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Raviraj Rungoo (34 ans) et Poonam (28 ans), tous deux sourds-muets, et qui ont tout perdu dans un incendie qui a détruit l’unique pièce qu’ils habitaient à Quatre-Cocos, en février dernier, le jour de la fête du printemps, ne sont pas restés les bras croisés. Ils avaient déjà fait une demande auprès de la National Housing Development Corporation (NHDC) en 2018. Le couple qui bénéficie d’une pension d’invalidité a multiplié les démarches pour que leur cas soit considéré au plus vite. Ils ont complété toutes les formalités.

Tenant compte de leur situation, la NHDC a traité leur dossier comme un “hardship case”. Le couple aurait dû recevoir les clés d’une nouvelle maison mardi dernier à la Résidence Jade (complexe NHDC à Camp-Ithier), des mains du Premier ministre adjoint, ministre du Logement et de l’Aménagement du territoire et ministre du Tourisme, Steven Obeegadoo. La remise des clés a été reportée à une date ultérieure.

Chandramatee Rungoo, la mère de Raviraj, que Le Mauricien a sollicitée, nous dit que le couple n’est pas pressé et attendra ce jour de la remise des clés. « Zot inn dir mwa ki zot kapav pran ene tigit pasians ankor me ti pou kontan al dan zot nuvo lakaz opli vit. » En attendant, le couple continuera à vivre sous le même toit avec elle.

La mère raconte que son fils et Poonam avaient fait connaissance lors d’une visite dans une institution privée à Poste-de-Flacq, chacun accompagné de son enseignant. C’était il y a 12 ans. Et depuis, c’est le grand amour. Ils ont voulu montrer au monde que leur handicap n’est pas un frein à l’amour et qu’ils peuvent eux aussi construire leur avenir avec l’aide de leurs proches. Selon la mère de Raviraj, la surdité n’est pas une maladie, mais plutôt un handicap à la communication. Toute la famille a contribué. « Je les ai aidés à s’intégrer la société. Ça leur a fait du bien car ils sortent quand ils le souhaitent sans dépendre de personne et vont partout en autobus sans l’aide des proches. »

Chandramatee raconte qu’elle n’était pas surprise lorsque son fils lui avait annoncé qu’elle avait trouvé sa tendre moitié. « J’étais très heureuse car je n’ai jamais sous-estimé mon fils et j’avais tout le temps souhaité qu’il trouve sa tendre moitié. Je suis très fière lorsque je les vois ensemble partager leur joie. »

Deux années après leur rencontre, son fils Raviraj lui annonçait qu’elle devait se rendre à Les Mariannes, une localité non loin de Montagne-Longue, pour annoncer aux proches de Poonam qu’elle avait l’intention de l’épouser. « Letan nou finn ariv laba, bann fami tifi ti bien akey nou », se rappelle encore la belle-mère de Poonam.

Deux ans après, les deux familles avaient fixé la date du mariage. « Nous avons tout mis en œuvre pour plaire au couple. Tou bann invite ti felisit tou lede fami, On était vraiment fiers. »

La mère de Raviraj, femme de ménage, compte rendre visite quotidiennement au couple une fois que le ministre Obeegadoo va leur remettre les clés de leur nouvelle résidence à Camp-Ithier. Elle remercie infiniment le gouvernement qui, dit-elle, considère le cas en toute urgence et accorde priorité au dossier de Raviraj et Poonam après cet incendie.