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Sur les 4300 caméras prévues pour le projet Safe City, sur 2 000 sites, d’ici la fin de l’année, près de 4000 d’entre elles ont été installées, alors que 3000 sont déjà en opération. Les statistiques des Casernes centrales dévoilent en outre que 33 caméras ont été endommagées depuis le lancement de la première phase du projet en août 2019. Parmi lesquelles figurent quatre cas de vol et de vandalisme. Le dernier délit en date a été commis ce mois-ci à Plaisance où une caméra, qui venait tout juste d’être installée sur une zone réputée être un repaire de trafic de stupéfiants, a été endommagée par un projectile.

A ce jour, 3858 caméras Intelligence Video Surveillance System (IVS) ont été installées. Elles sont capables de reconnaître des visages et de lire rapidement les plaques d’immatriculation de véhicules qui défilent sous leurs yeux numériques. Les 142 Intelligence Traffic Surveillance System (ITS) cameras pour lutter contre les infractions aux codes de la route sont d’ores et déjà disposées aux quatre coins de l’île. En revanche, l’inspecteur Shiva Coothen du Police Press Office (PPO) rappelle que « ces caméras sont mises à contribution en phase test, mais que des amendements devront être apportés à la Road Traffic Act avant qu’elles puissent être utilisées pour détecter les excès de vitesse et ainsi dresser des contraventions ».

A la lumière des chiffres compilés par les Casernes centrales sur les caméras qui ont été endommagées, force est de constater que le nombre de ces délits est en nette augmentation. Au 31 octobre 2020, le total d’appareils abîmés s’élève à 32, auquel s’ajoute l’acte de vandalisme commis, ce mois-ci, à Plaisance. Dans la plupart des cas (29), les dégradations ont été provoquées par des poids lourds, comme dans le cas du chauffeur de camion qui avait percuté, l’année dernière, à Bambou, le pylône auquel une caméra intelligente était rattachée. Le propriétaire du camion a été appréhendé sous une charge provisoire de dégradation de bien public.

Abimées par des poids-lourds

Une question subsiste concernant la hauteur à laquelle des caméras qui surplombent l’autoroute ont été fixées aux supports métalliques horizontaux. A moins de dix mètres du sol à certains endroits. Or, les statistiques de la police font état de nombreux cas où des poids lourds sont venus heurter les appareils. Un camion conteneur qui se dirigeait vers Roches-Noires a heurté et abîmé, en juillet dernier, une caméra qui était déjà opérationnelle. Ce qui a permis d’enregistrer la plaque d’immatriculation du véhicule et d’appréhender le propriétaire.

Les caméras intelligentes sont également prises pour cibles par des vandales. Les premiers cas sont apparus l’année dernière à Montagne-Blanche et à Midlands dans des zones résidentielles. Les caméras ont été dégradées au point de pendre aux poteaux où elles avaient été installées. Les agents affectés au Police Main Command and Control Centre (PMCC), à Ebène, ont pu, après visionnage des images vidéo, remonter vers le responsable de l’infraction perpétré à Midlands.
Des individus ont récemment saccagé une caméra disposée sur un pylône planté au rond-point Kaya, à Roche-Bois. La police a ouvert une enquête. A Plaisance, selon des témoignages recueillis auprès des habitants, les auteurs de cet acte de vandalisme verraient d’un mauvais œil la surveillance de Big Brother autour d’une zone en proie trafic de drogue. Les coupables encourent une peine d’emprisonnement ne dépassant pas 20 ans.