Queen Victoria, village au riche passé

Situé dans l’Est du pays, Queen Victoria, aussi connu comme La Queen, est ce village au cachet traditionnel où règne le calme tout au long de la journée. Un paysage rural, une nature verdoyante dominée par des plantations de cannes à sucre ou encore les ruines de l’ancienne propriété sucrière.

La culture de Bonsai de Deven Narayana Pillay

C’est de cette ancienne sucrerie, dont les ruines sont clairement visibles à l’horizon, que La Queen tire son nom. Au milieu du 20e siècle, deux Britanniques firent l’acquisition de l’usine et lui donnèrent le nom de Queen Victoria, en hommage à la Reine. Avant sa fermeture, la majorité des habitants y gagnaient leurs vies. Queen Victoria a beau être un village où il ne se passe pas grand chose, mais ses habitant sont fiers de leur passé. Sonalall Ramkhelawon ,73 ans, confortablement assis en face du terrain de foot à guetter les allers et venus est un ancien aide “anfle kamion.” Il raconte ses souvenirs d’enfance et parle de la visite de la reine Victoria à Maurice. Pointant vers la cheminée de la sucrerie, il lance : “Au passage de la reine dans l’Est, on l’a fait passer de l’autre côté vers Bramsthan. Mais personne n’a pensé à l’emmener ici voir son moulin. A l’époque, pour la voir nous sommes allés à Bonne Mère drapeaux en main.”

Les ruines de l’ancienne usine sucrière

Sentiment d’appartenance

A l’entrée du village, une chapelle, des plantations de légumes et de nouveaux morcellements. La rue principale est un peu animée en ce début d’après-midi avec la sortie des classes. Des vans scolaires et quelques parents sont venus récupérer les enfants. En prenant la route à droite de l’école primaire, quelques centaines de mètres plus loin, nous arrivons sur le pont Mare aux Fougères, construit en 1960 et rénové en 2013. De ce pont cinquantenaire, nous apercevons le conseil du village qui est un bâtiment luxueux et moderne abritant, entre autres, une salle de conférence, un gymnase et des salles de jeux.
Bien que sa construction date de quelques années, c’est l’un des derniers développements du coin. En longeant la rivière qui sépare le bâtiment du jardin d’enfants, des plantes rares et des orchidées sauvages attirent les regards.

L’affluence dans cette partie de La Queen reste très faible à l’heure où nous y sommes. En repartant vers le terrain de foot, Soodesh Aubeeluck, 54 ans, nous explique que les jeunes ne disposent pas autant d’activités. “Même si la pelouse de ce terrain de foot est bien entretenue, les jeunes n’en profitent pas comme il le faut”. Et comme la région recèle de rivières et de parcours de randonnées, “Certains préfèrent s’adonner à des activités en pleine nature”, rajoute le quinquagénaire.

S’agissant des troisièmes âges, si les jeux de société comme le domino et la pétanque font passer le temps, “Nous préférons encore plus nous réunir pour discuter et bavarder des aléas de notre quotidien”, avance Pem, un retraité que nous rencontrons sous un arrêt d’autobus. Dans son groupe composé majoritairement de seniors, ils guettent les rares passages sur la route principale. “Nous nous connaissons depuis notre enfance. Nous avons vu notre village changer d’année en année. Et même si le développement n’est pas aussi rapide nous sommes attaché à ces terres.” Comme beaucoup d’autres, ils ont un sentiment d’appartenance à ce village ou l’atmosphère est convivial et l’air est pur.

Respire la tradition

Le village respire aussi la tradition avec le bhojpuri que nous pouvons entendre de temps à autre dans la rue. Les villageois cultivent aussi leurs petites habitudes. Comme cette grand-mère assise en face de sa maison, chenille en main, occupée à pincer les gousses d’haricots zantak pour en extraire les graines. Un peu plus loin, dans cette même rue située non loin des ruines d’une vieille concasseuse, les habitants font aussi montre d’une belle créativité. L’attention des passants est captée par un parterre d’arbres miniatures cultivés en pot dans un jardin. Nous y rencontrons Deven Narayana Pillay qui s’adonne à la culture du bonsaï depuis quelques années. Employé dans un établissement hôtelier du nord, c’est pendant son temps libre que le trentenaire s’occupe de ses plantes. “De la plantation de l’arbuste à nanifier, à son entretien en passant par la coupe et l’arrosage, ce sont des plantes qui demandent énormément de soins et de temps”. Son activité commence d’ailleurs à se faire connaître au-delà de La Queen, grâce aux réseaux sociaux.

Les habitants de La Queen ont un sens d’appartenance
Anoj Ramphul est un jeune très fier de son village
Les rives de la rivière sont riches en orchidées sauvages