« La loi, telle qu’elle est, prévoit déjà un tribunal qui peut examiner les délits au nom des utilisateurs des réseaux sociaux. L’ICTA, en tant que régulateur indépendant, ne devrait pas être utilisée pour censurer les réseaux sociaux. » C’est ce que considère le président de la Consumer Advocacy Platform (CAP), Mosadeq Sahebdin. Il estime qu’il est temps que « les citoyens expriment leur opposition face aux propositions du Consultation Paper sur les modifications à la loi sur les TIC ».

La plateforme se dit « contre les projets du gouvernement de donner plus de pouvoir à l’ICTA pour censurer les réseaux sociaux ».

Se basant sur le Consultation Paper, la CAP rappelle qu’il est proposé de mettre en place un National Digital Ethics Committee avec une unité « ayant le pouvoir de supprimer et censurer des publications sur les réseaux sociaux ». Et, pour faire fonctionner ce plan, poursuit Mosadeq Sahebdin, le document propose de permettre au gouvernement « de mettre en place un “proxy” pour le trafic internet entrant et sortant de Maurice, le trafic des réseaux sociaux, qui devra ensuite être décrypté, rechiffré et archivé pour “segregate from all incoming and outgoing internet traffic in Mauritius, social media traffic, which will then need to be [decrypted, re-encrypted and archived] for inspection purposes as and when required inspection” ».

Or, selon lui, la proposition d’un tel Ethics Committee ne sera qu’une pure « police des pensées pour contrôler nos points de vue comme cela a déjà été soulevé par certains ». Et d’ajouter : « Le gouvernement semble être indifférent à l’affirmation de V-Dem selon laquelle Maurice s’est engagée sur une dangereuse pente vers l’autocratie. »

Mosadeq Sahebdin dit laisser à l’imagination de la population de deviner « qui sera nominé sur ce soi-disant comité d’éthique » dans un pays où « a political crony, whose main interest is in gaming machines, can be appointed CEO of a highly scientific body ». Et de se demander si c’est bien le rôle de l’ICTA, en tant que régulateur, de faire de la censure. « La loi, telle qu’elle est, prévoit déjà un tribunal qui peut examiner les délits au nom des utilisateurs des médias sociaux. L’ICTA, en tant que régulateur indépendant, ne devrait pas être utilisé pour censurer les réseaux sociaux. »

La CAP attire l’attention sur ce qu’il considère être « un sujet de préoccupation que l’ICTA se propose de pouvoir supprimer et censurer les publications sur les réseaux sociaux ». Selon le document, cela aidera à lutter contre la cybercriminalité en permettant au gouvernement de conserver un registre des publications sur les réseaux sociaux et de retrouver qui les a publiées. « Le temps est venu pour les citoyens d’exprimer leur opposition à ces propositions », dit-il.