Photo illustration

La nouvelle cohorte d’étudiants pour les examens du barreau a débuté les cours il y a quelques semaines, alors que l’ancien “batch” est toujours en formation en raison du retard accumulé avec le confinement. Du coup, l’Université de Maurice se retrouve avec deux examens à devoir organiser en deux mois pour l’année prochaine.

Cette situation préoccupe les étudiants ainsi que le corps légal, qui estiment que le bureau de l’Attorney General doit implémenter le rapport de Lord Phillips pour la réforme, et ce, « au plus vite », afin que ces examens se déroulent dans les meilleures conditions.

Le rapport du High level Committee présidé par Lord Phillips pour revoir l’organisation des examens du barreau a été rendu depuis presque deux mois. Pour autant, il n’y a aucune indication quant à savoir quand ses recommandations seront mises en pratique. Pourtant, vu la situation exceptionnelle de cette année, les examens ayant été renvoyés en raison du confinement, les membres du corps légal estiment qu’il y a urgence à remédier à ce problème de longue date.

Les examens de cette année ayant été renvoyés à juillet 2021, le nouveau “batch” d’étudiants a quant à lui déjà commencé les cours le mois dernier. Leurs examens auront lieu en septembre 2021. L’Université de Maurice, qui a la responsabilité d’assurer ces formations et de conduire les examens, se retrouve ainsi avec l’organisation de deux examens en deux mois, soit juillet et septembre. Ce qui en préoccupe plus d’un, surtout les étudiants, qui se demandent comment l’institution tertiaire gérera la situation. « Chaque année, les résultats sont catastrophiques. D’où l’idée de venir en avant avec une réforme. Il y a un rapport et des propositions intéressantes. Qu’est-ce que le gouvernement attend ? C’est le moment d’enclencher cette réforme tant attendue, car deux examens en deux mois, cela sera catastrophique ! » explique un Senior du barreau.

Le rapport de Lord Phillips recommandait clairement que la responsabilité de conduire les examens du Bar Vocational Training soit confiée à l’IJLS, citant pour l’occasion les lacunes relevées au niveau de l’Université de Maurice, qui en avait la responsabilité depuis des années. Le rapport recommandait également toute une organisation au niveau de l’IJLS pour le Vocational Training. Si la cohorte de l’année dernière dispose, elle, de plus de temps pour préparer ses examens, rien, soulignent-ils, n’a été fait pour que cette formation se déroule dans les meilleures conditions.

L’indisponibilité des chargés de cours et le manque de pratique sont en effet des problèmes qui perdurent toujours. Si rien n’est fait, disent-ils, « ce sera le même scénario que les années précédentes, où les examens du barreau enregistrent un taux d’échec inquiétant ». Pour l’ancienne cohorte, cette situation est d’autant plus préoccupante qu’ils ont carrément perdu une année en raison de ce renvoi. Avec un taux élevé, un bon nombre devront tout refaire, tenant compte que juste un mois après la tenue des examens de la première cohorte, en juillet, le “batch” de cette année aura aussi ses épreuves, en septembre. Les résultats pour les deux “batch” devraient être publiés vers fin novembre.

Au niveau de la profession légale, on estime que cette situation créera « une grosse confusion » au détriment de ces étudiants. D’où leur appel pressant pour que le rapport de Lord Phillips soit enfin pris en considération.