Chengan Coomarah (à droite) en compagnie de Renganaden Padayachy et kailesh Jagutpal à la proclamation des résultats des élections de novembre 2019 au No13

– Nommé sur le Board de la SBM Bank, ce proche collaborateur des ministres, Ganoo, Padayachy et Jagutpal, rafle aussi des contrats publics

– L’ancien policier avait aussi obtenu le President’s Badge of Honour le 12 mars dernier

La montée en puissance de Chengan Coomarah, agent politique du MSM de la circonscription Rivière-des-Anguilles/Souillac (No 13), intrigue plus d’un dans le giron politique. En effet, le principal concerné a retenu l’attention après que sa nomination en tant que Board Director au sein de la SBM Bank, un conseil d’administration dont la reconstitution relève de la prérogative du ministre des Finances, Renganaden Padayachy, élu d’ailleurs au No 13. Parmi les nouveaux venus au sein du Board de la SBM Bank, l’arrivée de Chengan Coomarah fait sourciller plus d’un à la SBM Tower, mais aussi dans le secteur bancaire, car le principal intéressé serait un parfait inconnu dans ce domaine, étant donné qu’il a fait carrière au sein de la force policière., notamment en faisant partie de la garde rapprochée de VVIPs de tous bords politiques.
D’ailleurs, la note retraçant son parcours durant ces derniers 30 ans indique clairement qu’il a occupé plusieurs positions « within the Mauritius Police Force, including Police Sergeant, Police Sub Inspector and Police Inspector ». Mais aussi « president of several socio-cultural organisations across the country ». C’est d’ailleurs, selon certains qui connaissent le terrain politique au No 13, la carte maîtresse de Chengan Coomarah, étant membre actif et responsable d’associations socioculturelles dans le Sud.
Mais depuis qu’il s’est fait remarquer à travers cette nomination à la SBM Bank, d’autres informations remontent à la surface au sujet de l’ancien policier. En effet, on laisse entendre que le principal intéressé était, dans le passé, « proche d’Alan Ganoo » et aurait connu « une ascension fulgurante au sein de divers départements de la force policière ». Chengan Coomarah aurait d’ailleurs connu un passage au sein de la VIPSU et était affecté aux services de sécurité de l’ancien président de la République, Kailash Purryag. Dans les milieux politiques, on laisse entendre qu’il « jouerait fort sur ses positions au sein d’associations religieuses avec un ancrage au temple de Tookay ».
Chengan Coomarah et son épouse, qui serait aussi derrière une compagnie, soit Vardhini & Company Ltd, qui rafle plusieurs contrats publics sous le mandat du MSM, avec notamment celui du projet de réaménagement de l’Esplanade du Plaza, à Rose-Hill, et aussi au niveau du Chamouny District Council, aux coûts de plusieurs millions de roupies. Ayant fait campagne pour le MSM au No 13, avec les Padayachy, Jagutpal et Rawoo, Chengan Coomarah a été récompensé le 12 mars dernier avec son nom figurant parmi les décorés de la République. Il avait obtenu le President’s Badge of Honour pour sa contribution dans le social.
La nomination de cet agent politique à la SBM traduit pour certains observateurs que « pas grand-chose n’a changé au sujet des choix méritocratiques ». D’autant plus que la Banque Centrale vient de recommander de placer des personnes compétentes au niveau du secteur bancaire dans ces positions de responsabilités. L’on se souvient qu’avec la tenue de l’assemblée générale des actionnaires de cette banque d’État le 31 juillet dernier, l’accent avait été mis sur le critère de sélection des Board Directors dans le cadre du plan de restructuration à plusieurs niveaux, dont l’aspect de Credit Risk et la situation au regard des Toxic Loans. On s’attendait à ce que les “non-political appointments” soient privilégiés contre ceux ayant un “poor track record” au niveau de la finance, International Banking ou encore Cross-Border Lending. Voilà que l’arrivée de cet ancien policier fait déjà sourciller au sujet de cette remise en ordre à moins qu’il se voit confier un mandat de gendarme de la finance dans le silagge des nominations papa-piti comme dans le cas avorté des Gobin.
Affaire à suivre…