Les employés de PADCO, privés du salaire de juillet, étaient réunis au siège de la Confédération des Travailleurs des Secteurs privé et public (CTSP) à Rose-Hill, pour décider de la marche à suivre. Reaz Chuttoo, leur négociateur, a confirmé que les employés n’ont pas été payés à ce jour pour le mois de juillet en raison du gel par l’Independent Commission Against Corruption (ICAC). Toutefois, des démarches ont été entreprises auprès du ministre du Travail, Soodesh Callichurn, et de l’administrateur, Rajeev Basgeet, pour que l’ICAC demande une variation à la Cour Suprême sur une base humanitaire.

Reaz Chuttoo n’a pas été tendre envers l’ICAC qui, a-t-il dit, n’a pas pris en considération la situation de ces centaines d’employés de PAD & Co en marge du gel des comptes et des avoirs de la compagnie. « Il faut éviter un drame humain. Non seulement les 450 à 500 employés mauriciens n’ont pas eu de salaires, mais il y a autant de travailleurs étrangers, bangladais et malgaches, qui n’ont pas eu de Meal allowance. Donc, ils n’ont pas à manger », s’insurge-t-il. Et de souhaiter que l’ICAC retienne la leçon, la prochaine fois, avant de demander le gel des comptes d’une compagnie. « Il faut penser aux travailleurs », ajoute-t-il.

Selon Reaz Chuttoo, une demande a ainsi été faite à l’ICAC pour demander une variation à la Cour Suprême, afin que les employés puissent avoir leurs salaires. Les employés ont laissé entendre que la compagnie n’a plus d’argent en banque. Il a indiqué qu’une banque est disposée à financer les salaires de juillet, mais que pour cela, il faut d’abord avoir un ordre d’un juge de la Cour suprême. Au cas où la demande est rejetée par la Cour, il faudra engager une pression politique, dit Reaz Chuttoo, sur une base humanitaire.

L’autre préoccupation concerne les jours où le premier administrateur dit avoir pris contrôle des opérations. Reaz Chuttoo a déclaré que l’actuelle administration ne comptera pas tenir compte de ces jours quand il procèdera au paiement des salaires et qu’il faudra par la suite, entreprendre d’autres démarches.

Certains employés, réunis hier au siège de la CTSP, ont exprimé le souhait que la compagnie leur accorde une compensation sous forme de leurs temps de service pour qu’ils puissent chercher un autre emploi Reaz Chuttoo a affirmé que dans le contexte actuel, la fermeture de la compagnie, qui a déjà des contrats avec certains clients, équivaudra à une catastrophe économique. « La construction n’est pas un secteur en crise. Il faut pouvoir sauver la compagnie et sauver votre emploi », ajoute-t-il. À cela, des employés n’ont pas manqué de lancer la remarque suivante : « Pou les li revinn ankor pou li refer parey ? »

À l’issue de la réunion d’hier, les employés n’ont pas caché leurs inquiétudes par rapport à la situation. Jocelyne, qui travaille sur le chantier depuis neuf ans, avance : « Ce n’est pas facile, on ne sait combien de temps ça va durer. C’est vrai qu’il arrivait de ne pas recevoir le salaire qu’on méritait, mais on ne s’attendait pas à en arriver là. »

Christian, qui compte six années de service, rappelle qu’ils sont tous des pères et mères de famille et qu’ils ont des responsabilités. « Pe al travay toulezour zis pou met prezans », dit-il. Ce qui veut dire également, indique-t-il, qu’il n’aura droit qu’à son salaire de base, soit la moitié de ce qu’il touche habituellement.

Affaire à suivre…