Village du district de Flacq, Bois-d’Oiseaux semble avoir été oublié. Des habitations éparses, des champs de cannes et la verdure dominent le paysage. En plus de ses contours encore très traditionnels, l’endroit est aussi connu comme étant un havre culturel où la musique fait partie du paysage.

A la mi-journée, les rues sont quasi désertes à Bois d’Oiseaux. En dehors de quelque compagnons de qui discutent non loin de la chapelle Marie Mère de l’Église, les environs sont calmes. Une école polytechnique à l’entrée du village, un centre communautaire qui fait face à une chapelle, est en tout et pour tous les seuls développements qu’a connus ce patelin depuis des lustres. Comparé à ses voisins comme de Laventure et Grande-Retraite.

Poche de pauvretés

L’association Enfants Espoir de Demain est présente dans le village depuis plus de dix ans. Son président, Jean-Claude Abel souligne que cet organisme est au service de l’enfant et veille à son épanouissement éducatif et son développement. Une centaine d’enfants âgés entre 3 à 17 ans sont bénéficiaires de ce programme qui a pour objectif de promouvoir des activités éducatives, sociales, artistiques, culturelles et sportives. Hors covid-19, c’est dans la salle d’œuvre de la chapelle et le Centre communautaire du village que se tiennent les rencontres. “En 2009, quand le Collectif Des Formateurs Du Sud Ltée avait commencé un programme de formation, de soutien et d’encadrement à Bois d’Oiseau, le village avait énormément de poches de pauvreté. Si la situation s’est un peu améliorée avec l’empowerment des enfants au niveau éducatif, il y a toujours des familles qui sont dans le besoin”, confie Jean-Claude Abel.En effet,  des habitations précaires sont visibles de part et d’autres du village.

Jean-Claude Abel de l’association Enfants Espoir de Demain.

Nous rencontrons Rebecca Dumas, 20 ans. Cette dernière et sa famille vivent dans une bicoque de fortune car ils ont vécu une tragédie quelques mois de cela. “Un feu a éclaté dans notre maison et nous avons tout perdu”. Bien que leurs proches et voisins les aient aidés, “Notre famille a toujours besoin de soutien pour remettre notre maison en état et par la suite pour acheter des meubles”, explique la jeune femme.

La culture dans les mœurs

Bois d’Oiseaux est aussi connu comme un village qui a vu éclore des talents, devenu incontournable sur la scène musicale locale, notamment Blakkayo et la formation Kaz B.A.D. Marie-Josée Ramen, 54 ans, raconte les rues animées de quelques après-midi et week-ends. La région abrite aussi Frédérick Joly, un fabriquant de djembes. Evoluant dans le secteur de l’hôtellerie, “depuis le confinement les activités sont cependant à l’arrêt”.

Toutefois, les fléaux sociaux, comme la drogue et l’alcoolisme  jette de l’ombre au tableau.  Les habitants mettent en cause le manque d’activités et de loisirs. “Nous sommes comme des oubliés ”, souligne Pamelita Lacharmante. Jeannique Mustapha, 49 ans, a toujours vécu ici. Elle se désole pour sa part que le village soit différent aujourd’hui. “C’est connu que tous les habitants de Bois s’Oiseaux vivent comme une grande famille dans la solidarité. Toutefois, c’est difficile aujourd’hui de sortir sans fermer sa porte à clé”.

Un incendie a ravagé la maison de Rebecca Dumas quelques mois plus tôt.
Louise Darbon, une des doyenne du village et Marie-Josée Ramen.
https://youtu.be/BO54_PiJAf8