En fin de semaine, la livre sterling est repassée au-dessus des Rs 60, le dollar américain tutoyant de manière systématique les Rs 43 et l’euro au-delà des Rs 50.

Des indications sont que le Public Enterprises External Debt sera encore en territoire négatif avec pour locomotive la SBM (Mauritius) Infrastructure Development Company et les facilités de financement de projets d’infrastructure au titre de l’EXIM Bank of India, notamment le financement de la fin des travaux de Metro Express.

Sur ces Rs 25 milliards, un montant de Rs 9 milliards est attribué au guichet de financement de la SBM, Airports of Maurutius Limited et MauBank Holdings avec un peu plus de Rs 4 milliards chacune de l’étranger, le Central Electricity Board Rs 3,6 milliards, Mauritius Telecom Rs 2,8 milliards et les deux organismes opérant dans le port, soit la Mauritius Ports Authority et la Cargo Handling Corporation avec un  peu moins de Rs 1 milliard.

La National Porperty Fund Ltd (Rs 4,1 milliards) et MauBank Holdings (Rs 3,1 milliards) se taillent la part du lion au guichet du Public Enterprise Domestic Debt Stock de Rs 8 milliards. Pour les Rs 6 milliards de dettes locales non garanties par le gouvernement, trois entités se signalent avec plus de Rs 1 milliard, soit Air Mauritius Ltd sous administration volontaire Rs 1,4 milliard, la Banque de Développement Rs 1,9 milliard et Airport Terminal Operations Ltd, Rs 1,2 milliard.

Du côté des facilités bancaires accordées au secteur privé, les données de la Banque de Maurice à la fin de juin indiquent un montant global de Rs 392,5 milliards, dont Rs 131 milliards libellées en devises étrangères. Les secteurs économiques les plus lourdement endettés sont le tourisme: Rs 56,3 milliards, dont Rs 34 milliards en Foreign Currencies le Real Estate: Rs 23 milliards, dont Rs 4,3 milliards en devises le commerce: Rs 22,5 milliards, dont Rs 2,2 milliards en devises la manufacture: Rs 19,9 milliards, dont Rs 6 milliards en devises la construction: Rs 17 milliards, dont Rs 3 milliards sujettes à fluctuation de change et l’agriculture: Rs 12,2 milliards.

La dette des Households, que ce soit en termes d’emprunts, de découverts bancaires et de Finance Leases s’élève à Rs 119 milliards, dont Rs 79 milliards pour assurer la construction de maisons.