Le lagon de Mahebourg regorge de sites de plongées. L’un d’eux, Trou Moutou, est un véritable aquarium naturel où se côtoient de nombreuses espèces marines. Nous y sommes allés plonger, accompagnés des moniteurs du Blue-Bay Divers Diving Centre, au coeur de ce site où la vie sous-marine foisonne où dont les différents paliers de profondeurs sont idéales pour les débutants.

Une combinaison de plongée, une bouteille d’air comprimé sur le dos, une ceinture de plombs autour de la hanche, un gilet stabilisateur sur les épaules, un détendeur dans la bouche, un masque sur le visage et des palmes aux pieds, nous prêt pour cette expédition dans les eaux claires du site de plongée Trou Moutou situé non-loin de l’île aux Aigrettes dans le lagon de Mahebourg. Accompagné des moniteurs Rex Collimalay, Alexandre Latour et Christophe Vudapanaicken – ainsi que d’un petit groupe qui est en train d’être formé à la plongée -, nous nous incrustons au milieu d’innombrables espèces marines.

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Aquarium forgé par la nature.

Dès les premières secondes, alors que nous entamons les pentes nous univers merveilleux où règne la quiétude nous accueille. Tant et si bien qu’on oublie presque la basse température de l’eau. Chaque palier de profondeur revêt son lot de vie. 2 mètres puis 3, puis 4, nous irons jusqu’à 6 mètres en-dessous de la surface de l’eau comme le stipule les règles pour les débutants. Au fur et à mesure que l’on descend en profondeur, la pression augmente causant des douleurs aux oreilles. Un petit coup d’expiration en se serrant le nez pour équilibrer la pression et nous voilà de nouveau d’aplomb pour poursuivre la visite.

Cet aquarium forgé par la nature offre un spectacle grandiose, un ballet de poissons aux couleurs différentes qui sillonnent le site. Les formes se distinguent au loin et se dévoilent progressivement. On y trouve des bancs de lutjan à barre bleu (madras), des bancs de poissons flûtes et leurs corps élancés, des bancs de rougets et des bancs de barracudas, entre autres espèces. Des tortues marines sont parfois visibles.

Cohabitation et harmonie.

Les nombreux coraux offrent un refuge crucial à de nombreux poissons et autres espèces. Certains sont en solitaire comme ce poisson perroquet qui bécote un corail, ce labre aux couleurs affriolantes à l’affut des algues posées sur les coraux, ce madame-tombé qui s’enfuit à notre vue, ce poisson licorne qui circule librement ou ce mérou faraud et sa peau bleue foncée agrémentée de nageoires jaunes. Un bénitier est même visible, agglutiné à un corail. Autour de ces habitats, rodent des thumprint emperors, plus connus chez nous comme les batardés, disséminés ici et là et qui semblent en chasse.

Chaque corail est colonisé, parfois par des espèces différentes. Une cohabitation qui est sans doute la clé de l’harmonie qui régne en ce lieu. Mais cette quiétude apparente est de temps en temps perturbée par des apparitions soudaines. Comme celle d’une becune qui disparait aussi rapidement qu’elle est apparue à quelques mètres de nous. La présence de ce prédateur éloigne illico tous les petits poissons qui se réfugient dans les coraux qui leur servent d’habitats.

Des bouquets de fleurs gesticulants au gré des courants.

Quant au petit poisson clown, vêtu de sa belle robe noire et ses raies de différentes colories, il n’en a cure de tout ce remue-ménage. Et pour cause, sa maison a lui est bordée d’anémones dont les tentacules jaunes sont venimeuses pour de nombreuses espèces. Ces dernières sont présentes en grand nombre sur le site. Sur un des gros coraux, elles sont une demie douzaine à s’être installées, tels des bouquets de fleurs gesticulants au gré des courants.

Non-loin de là, une rascasse volante longe le sable donnant l’impression de s’adonner à une petite marche avec ses nageoires grandes ouvertes autour de lui. Outre les espèces marines, nous découvrons également des statuettes, sans doute coulées par les Mauriciens de foie hindoue à l’occasion du Durga Puja. Parmi le décor également, une vieille bicyclette qui s’est transformée en récif artificielle sous laquelle nous retrouvons un groupe de balibots rayés (masouran) dont les épines peuvent causer bien des douleurs.

Curiosités.

Nous y rencontrons également certaines curiosités, des espèces étranges comme ce ver de mer qui ressemble une fleur et qui se rétracte dans sa carapace longiligne quand se sentant menacé. Plus loin, où le sol est plus sablonneux, des monticules attirent notre attention. Tels des volcans, ils arborent au sommet un trou. Nous apprenons qu’il s’agit là de vers marins qui habitent eux aussi Trou Moutou. Il n’est pas rare également de tomber sur une crevette d’anémone entre les tentacules de cette dernière, des nudibranches et autre poisson pegasus.

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Après une quarantaine de minutes, qui nous ont semblé bien plus courtes, nous voilà déjà à proximité du bateau de laquelle nous avons plongé. Nous sortons de l’eau la tête remplie de merveilleux souvenirs et l’envie irrépressible d’y revenir.