Le Central CID a interrogé Bruneau Laurette hier dans le sillage d’une enquête sur le rallye organisé par Jayen Chellum à Port-Louis le 6 août. La police accuse le premier nommé d’être descendu d’un véhicule pour faire partie du parcours à pied, provoquant du coup un “go slow”. S’il a gardé le silence au cours de son interrogatoire, le leader de Linion Sitwayen Morisien (LSM) a toutefois parlé « d’intimidations » à sa sortie des Casernes centrales.

« L’année dernière, le CCID m’avait convoqué (pour une affaire de chèque sans provision) juste après les manifestations à Port-Louis et Mahébourg. Cette fois, j’ai reçu une convocation dès que le LSM est devenu un parti politique. Mo dir Pravind Jugnauth ek so gouvernma, se pa sa bann intimidasyon-la ki pou aret mwa ! », dit-il. Il se demande ainsi pourquoi le CCID l’a appelé à donner sa version un mois après ce rallye, « alors que ça fait plus d’un an que j’ai porté plainte contre les ministres Kavy Ramano et Sudheer Maudhoo pour “perverting the course of justice » dans l’affaire Wakashio, et où en est cette enquête ? »

Il poursuit : « J’avais aussi porté plainte au CCID contre 16 membres du gouvernement pour “breach of Flag Act” et contre le ministre Joe Lesjongard pour infraction à l’Information and Communication Technology Act. » Pourtant, dit-il, « personne n’a été inquiété jusqu’ici. Gouvernma pans li o desu de lalwa. Kamera marse pou Bruneau Laurette dan rali, me dan case Kistnen, kamera pa marse. »

Concernant le rallye du 6 août, le leader du LSM avance qu’il a agi « selon mes droits de mouvement, d’expression et de revendication ». Quant au fait qu’il soit descendu d’un véhicule pour marcher, il affirme que « la police et un haut gradé » lui auraient demandé « un coup de main ». Il explique : « Lapolis inn kas nou rali a plizier repriz. Monn kopere pu donn lapolis enn koutmin. Aster zot demann mwa kifer monn donn koutmin ! »

Bruneau Laurette, qui était accompagné de l’avocat Sanjeev Teeluckdharry, n’a pas été inquiété à ce stade de l’enquête. Il se dit prêt à revenir au CCID si la police a besoin de lui pour plus de détails.

Par ailleurs, l’interrogatoire de l’activiste Ivann Bibi n’a pas eu lieu hier, car son avocat était indisponible. Cet exercice a de fait été renvoyé à vendredi. Cependant, il est resté dans l’enceinte des Casernes centrales en signe de solidarité avec Bruneau Laurette. Il a aussi évoqué une demande de l’ACIM pour un autre rallye le 18 septembre et dit ne pas comprendre pour quelle raison la police n’a pas encore donné de réponse à ce propos.