Les Salines de Port-Louis revêtent un cachet historique important. Son jardin, autrefois un lieu mondain, le cimetière de l’ouest où reposent des grands de l’histoire, sont chargés de souvenirs de notre passé commun. Depuis 2009, la région abrite l’embarcadère Christian Decotère où transitent de nombreux navires. Les habitants disent eux aimer leur localité tout en décriant le manque de loisirs.

Les Salines à Port-Louis est un lieu chargé d’histoire. La région abritait jadis des salines, d’où le nom. “Je suppose que ces salines devaient se trouver là où est l’embarcadère Christian Decotère. On y pompait l’eau de mer manuellement et on la faisait s’évaporer sur des couches successives”, indique Yvan Martial historien. Cet embarcadère, a été transformé en cruise terminal en 2018 et accueille régulièrement de gros navires. Non-loin de là, c’est la plus grande pagode de l’île qu’on peut découvrir, la pagode Kwan Tee inaugurée en 1842.

Pleasure Ground.

La région abrite également le jardin St Edward Hart communément appelé jardin des Salines. Autrefois, ce lieu s’appelait le Pleasure Ground où étaient souvent organisées des kermesses. On pouvait, depuis le jardin, admirer des compétitions de régates de même que la rade et ses mouvements des bateaux. “C’était vraiment le jardin mondain par excellence”, souligne Yvan Martial. Désormais, ce sont les pique-niqueurs, les joggeurs et les couples qui viennent profiter de cet havre de paix et sa grande végétation.

Par contre, certains s’y livrent à des activités illicites selon les dires d’Anwar Chokory, bénévole qui s’occupe du temple musulman. Il dénonce la chasse aux pigeons dont il se dit souvent témoin. “Ils attrapent les pigeons à l’aide de pièges en pleine journée. Ils les revendent ensuite à Rs 100 chacun. Je trouve cela déplorable. La police est au courant, je les ai souvent vus les poursuivre mais sans jamais arriver les attraper.” Une promeneuse nous confie elle craindre pour le bien-être des tortues qu’abrite le jardin. “Les employés viennent leur donner à manger mais préfèrent leur donner de l’herbe et des feuilles plutôt que les légumes abîmés qu’on trouve facilement au marché. Sans compte que le parc n’est pas bien entretenu.”

Panthéon.

Plus loin, on passe devant le Cimetière de l’ouest où reposent de grands hommes tels que Raoul Rivet, Leoville L’homme et Louis L’échelle. “C’est notre panthéon”, confie Yvan Martial. Et d’ajouter que “cCétait le cimetière, jusqu’aux années 1900, où toutes les grandes familles avaient leurs tombent. Ensuite, ça s’est agrandi. Il y a eu une section chinoise et plus loin une section musulmane près de Cassis.”

Non-loin du cimetière, on rencontre Carl Malais et Louis Sylvain Laboudeur qui écoutent la radio en papotant. Ces deux tombalistes confient adorer leur endroit mais dénoncent le manque de loisir notamment pour les jeunes. À quelques mètres d’eux, nous tombons sur un caveau renfermant une statue du Père Laval et qui est ouvert au public.

Tranquillité.

Dans le centre, où se trouve une partie des habitations, on est quotidiennement accueilli par le marchand de coco, d’achards et de piments confis. Assis derrière ses étales, le sexagénaire arrondi ses fins de mois grâce à ces ventes tout en profitant de sa retraite. Lui qui habite la région depuis 50 se réjouit de sa tranquillité actuelle. “Auparavant il y avait souvent des bagarres, aujourd’hui, cela a cessé.” Selon lui, cela fait suite à une migration.

À touché de son étale, on ne peut que s’extasier devant le Snack Tantine. Un véritable monument qui date de plus de 100 ans. Dhaneesh Ramasamy, tient la caisse en l’absence de son père qui gère les lieux après en avoir hérité e sa tante. “C’était un tabagie qui s’est ensuite développé en snack”, dit-il fièrement.