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La production sucrière pour la récolte 2020 devra, sauf imprévu, démarrer le 15 juin prochain à l’usine d’Alteo, Union Flacq. L’usine d’Omnicane suivra le 7 juillet alors que Terra enclenchera ses activités le 13 juillet. Selon les premières estimations, la production sucrière de cette année devrait graviter autour de 310 000 tonnes et ce, fondée sur une récolte de canne de 3,17 millions de tonnes à un taux d’extraction moyen de 9.77%. « La production finale sera toutefois tributaire des conditions climatiques à venir », estime le Crop Estimate Coordinating Committee.

Un communiqué, diffusé hier à l’issue de la première réunion de ce comité, souligne que le couvre-feu sanitaire imposé à compter du 20 mars a stoppé toutes les activités agricoles et industrielles, entraînant par là même des impacts significatifs sur le secteur cannier. On constate qu’au début du couvre-feu, le secteur sucrier n’était pas identifié comme un secteur économique essentiel. D’où les travaux stoppés. Ce n’est qu’à la suite d’une évaluation de l’impact que représenterait tout retard supplémentaire du début de la coupe que l’industrie sucrière a obtenu progressivement les Work Access Permits. Il était question donc de redémarrer les travaux de maintenance des usines, des matériels et des machines agricoles ainsi que les pratiques culturales dans les champs, tout en garantissant que les mesures sanitaires requises soient respectées.

Le Crop Estimate Coordinating Committee note que les travaux de maintenance d’entrecoupe ont débuté à la fin de janvier 2020 à la suite de la coupe 2019, et ont cumulé quatre semaines sans activités durant le couvre-feu. Cela a occasionné un retard de deux à trois semaines.

Il est aussi indiqué que l’usine de Terra devrait, elle, procéder à la clôture des opérations de broyage vers le 21 janvier 2021.

Analysant les conditions climatiques, le Crop Estimate Coordinating Committee met en exergue que la pluie associée au cyclone Calvinia à la dernière semaine de décembre 2019 et la pluviométrie excédentaire de janvier 2020 ont permis de conserver l’humidité des sols en une période importante pour la pousse de la canne. Par contre, le déficit de pluviométrie en février a légèrement retardé la croissance de la canne. Les conditions climatiques optimales pour la pousse du mois de mars ont fait que la hauteur de la canne à cette date était toujours au-dessus de la moyenne. Selon les données climatiques disponibles pour le mois d’avril, la pluviométrie a été déficitaire sur l’ensemble de l’île alors que la température et l’ensoleillement étaient en dessous de la normale.

Ces différents facteurs n’ont pas favorisé la croissance de la canne comme le démontre l’élongation durant le mois d’avril – qui était inférieure à la normale et à celle de la période correspondante en 2019. À noter toutefois qu’à fin avril, la hauteur de la tige était relativement proche de la normale. Les conditions climatiques durant les prochains mois seront donc déterminantes pour l’accumulation de sucrose.

À titre comparatif, 3,4 millions de tonnes de canne ont été récoltées en 2019, donnant lieu à une production de 331 105 tonnes de sucre, avec un taux d’extraction moyen de 9.73 %.

Cette première estimation de la récolte est établie à l’issue de la première réunion du Crop Estimate Coordinating Committee tenue ce mardi 26 mai, et présidée par la Chambre d’Agriculture. Ce comité est constitué de représentants de la Mauritius Cane Industry Authority, du Mauritius Sugarcane Industry Research Institute, des établissements sucriers, du Sugar Insurance Fund Board, du Mauritius Sugar Syndicate, de Statistics Mauritius et du Ministère de l’Agro-Industrie et de la Sécurité alimentaire.