Scope s’entretenait avec Ravi Ramprogus l’année dernière. Basé au Pays-Bas, le spécialiste en informatique nous racontait alors son incroyable histoire. Celle d’un ancien directeur dans le secteur banquier qui avait tourné la page sur une existence confortable pour devenir yogi. Une vie au service de la spiritualité et en tant que conférencier motivateur il était amené à donner des conférences quasiment chaque semaine à travers les grandes capitales d’Europe. Un rythme de vie bousculé par la pandémie de la Covid-19. En effet, accompagné de son épouse Tania, il était en Inde en début d’année. Le couple s’y est retrouvé confiné de mars à juin. Etant donné la situation sanitaire délicate en Hollande Tania et Ravi Ramprogus sont rentrés à Maurice en juin.

Célébrer notre diversité

Un mal pour un bien car Ravi Ramprogus pense s’installer définitivement dans l’île pour profiter de la chaleur et l’énergie de son pays natal. En quête d’un emploi, même s’il ne compte pas laisser tomber son chapelet traditionnel, le Kriya Yogi se rend compte qu’il peut “influencer positivement le fonctionnement” de sa patrie. “Le mauricianisme est solide entre la diaspora. Mais il est vote ébranlé par la moindre petite étincelle chez nous. Même si je suis dans la spiritualité, cela ne veut pas dire que je suis insensible à tout ce qui se passe autour de moi. C’est l’inverse!”

Il rappelle que ce qui fait la beauté de notre île, c’est notre diversité. “Cela ne veut pas dire aplanir les valeurs culturelles. Bien au contraire ces différences nous permettent d’apprendre la culture de l’autre.” Alors que les Mauriciens avaient fait preuve de solidarité après le naufrage du Wakashio les tiraillements communaux se sont par la suite glissés dans le paysage. Trop souvent, la notion d’identité et d’appartenance est une arme redoutable qui impacte sur notre humanité. “Si nous sommes fermés sur les autres, alors nous sommes coincés. Par exemple, quand on se sent offensé par certains propos, comme ceux tenus par le Cardinal Maurice Piat dans son homélie lors de la messe dite à Sainte-Croix dans le sillage du pèlerinage Père Laval, c’est parce que notre identité est trop forte. Nous avons l’impression qu’il s’attaque à notre identité. Dans ce cas spécifique nous voyons bien que le mauricianisme est relégué au second plan. Les gens doivent comprendre qu’il faut prendre l’identité mauricienne, qui veut dire pluralité et diversité dans l’unité”.

Responsabilité collective

Par rapport aux manifestations qui ont marqué le pays, Ravi Ramprogus exhorte nos dirigeants à être plus responsable. “Les gens ont en marre car l’incompétence et la médiocrité sont devenues la normalité. Quand on a des leaders politiques qui sont restreints mentalement, culturellement et émotionnellement, nous arrivons à de telles situations”.

Suivant ses valeurs spirituelles, il est d’avis que l’humanité doit prendre le dessus sur ce sentiment d’appartenance. “Les gens n’ont pas un niveau de conscience adéquat. Il faut entrer dans la politique pour servir la nation, non ses propres intérêts. Il faut apprendre à diriger dans la transparence. Parfois, toutes les bonnes intentions que nous pouvons avoir au début sont rongées de l’intérieur et englouties par le système. Résieter est très difficile car trop souvent, la peur de perdre le pouvoir fait perdre le sens de l’humanité.”

Pour le yogi, il faut changer le système de l’intérieur. “Une chose qui n’est pas facile mais pas impossible non plus. Même si ça prendra du temps, il faut évoluer dans sa façon de penser, d’agir et de réagir. Avoir une responsabilité collective qui est indépendante de la religion.”