Rajessen Desscann, Technical Manager de l’Association mauricienne de tennis de table (AMTT), dit ne pas comprendre la décision du ministère de l’Autonomisation de la Jeunesse, des Sports et des Loisirs (MAJSL) de renouveler le contrat du DTN français, Cédric Rouleau, pour seulement six mois. Pourtant, les résultats parlent d’eux-mêmes, selon lui.

Rajessen Desscann, en tant que dirigeant de l’AMTT, comment avez-vous accueilli la décision du MAJSL concernant le renouvellement du contrat de Cédric Rouleau ?

C’est difficile à comprendre. Sur quoi s’est-on basé pour un renouvellement de six mois ? Si c’est une situation qui découle de la situation actuelle, avec la Covid-19, oui, on peut comprendre. Sinon, la pilule ne passe pas.

Justement, reprochez-vous quelque chose à Cédric Rouleau ?

Pas du tout. Il a fait un excellent boulot depuis son arrivée. Il nous a permis d’atteindre notre meilleur classement mondial depuis des années.

Mais pourtant, aux JIOI, l’année dernière, les pongistes mauriciens sont passés à côté de leur tournoi…

Oui. Mais c’est pour des raisons indépendantes de notre volonté. En tant qu’ancien athlète, je trouve qu’ils ont bénéficié du meilleur plan de préparation possible. L’AMTT et Cédric Rouleau lui-même ont tout fait pour que la préparation se passe dans les meilleures conditions.

Mais au final, une seule médaille d’or. Qu’est-ce qui explique cela, selon vous ?

Comme je l’ai dit, ce sont des raisons qui ne dépendaient pas de nous. Quand on voit que Mayotte a ramené un joueur de la trempe de Kilomo Vitta, ou que d’autres pays ont « naturalisé » des athlètes et offert une licence un an avant les Jeux, on pouvait s’attendre que les choses ne tournent pas en notre faveur.

Mais cela peut aussi dire que Maurice n’a pas été à la hauteur tout simplement…

Il y a différentes façons de voir la situation. En remontant dans l’histoire du tennis de table aux JIOI, on peut constater que la discipline a été dominée par Maurice, Madagascar et La Réunion. Or, aux derniers Jeux, ces trois pays n’ont obtenu qu’une médaille d’or. Même Mayotte, qui n’a jamais bien figuré aux Jeux, a enlevé une médaille d’or. Cela ne veut pas dire que nous avons plafonné. Cela veut plutôt dire que le règlement a certaines lacunes.

Donc, Maurice aurait pu mieux faire si…

En effet. Sauf que nous, à l’AMTT, nous choisissons de ne pas nous arrêter aux JIOI. On peut juger la performance de Cédric Rouleau à d’autres échéances.

Par exemple ?

Les championnats d’Afrique, les circuits mondiaux, par exemple. Nous avons réussi à avoir des médailles d’or sur des étapes du circuit mondial. Il ne faut pas se tromper d’objectif. Nous avons toujours voulu marquer notre présence en Afrique de manière significative. Nous avons réussi à le faire. Aujourd’hui, Prathna Jalim figure sur la liste des remplaçantes africaines pour les JO. Cette même Prathna Jalim est aussi relanceuse pour l’équipe de France de tennis de table cadets et juniors. Quand on voit que l’équipe féminine de Maurice se classe dans le Top 50 mondial, on comprend le travail qu’il fait en amont. Donc, cela prouve la valeur de Cédric Rouleau.

Nous apprenons aussi que les joueurs ont affiché leur soutien au DTN…

Oui. Les joueurs sont venus nous dire qu’ils étaient démotivés. Et on ne peut que les comprendre. Ils ont beaucoup appris et ont encore beaucoup à apprendre du DTN.

L’AMTT compte-t-elle venir de l’avant avec une proposition pour prolonger le contrat du DTN ?

Nous allons solliciter une rencontre le moment venu. Parce qu’il faut comprendre que le CV de Cédric Rouleau ne tient pas qu’en une page. Il est un expert de la Fédération internationale, apte à former joueurs et entraîneurs de haut niveau. Il a des contacts partout dans le monde, et aujourd’hui, nous bénéficions de ces contacts avec des joueurs placés dans les centres de haut niveau en France.