« Il faut faire un effort national de vacciner 80% de la population avant le 1er octobre sans oublier les personnes âgées et celles qui souffrent de comorbidité.» C’est ce qu’a fait ressortir Xavier Duval, hier, lors de la conférence de presse du PMSD à Astor Court. Toujours à propos de la réouverture des frontières, le leader de l’opposition plaide pour « un effort national afin de vacciner 80% de la population avant cette date. » Commentant la PNQ axée sur le naufrage du Wakashio, mardi dernier, Xavier Duval a évoqué « la désinvolture et l’inaction » du gouvernement sur ce dossier. «  Un an après le naufrage du Wakashio dans nos eaux territoriales, rien n’a été fait » , dit-il, avant d’évoquer le scandale de pédophilie qui ébranle Rodrigues, en souhaitant qu’une équipe d’enquêteurs de Maurice y soit dépêchée pour mener à bien cette enquête. Il a conclu sur la nomination d’Anil Kumar Dip comme commissaire de police p.i. « Ce job est à la merci du gouvernement », dit-il, avant de lui lancer un appel : « Malgré la situation précaire de votre emploi, faites votre travail selon la Constitution. »

Xavier Duval a brossé un tableau de la situation relative à la campagne de vaccination en marge de la réouverture des frontières dans 53 jours. « L’objectif du gouvernement d’atteindre une population vaccinale à 60% ne suffit pas. Prenons l’exemple de l’Angleterre. En dépit du fait que 75% de sa population a reçu une deuxième dose de vaccin, ce pays a mis certains pays sur une liste rouge dont les passagers ne peuvent avoir accès à son territoire », souligne le leader des bleus. C’est la raison pour laquelle il demande au gouvernement de faire un effort pour administrer le vaccin à 80% de la population et de maintenir des passagers venant des pays à risques sur une liste rouge. « Au même titre que la quarantaine, car le danger nous guette compte tenu des nouveaux variants. Si les précautions nécessaires ne sont pas prises, ce sera une situation désastreuse pour notre économie », soutient Xavier Duval, qui se prononce en faveur de l’application du pass sanitaire.

Le leader du PMSD n’est pas allé avec le dos de la cuillère au moment d’évoquer sa PNQ sur la gestion de l’après-Wakashio, adressée mardi au vice-Premier ministre et ministre des Collectivités locales, Anwar Husnoo. « Je suis choqué. Le ministre a été à côté de la plaque. En tant que responsable du National Disaster Risk Committee, Anwar Husnoo a prouvé être d’une totale nullité sur le dossier. Est-ce que la zone concernée a été délimitée pour éviter un nouveau naufrage ? Non. Y a-t-il eu l’achat de lifeboats et d’un nouveau remorqueur ? Non. Ces faits n’augurent rien de bon et me font penser qu’aucune mesure n’a été entreprise pour éviter un Wakashio bis un an après la catastrophe de la marée noire », soutient Xavier Duval, qui ajoute sur le ton de l’ironie : « Le Premier ministre n’est-il pas devenu la risée du monde entier sur cette affaire, d’autant que sa connexion d’internet avait même été interrompue pendant que la chaîne BBC le questionnait. Il y a d’autres bateaux en difficulté qui ont été aperçus ces derniers temps au large de nos côtes. Le danger est réel et présent, mais le danger est ignoré par le gouvernement de Pravind Jugnauth. »

« Commissaire poupet »

Xavier Duval suggère par ailleurs l’institution d’une enquête indépendante pour faire la lumière sur le scandale de pédophilie qui défraie la chronique actuellement à Rodrigues. « Elle doit être menée par des enquêteurs et voire de limiers basée à Maurice. Rodrigu enn ti lil kot tou dimoun konn tou dimoun. Voilà pourquoi la réputation de l’île est en jeu et cela a des effets sur les enfants », dit-il.

Depuis la semaine dernière, le pays compte un nouveau commissaire de police p.i en la personne d’Anil Kumar Dip. Xavier Duval s’est appesanti sur cette nomination dans sa conférence de presse en lançant un appel au principal concerné : « Qu’il fasse son travail d’après les règles de la Constitution et pa kouma enn poupet du gouvernement ». Le leader des bleus s’appuie sur les méthodes adoptées par le gouvernement pour justifier sa demande. « Nous voyons tous les jours la tentative du gouvernement de détruire les postes constitutionnels du pays. C’est la première fois dans l’histoire de Maurice que des documents officiels concernant une grosse dépense de Rs 19 milliards pour les caméras Safe City ont été refusés au directeur de l’Audit. C’est aussi la première fois également que le poste de commissaire de police est à la merci du gouvernement. Le nouveau commissaire de police par intérim est là uniquement pour le bon vouloir du Premier ministre. À n’importe quel moment, ce commissaire peut sauter et avec l’idée derrière d’offrir le poste à un commissaire de police poupet », avance Xavier-Luc Duval.

Répondant à une question de la presse, Xavier Duval a soutenu que « le commentaire du président seychellois, Wavel Ramkalawan, selon lequel son Parlement est beaucoup plus civilisé que l’Assemblée nationale de Maurice est en partie vrai. Comment ne pas s’offusquer lorsque des députés et des ministres manigancent pour éviter des questions embarrassantes. Le président seychellois a certainement pris note des propos infects du Speaker. »