Alors que la situation économique et financière du pays revient sur les devants de l’actualité à l’approche de la présentation du budget, qui fait actuellement l’objet des consultations, Le Mauricien a rencontré l’ancien ministre de Finances Rama Sithanen, qui jette un regard réaliste sur la situation actuelle. Il estime que « Maurice est en pleine crise économique, sanitaire et sociale » et que le pays est dans une situation inédite, qui n’a jamais été vue depuis la fièvre espagnole ou la grande dépression des années 1930. Il souhaite que « les têtes du pays soient mises ensemble » et rejette un modèle politique dans lequel « on crée des ennemis politiques au lieu d’adversaires ». D’où l’importance d’une « unity of purpose, a collective patriotic effort » afin de galvaniser tous les efforts pour sortir d’une situation exceptionnellement difficile et compliquée. Il considère par ailleurs que la relance dépendra de la campagne de vaccination, de l’accès au vaccin, de l’impact des variants sur l’efficacité des vaccins, sur la durée de l’immunité vaccinale et, surtout, sur la date de réouverture des frontières.

La 2e vague de la pandémie de Covid-19 a-t-elle donné le coup de grâce à notre économie, comme on le craignait ?

Pour certains secteurs, c’est peut-être vrai. Pour d’autres, la relance sera plus difficile. Il est clair qu’alors que l’économie commençait à reprendre des forces, un autre confinement, plus long mais moins sévère que le premier, aura un effet dégradé, aussi bien sur l’économie en général que sur plusieurs secteurs.

Évidemment, les effets économiques et financiers varient d’un secteur à l’autre. Le tourisme, par exemple, connaît une situation extrêmement difficile. Pendant plus d’un an, ce secteur a opéré presque sans aucun revenu. On s’attendait à une reprise début d’avril et voilà qu’on se prend sept semaines de confinement de plus. Pour des secteurs comme le tourisme, l’hospitalité, l’aviation et tous les secteurs associés, la situation, déjà difficile, est plus compliquée qu’elle aurait été sans ce second confinement.

Pour les secteurs de la manufacture et de la construction, la reprise a été correcte, alors que pour d’autres, elle est encore faible. Certaines entreprises ont réussi à se tirer d’affaire grâce au soutien du gouvernement à travers différents plans de financement. L’effet du second confinement sera moindre que le premier, mais laissera certainement des cicatrices. Mais le pays est mieux rodé cette fois que durant le premier Lockdown. Les WAP ont été octroyés très vite. Toutefois, si les gens ne travaillent pas et si la demande n’est pas là, ce sera difficile pour certains secteurs, comme le tourisme, mais aussi celui de l’art, de l’Entertainment, de la culture et de la récréation, de se relancer. L’aide gouvernementale ne couvre que 25% de leurs coûts.

Et si on dressait un état des lieux de la situation de l’économie et des finances ?

Au niveau de l’économie, la situation est mauvaise, et au niveau des finances, elle est exécrable. Pour être honnête, un certain nombre de problèmes que nous rencontrons datent d’avant la pandémie de Covid. Depuis longtemps, nous avions noté des signes d’affaiblissement dans plusieurs secteurs économiques.

Le premier confinement a amplifié les problèmes structurels, et le second les dégradera davantage. Concernant les fondamentaux de l’économie, la croissance économique a baissé par plus de 15% l’année dernière. La dette véritable est exceptionnellement élevée. Si on applique les normes internationales, en ajoutant les Colourable Devices, la dette a déjà atteint presque la barre de 100% du PIB.

Le déficit budgétaire est très conséquent, soit à peu près 15% du PIB. L’investissement a baissé de 25% l’année dernière. Jamais, le niveau de l’épargne n’a été aussi bas, soit à 6% du PIB . Le chômage a franchi les 10%. Le FDI est bas. L’inflation est en hausse et il y a une dépréciation accélérée de la roupie. Le déficit de la balance commerciale a atteint presque 25% du PIB. Le déficit de la balance courante est à 15% du PIB. La balance des paiements, qui d’habitude enregistre un surplus à cause des services financiers, a enregistré un déficit de l’ordre de 5,6% du PIB l’année dernière.

Ce qui m’inquiète le plus, ce sont les déficits du compte courant et de la balance des paiements, qui sont très mauvais et qui ont un effet sur la dépréciation de la roupie. Cela reflète la santé économique d’un pays au niveau international. Notre dette publique est beaucoup trop élevée, comme le soulignent les institutions internationales, dont Moody’s, ainsi que des économistes indépendants. Nos revenus par tête d’habitant en dollars ont baissé sensiblement, passant de USD 11 100 en 2019 à USD 8 600 en 2020, soit une chute de 22% en un an. Nous sommes revenus au même niveau que nous étions il y a dix ans en raison de l’effet combiné de la récession économique et de la dépréciation de la roupie.

Nous sommes déjà ressortis du groupe des High Income Economies aussitôt après y avoir fait notre entrée. Nous sommes désormais dans le groupe des pays à revenus moyens élevés (Upper Middle Income) et cela pour pour au moins encore quatre ans. The gains we have acquired after years of hard work, we have lost.

Au chapitre de la liberté de mouvement des biens et des services, une des plus grandes réussites de Maurice avait été l’abolition du contrôle de change. Or, le contrôle de change revient d’une façon déguisée et indirecte. Les sociétés et les individus doivent faire la queue pour obtenir les devises des banques commerciales. Priorité est donnée aux produits essentiels.

La crise économique est donc là ?

La crise économique est là depuis un an. Nous avions pensé que nous aurions un Technical Rebound de 6 à 7% en 2021. Il est clair que le second confinement a aggravé les choses, même si son effet est moins négatif que le premier. On est en pleine crise économique, sanitaire et sociale.

Le FMI prévoit une croissance de 6,6% en 2021. Est-ce réaliste ?

Il y a eu différentes prévisions de croissance. Le ministre des Finances est plus optimiste. Le MCBGroup a prévu une croissance de 6,3%. Dans la période dans laquelle nous vivons, il y a tellement d’incertitudes et tellement de changements et d’hypothèses qu’il est difficile de faire des prévisions. L’estimation de 6,6% du FMI a été faite avant le second confinement.

Admettons que le confinement coûte autour de Rs 2,5 milliards par semaine. Cela fait quelque Rs 17 milliards pour sept semaines. Il faudrait donc enlever Rs 17 milliards des prévisions faites par le FMI en prenant en compte l’inflation. Les risques et les incertitudes nous poussent à une prévision de croissance basse.

Tout dépendra de la campagne de vaccination et de l’accès au vaccin, mais aussi de l’impact des variants, de l’efficacité des vaccins et de la durée de l’immunité vaccinale. Et, surtout, de savoir quand rouvriront nos frontières. Plus on tarde à rouvrir, plus basse sera la croissance économique en 2021, sachant l’importance de la contribution du secteur touristique au PIB. Je pense que la croissance sera inférieure à 5% après la contraction de 15% enregistrée en 2020.

L’industrie touristique et le secteur des services financiers sont confrontés à de grosses difficultés, mettant à risque nos revenus en devises étrangères. Quelle est votre appréciation ?

Le secteur du tourisme, de l’hospitalité et des loisirs a été décimé partout dans le monde. C’est encore plus vrai dans les petits pays. Dans les grands pays, le tourisme intérieur est assez important. À Maurice, le tourisme intérieur occupe un taux très faible du marché. L’industrie touristique dépend entièrement de l’ouverture des frontières et du libre mouvement des personnes.

Or, les frontières sont fermées, avec pour résultat qu’elle est le seul secteur ayant enregistré presque zéro revenu. Il y a aura des cicatrices, il ne faut pas se leurrer. On a vu le premier Scarring Effect. Le groupe Sun Resort a été obligé de vendre ses intérêts aux Maldives afin de pouvoir consolider sa position à Maurice.

Comment y remédier ? Il faut d’abord gérer la crise en baissant les coûts et réduire les dépenses. Les opérateurs le font. Ils ont réduit les coûts, renvoyé les investissements prévus dans les grands projets, rééchelonné leurs dettes, et discutent avec les banques pour obtenir des facilités. Ils ont baissé les salaires de leurs employés, ont négocié avec le gouvernement pour avoir des facilités. Ils ont approché la Mauritius Investment Corporation (MIC) pour des injections de capitaux.

La question maintenant est de savoir comment préparer la relance du secteur touristique. Il faut une stratégie nationale de relance préparée en partenariat entre les secteurs public et privé, et impliquant les grands, les moyens et les petits hôtels. La stratégie de relance dépendra de trois ou quatre facteurs, à savoir les vaccins, la réouverture des frontières et de la stratégie à adopter pour encourager les clients à revenir. Il faut également voir les conditions prévalant dans les marchés porteurs, parce qu’il faut que ces touristes potentiels soient autorisés à quitter leurs pays respectifs, qu’ils aient les moyens de le faire et qu’ils soient intéressés à voyager.

Je ne pense pas que nous retrouverons rapidement la même situation qu’en 2019. À mon avis, cela prendra quatre ou cinq ans. Ajouter à cela qu’après la réouverture, il y aura beaucoup davantage de compétitions et que les tarifs baisseront. Il faudra également revoir notre Business Model parce que la Covid-19 a donné lieu à des transformations importantes dans le comportement et les aspirations des gens, à des changements structurels dans les marchés. Il faudra savoir comment les gens voyageront, dans quelles conditions ils le feront. Personne ne se déplacera pour passer 14 jours en quarantaine.

Le Business Model que nous avons adopté jusqu’à maintenant nous a bien servis. Il faudra voir s’il pourra continuer à nous servir. Est-ce que les touristes préféreront venir dans les grands hôtels ou dans des hôtels niches ? Le secteur hôtelier, dans son ensemble, et le gouvernement doivent réfléchir sur un exercice de consolidation. Il faut tout faire pour relever les défis qui se présentent dans ce secteur, qui représente presque 23% de notre PIB.

Et, finalement, il faut savoir ce qu’il adviendra de notre compagnie aérienne, qui transporte plus de 50% des touristes. Air Mauritius est moribonde aujourd’hui. S’il y a un changement dans le comportement, dans l’attitude et dans le mindset des touristes, ce sera très difficile pour nous.

Sur les 15 secteurs qui constituent l’économie du pays, tous ont connu une contraction l’année dernière, sauf deux : les services financiers et l’ICT. Toutefois, la croissance était très faible dans le secteur financier, et a tourné autour de 1%, contre une croissance de 5 à 6% en temps normal. Le secteur financier passe par une phase très critique et très difficile. Nous subissons encore l’effet de la modification du traité entre l’Inde et Maurice. Maurice n’est plus No 1 en termes de pourvoyeur de fonds pour l’Inde. De plus, nous sommes sur la Grey List du GAFI et sur la Black List de l’Union européenne (UE), et la Grande-Bretagne s’est alignée sur l’UE en ce qui nous concerne. Nous sommes en compétition avec la Gujurat International Finance Tec-City (GIFT) de l’Inde.

Une autre épée de Damoclès est suspendue au-dessus de nos têtes. Les Américains et l’UE souhaitent introduire la Global Minimum Tax. Si cet impôt minimum est élevé, Maurice perdra son avantage compétitif. Nous devons travailler d’arrache-pied pour sortir de la liste grise du GAFI, qui est une condition préalable pour sortir de la liste noire européenne et de celle de la Grande-Bretagne. Des rapports sur les progrès accomplis ont été soumis par le gouvernement. Maintenant, le GAFI doit faire une On-Site Inspection. Ensuite, il y a des procédures à suivre avant qu’une séance plénière ne retire Maurice de la liste grise.

Le modèle actuel de notre secteur financier, qui date de 1991, doit être revu afin de développer des “high value added product and services”. C’est le Global Business qui soutient notre balance des paiements. Sans cela, le déficit de notre balance de paiement serait plus élevé.

Donc, pas de sortie de la liste noire avant l’année prochaine…

Je ne crois pas qu’on pourra en sortir cette année, bien que j’espère que ce soit possible. Je pense, en étant réaliste, que ce sera vers la fin du premier trimestre ou lors du début du deuxième trimestre 2022.

Et tout cela affecte chômage, qui est en hausse constante.

Le chômage a déjà augmenté. Il a atteint un taux supérieur à 10%, en prenant en compte plusieurs facteurs. Le gouvernement a mis comme condition qu’une entreprise qui obtient l’aide gouvernementale ne peut limoger ses travailleurs, même si elle n’a pas besoin d’eux. Dès que le gouvernement enlèvera son soutien, les entreprises n’ayant pas de demandes pour leurs activités auront à licencier.

Je voudrais faire une différence entre Liquidity et Solvency. Si une entreprise est fiable et a un problème de liquidités en raison de la Covid, fair enough, elle peut bénéficier d’une aide financière. Mais si une entreprise n’est pas solvable et n’est pas liquide, je ne vois pas pourquoi l’État devrait aider un canard boîteux. C’est tellement évident que certaines entreprises qui prendront de l’argent de la MIC ne pourront rembourser, et c’est le pays qui essuiera des pertes.

Je suis en faveur d’une Creative Destruction, car il y a des entreprises qui ne pourront survivre. Pourquoi les aider ? Il faut encourager et faciliter la transition. Au lieu de payer l’entreprise, payons les familles, comme le font les Américains. Ce qui permettra un ajustement et une réorientation de l’économie. Si nous empêchons la flexibilité, l’ajustement et la réforme, la situation deviendra très difficile.

En matière de chômage, il y a des gens qui sont Furloughed et d’autres qui sont largement sous-utilisés. Ils sont techniquement au chômage. Ceux qui sont les plus affectés sont les jeunes, les femmes et les indépendants, qui sont dans une situation dramatique.

Quel devrait être le rôle de la MIC dans ce cas ?

La MIC avait expliqué exactement l’étendue de son travail et son domaine d’intervention. Je constate qu’il aide presque tout le monde. Mais comme je vous ai dit, on ne pourra sauver toutes les entreprises. Le gouvernement devrait plutôt établir une liste de priorités et aider les entreprises d’avenir et d’importance stratégique qui ont des problèmes cycliques, et non pas des problèmes structurels. Il faut laisser le marché s’adapter.

En encourageant les entreprises à s’engager dans des secteurs moins performants, nous empêchons l’innovation et l’ajustement important de notre économie. On ne peut mettre du good money after bad money au nom du concept très vague qu’est la préservation de l’emploi. Il faut créer des emplois ailleurs. Sinon, on aura une économie ossifiée et figée.

De quelle marge de manœuvre dispose le ministre des Finances en vue de la présentation de son prochain budget à votre avis ?

Très peu, sinon presque rien. La situation est critique. Il y a cinq ou six items qui absorbent 90% du budget de l’État. Il ne pourra pas limoger les fonctionnaires, ni baisser les salaires, comme cela se fait dans le secteur privé. Il ne pourra pas enlever les Fringe Benefits des employés. Vous n’avez qu’à voir la colère soulevée parce qu’il n’a pas accordé une compensation à ceux touchant la pension de vieillesse. Il ne pourra pas non plus ne pas effectuer le service de la dette. Les pensionnés de l’État représentent également un budget important.

Ses marges de manœuvre concernant les grandes dépenses de l’État sont assez limitées. Il peut effectuer des coupures budgétaires ou augmenter les impôts, mais ce serait chercher des ennuis avec la population. À moins qu’il veuille asphyxier l’économie alors qu’elle est déjà en difficulté. Une solution de facilité serait d’endetter davantage le pays. Il peut prendre des prêts localement ou au niveau international. Il peut vendre les bijoux de l’État, mais il n’en reste pas beaucoup. Je ne crois pas qu’il ait des gens qui veuillent acheter Air Mauritius. Il ne serait pas étonnant que, comme l’année dernière, il puise dans le Special Reserve Fund en prenant des Unrealised Gains de ce fonds.

Dans son dernier budget, il avait affirmé qu’il avait réalisé un déficit budgétaire de zéro, alors qu’il était de 15% du PIB, parce qu’il a utilisé la Banque centrale pour financer ce déficit. Ce n’est pas une source de revenus, mais un moyen de financement. Il peut encore une fois monétiser le déficit budgétaire avec la planche à billets. Je suppose qu’il va continuer de déprécier la roupie. Il sera obligé de trouver des équilibres extrêmement difficiles dans ce budget. Il devra s’assurer qu’il y ait une relance et, en même temps, préparer et planifier la consolidation fiscale et réparer les dégâts sur la balance extérieure. Le temps des jolis discours et des études est révolu. Il faut se retrousser les manches et prendre des décisions courageuses.

Quelles sont vos propositions pour le prochain budget ?

Je considère qu’on sous-estime la gravité de la crise économique. It is an unprecedented crisis with direct consequences. On n’a pas connu une telle crise depuis l’épidémie de fièvre espagnole, au début du siècle dernier, ou la grande récession des années 1930. La récession des années 2007-2008 n’a pas été aussi grave que cela.

À situation exceptionnelle, il faut des mesures exceptionnelles. Or, nous essayons de résoudre un problème exceptionnel et inédit à travers des mesures traditionnelles en termes économique, politique, social et de gouvernance. Cela ne marchera pas.

Il faut par conséquent mettre à côté les ego, les intérêts personnels, parce que jamais le pays ne s’est retrouvé dans une situation pareille. Il nous faut mettre tous nos acquis du bon côté. En termes de gouvernance, il faut dire la vérité économique aux Mauriciens, et ne pas leur promettre le père Noël en plein mois de juin. Sinon, le réveil sera brutal, comme en Argentine ou en Grèce. Une plus grande transparence dans les chiffres et les affaires économiques du pays est primordiale. Il faut mettre l’accent sur la relance, la réforme, la résilience et les résultats.

Une stratégie de relance est plus que nécessaire dans le secteur de l’exportation, parce que le salut viendra des exportations des biens et des services. Le temps des discours et des rapports est terminé, et sans une réforme, nous finirons droit dans le mur. We have to think out of the boxes and disrupt the system otherwise we will be disrupted. Il faut améliorer notre écosystème.

Quelle image avait Maurice auparavant ? Elle était attractive, compétitive et avait une bonne réputation et une bonne image. Or, le pays n’offre plus cette dimension d’Attractiveness, parce qu’on a changé l’écosystème, plus compétitif parce que les taxes sont trop élevées, et notre réputation au niveau international est écornée : nous sommes sur la liste noire en Europe et en Grande-Bretagne, l’agence de notation suédoise V-Dem nous présente comme une autocratie…

Il nous faut réintroduire des politiques qui avaient fait la réussite de Maurice. Utilisons les compétences, d’où qu’elles viennent, pour atteindre cet objectif afin de renverser la vapeur. On ne pourra pas sauver toutes les entreprises. Il faut sauver celles qui sont stratégiques et qui ont de l’avenir. Nous devons investir dans la science, la technologie, l’ingénierie et les mathématiques (STEM).

En terme social, une des séquelles de la crise est que la pauvreté et l’inégalité ont grandement augmenté entre les riches et les pauvres partout dans le monde, incluant Maurice. C’est le moment de revoir la redistribution de notre État providence, qui favorise disproportionnellement les riches et l’Upper Middle Income Group et désavantage les lower Middle Income Group, Middle Income et les pauvres. Il faudra revoir notre État providence afin d’être plus équitable vis-à-vis de ceux qui sont dans le besoin.

Sur le plan politique, je ne sais pas s’il faudrait parler de trêve politique ou de gouvernement d’unité nationale, mais nous avons à mettre les meilleurs cerveaux, ceux qui ont une grande expérience, au service du pays, indépendamment de leur couleur politique. Il faut reconnaître que même dans des conditions normales, certains de nos ministres sont très faibles. En cette situation d’urgence, la situation devient encore plus difficile pour eux. Il faut tenir en compte qu’ils sont nouveaux et n’ont aucune expérience de la gestion des affaires compliquées.

Or, il y a des députés, dans l’opposition, qui ont beaucoup d’expérience, comme Bérenger, Duval, Boolell et d’autres. Il faut mettre les têtes ensemble et ne pas continuer avec un modèle politique dans lequel nous créons des ennemis politiques au lieu de simples adversaires. Ce qui empêche la collaboration, la coopération et le dialogue au-delà des divergences, alors que nous sommes dans une situation inédite. Il est évident que chacun voudrait faire de la politique. On le ferait à l’approche des élections, comme c’est le cas dans certains pays, comme aux Pays-Bas. Il faut une Unity of Purpose, un Collective Patriotic Effort, et galvaniser tous nos efforts pour sortir d’une situation exceptionnellement difficile et compliquée.