Le pays a subi en cette année horribilis deux catastrophes, l’une sanitaire et l’autre écologique, suivant respectivement la pandémie de la Covid-19 et le naufrage du Wakashio dans les eaux du sud-est. Plongésdans ces crises, les Mauriciens dans leur diversité et de tous bords, ont fait montre d’une discipline remarquable et d’une solidarité à toute épreuve, n’hésitant pas à prendre des risques pour sauver l’environnement ainsi que les plus démunis d’entre eux, ceux qui ont été le plus impactés par les répercussions de ces deux catastrophes. Bien sûr, il faut au premier chef saluer les frontliners qui ont risqué leurs vies pour nous. Mais au final, s’il fallait désigner un Mauricien de l’Année 2020, cette palme doit être octroyée à l’ensemble de la population de la République de Maurice…
Cela dit, il faut reconnaître que nos gouvernants ont pris leurs responsabilités en évitant au pays le pire face à la pandémie de la Covid-19. Aussi, tentent -ils de retarder le plus possible un chômage plus massif inévitable en usant d’une importante somme des fonds de la réserve de la Banque de Maurice pour soulager, dans une certaine mesure, le peuple affecté par la pandémie et pour mettre à la disposition des entreprises des fonds pour résister et peut-être se relancer.
Paradoxalement, la popularité du gouvernement, toujours enchaîné par les doutes entourant sa victoire aux dernières élections générales, continue à s’éffriter. Et pour cause. Le crash volontaire d’Air Mauritius, ces Emergency Procurements octroyés aux proches du pouvoir alors que la population se morfondait chez elle, et que le Wakashio, devant l’inertie initiale de dirigeants du pays, déversait de l’huile lourde sur nos côtes, sont la goutte d’eau qui a fait déborder le trop plein des consiciences silencieuses. Pas étonnant qu’un inconnu au bataillon, Bruno Laurette, ait pu engendrer une marche citoyenne à Port-Louis qui a rassemblé plus d’une centaine milliers de Mauriciens, qui sont venus dire ses quatre vérités au gouvernement en place, avec le slogan culte du “bour li déor”. Le PM visé au premier chef a même pris la mouche lorsque le Cardinal Piat lui a fait comprendre qu’à Maurice tout n’est pas pour le mieux dans le meilleur des mondes.
Cet affaiblissement du pouvoir a fait naître le repli identitaire qui n’a pas suffi pour occulter les “affaires” qui continuent à coller à la peau des dirigeants du pays avec le DPM Collendavelloo  révoqué par le PM, lui même empêtré dans l’affaire concernant sa résidence à Angus Road avant que n’éclate le suicide allégué, devenu meurtre, d’un de ses agents au N°8 qui a aussi entraîné son ministre du Commerce, Yogida Sawmynaden, dans la tourmente avec une sordide affaire d’emploi fictif qui l’emmenera au tribunal à la veille des fêtes de fin d’année. Décidemment 2020 est une Annus Horribilis!

Janvier : Le Metro Express passe le cap des 15 000 passagers par jour

  • Décès de Gaëtan Montenot, ancien directeur technique du Mauricien,
    un professionnel hors pair

-Dans son traditionnel message du Nouvel An aux Mauriciens au soir du 1er janvier, le Premier ministre. Pravind Jugnauth, a invité ceux qui «tentent de faire accroire que les dernières législatives du 7 novembre étaient truquées » à «accepter le verdict populaire avec dignité», tout en rappelant que des observateurs internationaux ont félicité le pays et surtout la Commission électorale pour ces “free and fair elections”.

-L’année commence mal chez les Rosun, de Bord-Cascades, Henrietta, dont l’un des membres, Bhavish, âgé de 22 ans, est abattu lors d’une intervention policière, alors que ce dernier s’en prenait violemment, armé d’un sabre, à son épouse Sheena et à son bébé d’un an, Ruhan, qui sera hospitalisé avec une lacération de 16 centimètres à la tête nécessitant dix points de suture. Un drame qui mène les parents de Sheena Roshun à se demander: «Ki ti pou arrivé si lapolis pa ti intervenir?»

-Sur l’échiquier politique, après la débâcle aux dernières élections générales des partis de l’opposition, c’est regroupés que le PTr, le MMM et le PMSD vont affronter, à l’initiative des leaders du PTr et du MMM, le gouvernement constitué par le MSM et ses alliés, le ML, les plates-formes Obeegadoo, Ganoo et Kavi Ramano.

-En dépit du désaccord profond entre Londres et Port-Louis sur la souveraineté des Chagos, Boris Johnson a transmis une invitation officielle à Pravind Jugnauth pour le sommet consacré à la promotion des investissements entre l’Afrique et la Grande-Bretagne sous le thème “Partners in Prosperity” .

-En l’absence du Premier ministre Pravind Jugnauth et du Deputy Prime Minister Ivan Collendavelloo, le premier en mission à Londres en vue du UK-Africa Investment Summit et le second à Abu Dhabi à la World Future Energy Summit, il échoit à la numéro 3 du gouvernement, Leela Devi Dookun-Luchoomun, d’assurer la suppléance au poste de Premier ministre, ce qui constitue une première politique en soi.

-Alors que du côté de l’opposition PTr/MMM/PMSD l’on évoque avec insistance le boycott de la lecture du discours-programme du gouvernement de Lalians Morisien qui sera prononcé par le président de la République Pradeep Roopun le vendredi 24 janvier, l’opinion publique doute qu’en la conjoncture, la politique de la chaise vide qui a longtemps fini par lasser la population soit la meilleure à adopter, alors qu’au sein du gouvernement on prend un malin plaisir à dire que s’il y a boycott autant suivre la logique en ne participant pas aussi aux débats qui suivront à l’Assemblée nationale sur le discours-programme.

-Au chapitre de la politique politicienne, on suit avec intérêt le remplacement de Showkutally Soodhun, qui vient d’être nommé ambassadeur de Maurice auprès du royaume saoudien, à la présidence du MSM. La rumeur veut que la conjoncture se prête à une operation-séduction auprès d’un électorat particulier dans la perspective du choix d’un nouveau président, ce qui confortera l’objectif à moyen terme de faire du MSM le seul vrai parti national.

-Week-End annonce en une le décès de Gaëtan Montenot, ancien directeur technique du Mauricien, un professionnel hors pair dont la constance au travail était comparable à la fidélité de l’aiguille de la boussole au pôle et qui, pendant presque un demi-siècle, a su attirer le respect et l’admiration de tous ses collègues de bureau.

-Le Premier ministre, Pravind Jugnauth, qui se trouve dans la capitale anglaise depuis le 10 janvier en marge du UK-Africa Investment Summit, sera reçu le lundi 20 janvier par son homologue britannique Boris Johnson avec au menu le dossier des Chagos et l’état des relations diplomatiques entre les deux pays et en filigrane le Brexit ou la sortie prochaine de la Grande-Bretagne de l’Union européenne.

-Roshi Bhadain joue à quitte ou double dans une attaque frontale du Reform Party à l’encontre de l’Electoral Supervisory Commission et du commissaire électoral dans une demande de Judicial Review à l’effet que les résultats du scrutin suivant les élections générales du 7 novembre “be quashed, reversed or set aside”.

-Après la période d’hibernation en raison de la campagne menant aux élections générales du 7 novembre et la période de fin d’année, la Banque mondiale compte mettre les bouchées doubles pour boucler l’élaboration du nouveau Country Economic Memorandum, un document de base qui propose une “Road Map to guide Mauritius strategies, actions and policies” pour les cinq prochaines années.

-Un mois après l’apparition du coronavirus en Chine — le nombre de personnes contaminées ayant dépassé le millier et 41 personnes ayant succombé, et au vu de la propagation à l’international, avec notamment trois cas confirmés déjà en France et un autre en Australie, deux aux Etats-Unis et trois en Malaisie –, les mesures de précaution sont renforcées à Maurice (c’est ainsi que huit passagers, dont six en provenance de la province chinoise de Wuhan, la source du virus, et deux autres en provenance de Beijing ont été placés en quarantaine.

-A l’occasion du 71e Republic Day, l’Inde octroie à l’ancien Premier ministre et ministre mentor, Sir Anerood Jugnauth, la plus haute distinction indienne, le Padma Vibhushan, “one of the highest civilian awards of India” pour “exceptional and distinguished service”.
Après son entrée en opération effective, le Metro Express passe le cap des 15 000 passagers par jour, excluant des étudiants ou autres bénéficiaires du transport gratuit, voyageant avec leur bus pass traditionnel, alors que l’entrée en vigueur du Uniform Fee de Rs15 pour les autobus navettes,avec un discount de Rs 5 sur le ticket du Metro Express, est prévue pour le 1er mars.

-Alors qu’en marge de l’UK-Africa Investment Summit, le dossier des Chagos a été abordé lors d’une rencontre entre le Premier ministre, Pravind Jugnauth, et son homologue britannique, Boris Johnson, l’on se contente de parler de unfinished business entre Maurice et le Royaume-Uni sur la question de contrôle et de souveraineté des Chagos, de se la jouer “diplomatically safe” dans l’attente du rapport du secrétaire général des Nations Unies, Antonio Gutteres, au sujet du délai de six mois alloués à la Grande-Bretagne pour évacuer les Chagos sans condition.

-Toujours à l’ONU, le Human Rights Committee de Genève procédera à un ‘Assessment’ des mesures prises par le gouvernement pour éliminer l’obligation de la déclaration ethnique des candidats aux élections générales (à souligner que Rezistans & Alternativ conteste cette obligation.

Février : L’impact économique du coronavirus sur Maurice se profile

  • Consécration de Mgr Sténio André en tant que 16e évêque de Maurice

-Dans le cadre du 185e anniversaire de l’Abolition de l’esclavage, le point saillant des activités de commémoration a été l’inauguration d’une réplique de l’ancien village d’esclaves de Trou-Chenille au pied de la montagne emblématique du Morne, en présence du Premier ministre, Pravind Jugnauth, et de l’invité d’honneur de l’Etat mauricien, le ministre de la Culture et de la Communication du Sénégal, Abdoulaye Diop.

-L’Intercontinental Slavery Museum (ISM) Mauritius, société à capitaux publics présidée par Jean Maxy Simonet et comprenant six directeurs, qui vient d’être incorporée, aura pour vocation de faire aboutir le projet de Musée Intercontinental de l’Esclavage, musée qui sera abrité dans les murs de l’ancien hôpital militaire construit au 18e siècle  sous Mahé de Labourdonnais dans la zone portuaire.

-Avec ses 167 kilos, Pascale Desvaux, figure bien connue à ‘Lekol Madam Desvaux’  à Saint-Hilaire,  vivait l’enfer jusqu’à ce qu’elle a opté pour une réduction de l’estomac en Clinique pour retrouver une vie plus saine et perdre 61 kilos en un an.

-Maurice intensifie les mesures face à la menace du coronavirus (en Chine, l’épidémie a passé le cap de 250 morts) — introduction des reagent kits venant d’Afrique du Sud pour des tests en laboratoire de la Santé, identification des points supplémentaires au passenger terminal de Plaisance pour l’installation des caméras thermiques, accord avec la France pour le rapatriement de 13 Mauriciens, soit 12 adultes et un enfant de Wuhan en Chine, suspension de l’émission de nouveaux permis aux travailleurs chinois jusqu’à nouvel ordre.

-Une mission du FMI qui sera dirigée par un nouveau chef en la personne de Lennart Erickson, et comprenant Sandesh Dhubgana et Ms Ljubica Dordevic, abordera, entre autres principaux dossiers, la dette publique, la pension et les transferts de la Banque de Maurice au gouvernement, notamment l’épisode de Rs 18 milliards sans oublier les projections de la croissance pour 2020 et 2021.

-La Cour suprême s’apprête à entendre l’affaire opposant l’Independent Commission Against Corruption (ICAC) à la Financial Services Commission (FSC) autour du rapport du Special Investigator Kritinand Taukoordass sur l’OPA (offre publique d’achat) du New Mauritius Hotels (NMH) où les protagonistes sont accusés d’avoir enfreint les dispositions de la loi régissant le secteur des services financiers.

-L’impact économique du coronavirus sur Maurice se profile avec en ligne de mire une baisse de 44 000 touristes venant de Chine, entraînant une chute des recettes brutes potentielles de Rs 2 milliards en une année, un manque à gagner de 5% sur les sièges-avion avec l’annulation de la desserte d’Air Mauritius sur la Chine et Hong Kong, et le spectre d’un taux de croissance davantage proche de la barre des 3% que des 4%.

-Avec la décision des autorités de renforcer les mesures sanitaires face au Coronavirus et de placer en quarantaine tous les citoyens mauriciens qui reviennent de la Chine, un deuxième centre, après celui de l’hôpital de Souillac, a été ouvert à Anse la Raie (le Anse la Raie Youth Centre).

-En pleine épidémie de coronavirus, aujourd’hui connue sous le nom de la Covid-19, qui sévit en Chine depuis le début de l’année, une Mauricienne, Summayah Hosany, âgée de 31 ans, en dépit des risques qu’elle encourt, participe au contrôle de la propagation du coronavirus en Chine et lutte contre la diffusion de ‘fake news’ (infodémie) dans le monde (professionnellement, son époux, le Pakistanais, Hamad Abdul Zahir, et elle font partie d’un groupe de médecins volontaires engagés dans le contrôle de la propagation du virus dans des opérations de détection sur des passagers aux principaux points de péage dans la ville de Wenzhou, dans la province de Zhejiang).

-Devant le comité des droits de l’homme à l’ONU, Rezistans & Alternativ fait le procès du gouvernement mauricien: Maurice y est présentée comme une ‘rogue State’ car “the three-quarter majority was objectively easily attainable”, avant le 6 novembre 2019 pour éliminer l’obligation de “community-based declaration” des candidats aux législatives du 7 novembre 2019.

-Les auditions autour de l’affaire de la NMH se heurtent à une motion stratégique de l’ICAC objectant à la présence de NL, Rogers er Swan Aux côtés de la FSC: “The involvement of the third parties in the present matter will allow them at this stage to peek into the investigation where they themselves could be potential witnesses or suspects”, ce à quoi ce trio répond: “L’enquête du Special Investigator  Kriti Taukoordass a cause un préjudice grave aux third parties, à leur réputation, à leurs employés et  à leurs intérêts commerciaux, notamment par sa fuite immédiate et illégale.”

-Le Jour J est arrivé en ce dimanche 23 février pour la consécration de Mgr Sténio André en tant que 16e évêque de Maurice, exercice qui se déroule à la cathédrale St James devant pas moins de treize consécrateurs, dont Mgr Ian Ernest, directeur du centre Anglican au Vatican et des évêques des diocèses de l’océan Indien, du président p.i. de la République Eddy Boissézon et des dirigeants du  gouvernement, dont le Premier ministre Pravind Jugnauth et le Premier minstre adjoint Ivan  Collendavelloo.

-L’avion Le Dornier de la National Coast Guard, sollicité pour le transfert en urgence d’un blessé grave à Agalega, n’a pas reçu l’aval des autorités à cet effet qui évoque le mauvais état de la piste: “Due to  prevailing conditions of the runway at Agalega, it is not safe for the Dornier aircraft to undertake flying operations”, mais fort heureusement l’OIDC a obtenu l’aide se l’Islands Development Corporation des Seychelles pour l’évacuation du blessé vers le service hospitalier seychellois, d’où il sera envoyé à Maurice, et parallèlement  des travaux d’aplanissement ont été entrepris pour rendre lisse la piste d’atterrissage agaléen.

-L’Association Sarah, fondée par Marianne Sarah Vieilesse, la première du genre à Maurice, se propose, avec le soutien des professionnels du monde médical, légal, entre autres, d’accompagner bénévolement des personnes victimes, rescapées et proches, dont la vie a été bouleversée après un accident de la route.

Mars : Covid-19: vendredi 20 total lockdown !

  • Week-End rend hommage à son ancien rédacteur en chef, Gérard Cateaux

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-Le spectre du coronavirus continue d’impacter sur Maurice suite à l’interdiction de toute entrée de Chine et d’Italie qui représentent 10% du marché touristique mauricien, avec un potentiel de 100 000 touristes et le Chinois de loin le plus dépensier, soit Rs 56 200 par séjour, et face à une situation mondiale de plus en plus compliquée le pays est bien obligé d’établir un plan d’action nationale face à une éventuelle détection de la covid-19 sur le sol mauricien.

-Tout en évitant le terme “Grey List” de la Financial Action Task Force (FATF) appliqué à la juridiction mauricienne depuis la fin de la réunion de Paris du vendredi 21 février, le ministre des Services Financiers Mahen Seeruttun concède que Maurice dispose d’un délai expirant en septembre 2021 pour se mettre en conformité avec les exigences de la FATF et se permet même de dire que Maurice compte honorer ces “high level commitments” au plus tard en décembre.

-Avec en toile de fond une requête formulée par le Premier ministre adjoint Ivan Collendavelloo quant à la possibilité d’un outrage à l’Assemblée nationale de la part d’un huissier de la Cour suprême en tentant, le 2 décembre 2019, de lui servir une convocation, requête à laquelle le Speaker a accédé, ce qui a provoqué l’ire de l’opposition, et la situation dégénérant le leader de l’opposition Arvin Boolell et le Whip de l’opposition Shakeel Mohamed ont été expulsés de l’hémicycle, suivi, par solidarité, par d’un walk-out de toute l’opposition.

-A la recherche d’un antidote économique face à la Covid-19, les premières esquisses des “coronavirus mitigating measures” sur le “cash flow” et les “working capital requirements” des opérateurs économiques sont évoqués à la Banque de Maurice, alors que le ministre des Finances, Renganaden Padayachy, s’apprête à dévoiler un plan de soutien aux opérateurs économiques de divers secteurs affectés par la pandémie de la Covid-19.

-En ce qui concerne le dépistage du coronavirus, Maurice dispose de ses propres moyens pour le faire – matériel adéquat, personnel formé et protégé – même si, jusqu’ici, les tests effectués, en moyenne six à huit par jour, se sont avérés négatifs, et au directeur du Central Health Laboratory, le Dr Shyam Manraj, conscient que Maurice n’échappera pas au coronavirus compte tenu de sa propagation dans le monde, d’assurer que «nous sommes parés à tout».

-Un incendie dans les locaux de Lab 51 à Pailles a fait 3 victimes – Serge Rioux (54 ans), Fabrice Maurice (23 ans) et Anouska Gokool (32 ans), ce qui fait dire au directeur de l’entreprise Yannick Lacoste: «C’est très dur et pénible pour nous tous». On aura toutefois noté deux lacunes du côté de l’entreprise – absence d’issue de secours et non-détention d’un fire certificate – qui font l’objet d’une enquête.

-Week-End rend hommage à son ancien rédacteur en chef, Gérard Cateaux, décédé le dimanche 8 mars, à l’âge de 75 ans. Il a assuré la rédaction en chef de l’hebdomadaire vingt-cinq ans durant, de 1978 à 2003. L’éditorial dominical de l’auteur de «Le Retour», ouvrage qu’il signe en 2014, était un vrai régal pour les lecteurs. «Veloma Gérard» dirons-nous, avec Jacques Rivet dans l’hommage amical qu’il lui rend dans le numéro du 15 mars 2020.

-Les 328 pages du dernier rapport de l’Audit, signé pour la première fois par Sunil Romooah pour l’exercice financier se terminant au 30 juin 2019, pourraient se résumer avec un triple D — D comme déficit des dépenses publiques de Rs 11 milliards, soit le plus haut niveau enregistré au cours de ces dix dernières années; D comme dettes publiques, crevant la barre de 65%, pour se retrouver pour la première fois à 65,3% du PIB; D comme découverts et Outstanding Loans de plus de Rs 15 milliards pour le compte des Public Sector Bodies avec en plus des Pension Deficits de Rs 22,4 milliards.

-Maurice a constitué un war chest de Rs 18 milliards en vue de contrer les effets du virus sans frontière la Covid-19 sur les principaux secteurs économiques — cette somme se partageant presque de manière équitable entre le ministère des Finances et la Banque de Maurice. Le plan de soutien du ministère des Finances (dont les Rs 9 milliards seront puisées de fonds publics, soit Rs 1 milliard du Consolidated Fund et Rs 8 milliards en provenance des public bodies) qui comporte 27 mesures ciblant principalement le tourisme, la manufacture, le commerce et les Petites et moyennes entreprises (SME) et a pour objectif d’éviter que l’économie ne s’embourbe dans un worst case scenario. A la clé, une contraction de la croissance économique, soit 3%. De son côté, la Banque de Maurice, avec son support programme, met en place un Special Relief Fund de l’ordre de Rs 5 milliards et un Special Account alimenté de quelque Rs 4 milliards libérées de la réduction du Cash Reserve Ratio de 9 à 8% imposé aux banques commerciales.

-Les opérations du Metro Express ont été momentanément interrompues dans la matinée du samedi 14 mars après que des dizaines d’employés étrangers de Larsen & Toubro, insatisfaits de certaines conditions de travail et de la qualité de repas, ont investi la voie ferrée pour bloquer le trafic dans les deux sens aux abords du QG de Metro Express à Richelieu. Au bout d’une dizaine de minutes, les ouvriers protestataires ont dégagé la voie après l’intervention notamment de soldats de la SMF affectés au dépôt de Richelieu.

-Le Premier ministre annonce les trois premiers cas de Covid-19 dans la soirée du mercredi 18 mars avant de communiquer sur le confinement total le vendredi 20 mars. Le nombre d’infectés au coronavirus passera à 14 le samedi suivant, mais entre-temps une des personnes infectées, un habitant de Roches-Brunes, âgé de 52 ans, mort dans la soirée de jeudi au service des soins intensifs à l’hôpital de Candos.

-Le premier décès lié au coronavirus à Maurice a été enregistré, celui d’un Mauricien qui revenait de Belgique, où il avait été rendre visite à ses enfants. Testé négatif à sa rentrée à Maurice le 21 février, dont l’état de santé s’était déterioré à partir du 14 mars et qui a mené à son décès dans la nuit du jeudi 19 mars (les résultats confirmant qu’il avait contracté le coronavirus sont arrivés le vendredi 20 mars à 19h).

-Au 21 mars, dans sillage de la pandémie de la Covid-19, une quinzaine d’hôtels avaient été réquisitionnés par le gouvernement pour héberger des passagers devant débarquer à Maurice durant le week-end du 21-22 mars en provenance de différents pays du monde. Ainsi, le nombre de centres de quarantaine, actuellement au nombre de quinze, approche la trentaine à ce stade.

-Face à la réticence des Mauriciens à se confiner et à observer la distanciation physique dans le sillage de la pandémie de la Covid-19, les Casernes centrales se proposent d’appliquer plus rigidement le Confinement Order à partir du lundi 23 mars pour restreindre au minimum les déplacements non essentiels sur le territoire.

Avril : Le confinement prolongé

  • Une trentaine de fonctionnaires, de même que le Premier ministre et d’autres membres du gouvernement ont été contraints à l’auto-isolement

-Le confinement sanitaire en vue de lutter contre la Virus Sans Frontière de la Covid-19 est prolongé jusqu’au lundi 4 mai, soit pour deux semaines additionnelles, suite à l’onde de choc du jeudi 9 avril avec le nombre de cas positifs avérés augmenté de 41 en 24 heures. Toutefois, avec les conditions différentes, le confinement sera levé officiellement le 15 avril à Rodrigues et à Agaléga, sauf pour les écoles et les collèges.

-Depuis le jeudi 9 avril, plus d’une trentaine de fonctionnaires, de même que le Premier ministre et d’autres membres du gouvernement ont été contraints à l’auto-isolement, vu que la Confidential Secretary du ministre de la Santé, Kailash Jagutpal, a été testée positive au coronavirus suite à des tests de dépistage la veille (durant cet auto-isolement, les principaux concernés ont dû se soumettre à des séries de tests de dépistage et participé, entre-temps, aux réunions du high-level committee sur la Covid-19 par voie de visioconférence).

-Un premier cas positif de Covid-19 a été confirmé dans le port, celui d’un marin testé positif et admis à l’hôpital ENT. Sous la pression des employés portuaires, un exercice de fumigation dans le département où était affectée la victime a été fait, mais ces employés s’attendaient à ce que le contract tracing soit effectué dans leur rang pour éviter le pire.

-Après l’annonce par le Premier ministre de la fin du confinement, Kevin Ramkaloan, CEO de Business Mauritius, a déclaré que la communauté des affaires suivra les directives du gouvernement en la matière et a souligné que Business Mauritius a une stratégie cohérente à moyen et long termes qui fait l’objet de réflexion au sein des six Covid-19 Response Committees: «Nous agirons de manière responsable et nous étudions différents scenarios de reprise qui prennent en compte les protocoles sanitaires. Cependant, nous suivrons scrupuleusement les directives de l’Etat ,que ce soit dans le cadre d’une sortie partielle ou d’une sortie complète du confinement. Pour nous, c’est cela le plus important.»

-En moins d’une heure à la mi-journée du vendredi 10 mars, à l’ENT de Vacoas, Maurice a enregistré deux nouvelles victimes de la pandémie de la Covid-19, portant le nombre à neuf depuis le premier décès survenu à l’Intensive Care Unit de l’hôpital de Candos dans la nuit du 19 au 20 mars. Parmi les victimes se trouvent Carl Ah Teck, ancien Executive Chairman de Gamma Civic, et Frédéric Sydney, un SDF qui avait été repéré dans une rue de la capitale et testé positif à la Covid-19.

-Réagissant à l’annonce du prolongement du confinement, Xavier-Luc Duval, leader du PMSD, a indiqué que «c’était inévitable», tout en espérant que cela ralentira la progression du virus sur notre territoire, alors que le leader du PTr, Dr Navin Ramgoolam, affirmait que «le contraire aurait été un crime», estimant que «sortir, même graduellement comme envisagé par le gouvernement du confinement, à ce stade ,pourrait avoir de graves conséquences». De son côté, le leader du MMM, tout en prenant note du prolongement du confinement, a sympathisé avec les familles endeuillées par la mort de leurs proches suite à la Covid-19 et les membres du High Level Committee et du National Communication Committee sur la Covid-19, actuellement en autoconfinement, tout en solidarisant avec les frontliners qui aident la population à lutter contre le coronavirus et à préserver la santé des Mauriciens.

-Anil Jeetoo, un des premiers rescapés de la Covid-19 à Maurice, a déclaré à Week-End qu’à aucun moment, il ne pouvait penser être porteur de la Covid-19, et maintenant guéri et soulagé d’en être sorti, voue une éternelle reconnaissance pour le personnel soignant: «Zot pe fer ene travay formidable. Sans zot, patient ti pou pli malad. Zot ena beauvoup patience ek compassion. Zot pe prend dimoun bien compte alors ki zot même zot à risque.»

-Avec le franc-parler qu’on lui connaît, l’ex-président de la République Cassam Uteem, au plus fort de la pandémie de la Covid-19 déclare : «La crise a fait naître des héros et des zéros…», expliquant que les héros sont ceux qui assurent les services essentiels (médecins, infirmiers, aides-soignants, officiers de police, pompiers, éboueurs, fonctionnaires qui assurent la distribution des salaires, des pensions et des allocations, des travailleurs sociaux) au détriment de leur santé et que les zéros sont ceux qui ne suivent pas les consignes et ceux qui profitent de la situation pour augmenter le prix des denrées.
Dans la soirée du vendredi 24 avril, le Premier ministre Pravind Jugnauth annonce, dans le sillage de la Covid-19, un programme de dépistage sur le plan national à l’intention de quelque 35 000 Frontliners, dont des membres du personnel de la Santé, de la police et des supermarchés, et le port de masques de protection obligatoire lors de la première phase du déconfinement en donnant l’assurance qu’il y aura suffisamment de masques sur le marché à des prix fixés par le gouvernement.

-La compagnie aérienne nationale, Air Mauritius, est placée en voluntary administration pour raison d’insolvency, décision qui a été avalisée par le conseil d’administration de cette entité parapublique, lors d’une réunion d’urgence, le mercredi 22 avril, faute d’une injection de fresh capital de la part de ses actionnaires, principalement le gouvernement, majority shareholder. Sattar Hajee Abdoula, FCA, et Arvindsingh K. Gokhool, FCCA, ont ainsi été nommés comme administrateurs. En cette période de crise due à la Covid-19, la compagnie nationale d’aviation veut se donner les moyens pour se restructurer afin d’assurer sa pérennité. «La mise sous administration volontaire est la seule façon d’empêcher la faillite », a déclaré Le PM.

-Suite à la mise d’Air Mauritius sous administration volontaire, Sattar Hajee Abdoula a expliqué que «d’emblée, il est important de souligner qu’Air Mauritius n’est pas en situation de faillite. En tant qu’administrateurs, notre objectif est de préserver les intérêts de la compagnie et surtout, repenser ses activités afin qu’elle puisse redécoller une fois la crise passée», avant d’ajouter que «la compagnie nationale d’aviation est un acteur clé de l’économie mauricienne et fait partie intégrante de notre histoire. De plus, Air Mauritius est une source de fierté pour le peuple mauricien, et il ne fait aucun doute que cette nouvelle touche tous nos compatriotes. En cette période difficile, il est essentiel que nous nous mettions rapidement au travail, avec les partenaires de cette industrie, et mettions en oeuvre les mesures nécessaires pour sauver la compagnie nationale».

-Même s’il concède que le tourisme est parmi les secteurs d’activités les plus frappés par la pandémie de la Covid-19 (à Maurice, les revenus du tourisme baisseraient par au moins Rs 40 milliards cette année), l’Organisation mondiale du Tourisme (OMT) de l’ONU veut toujours croire en la capacité de rebond du tourisme mondial, si l’on tient compte des propos émis par son secrétaire général, Zurab Pololikashvili: «Le tourisme n’a pas dit son dernier mot», l’agence onusienne ayant, dans ce contexte, formulé 23 recommandations pratiques à l’intention de ses Etats membres.

-Depuis qu’Air Mauritius a été mise sous administration volontaire, les administrateurs travaillent avec la direction afin d’assurer qu’Air Mauritius continue à fonctionner tout en élaborant un plan pour une reprise graduelle de ses opérations et de ce fait, alors que la menace de la Covid-19 plane sur le pays, Air Mauritius continuera à assurer les vols humanitaires pour rapatrier des voyageurs bloqués, incluant des Mauriciens, et pour transporter du matériel médical.

Mai — Lutte contre la Covid-19 : Trois médecins tombent sur-le-champ de bataille

  • Covid-19 : le PM annonce une reprise partielle des activités

-Le Premier ministre Pravind Jugnauth annonce l’extension du confinement face à la pandémie de la Covid-19 au lundi 1er juin tout en assortissant cette mesure d’un easing of curfew à partir du vendredi 15 mai avec la reprise graduelle de certains secteurs économiques alors que dans le secteur de l’éducation, il a été décidé que les écoles resteront fermées jusqu’au 1er août, avec une rentrée en douceur le 3 août.

-Trois médecins mauriciens tombent sur-le-champ de bataille dans la lutte contre la Covid-19 – il s’agit de trois frontliners, dont le Dr Bruno Cheong à Maurice, les docteurs Mahen Ramloll et Hassen Hossenbux en France, le premier nommé à Colmar en Alsace et le second à Saint-Denis.

-La fête du Travail a été célébrée pratiquement en mode virtuel sauf pour l’Alliance Morisien qui s’est déplacée pour des dépôts de gerbes éclair en respectant la distanciation physique et le port de masques, et une messe du Travail célébrée conjointement en la cathédrale Saint-Louis par le cardinal Maurice Piat et le père Maurice Labour où ce dernier devait émettre ce propos plein de sagesse: «Tou dimounn touse, tou dimounn menase. Dan Covid-19 pena triyaz.»

-Le chef juge Eddy Balancy est parti à la retraite mardi 5 mai, regrettant toutefois qu’une demande d’extension pour pouvoir écrire ses pending judgements (non pas comme le chef juge, mais comme  un juge) n’ait pas été entretenu, et le Senior Puisne Judge Asraf Ally Caunhye été titularisé pour le succéder le lendemain.

-Valeur du jour, faisant l’impasse sur la possibilité qu’il y ait conflit d’intérêts relevant de la  nomination des administrateurs, les créanciers d’Air Mauritius réitèrent leur confiance en ces derniers pour sauver la compagnie aérienne nationale, alors que les intéressés soutiennent qu’aucune discussion n’est en cours pour un partenariat avec une autre compagnie aérienne.

-Suite à la mise sous administration volontaire d’Air Mauritius, la nouvelle politique de réservation flexible, publiée sur le site internet de la compagnie, est toujours valable pour les clients qui ont réservé des billets ou qui détiennent des bons pour des déplacements à venir (toutefois, les clients  sont informés que la reprise des vols est sujette à une évolution favorable de la situation de la Covid-19 et à la levée des restrictions par les autorités).

-En détention provisoire depuis le 16 mars pour le délit de damaging property, Jean Hermes, âgé de 29 ans, de Cité Sainte-Claire, est retrouvé, dans la soirée du mardi 5 mai, inerte et à moitié nu avec de  profondes blessures dans la cellule No 1 à la prison de la Bastille à Phoenix où il avait été transféré de la prison de Beau-Bassin le même jour, à la suite de quoi le Major Crime Investigation Team tente de  faire la lumière sur toute l’affaire.

-L’inclusion de Maurice dans la black list par la Commission européenne de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme (AML/CFT) a été comme un coup de massue qui porte préjudice à notre Global Business Sector qui gère des avoirs d’une valeur représentant 50 fois le PIB  du pays, contribue entre 12 et 16% au PIB, génère des recettes fiscales de 6% du PIB, offre de l’emploi  à quelque 12 000 cadres avec des salaires extrêmement rémunérateurs et bénéficie des facilités bancaires, principalement en devises étrangères de Rs 78 milliards. Ce à quoi le ministre des Services  financiers a répondu: «Nous ne baisserons pas les bras pour sortir de la black list».

-Les syndicats d’employés aéroportuaires ont opposé un no-show à l’ultimatum de l’administrateur Sattar HaJee Abdoula par rapport aux MOU signés avec la compagnie Air Mauritius au sujet des  conditions de service, le premier nommé affirmant que “as per the rules and regulations laid down in their union constitution and legal advice received, the union president, secretary and executive  committee had no legal or moral right to bind their members and non-members by conceding under  duress or otherwise to any of the two instructions given by the administrators”.

-Du côté des syndicats aéroportuaires on redoute la menace de Redundancy pour up to 50% comme indiqué dans une lettre qu’ils ont adressée au ministre du Travail: “They (the administrators) will  apply a vertical reduction policy of 50% across all categories of employees”, de leur côté les  administrateurs, dont la mission est de tenter de sortir Air Mauritius de l’Insolvency au plus tard en  novembre, le message se résume à :«Il n’y a pas de liquidité, il n’y a pas d’activité, il n’y a pas de  visibilité quant à la reprise.»

-Après huit semaines de confinement total, le Premier ministre annonce une reprise partielle des activités pour le vendredi 15 mai en attendant le déconfinement total début juin, reprise partielle qui coïncide avec le vote au Parlement du Covid Bill et du Quarantine Bill, le Premier ministre saisissant l’occasion pour informer la Chambre que l’hôpital de Flacq où exerçait le Dr Bruno Cheong portera désormais le nom du médecin décédé du coronavirus et l’aménagement d’un mémorial en mémoire des victimes de la Covid-19 et une reconnaissance éventuelle de ceux qui ont été en première ligne du combat contre ce virus.

-Après 70 jours de confinement dans le sillage de la pandémie de Covid-19, les Mauriciens peuvent en ce dimanche 31 mai, jour de la fête des Mères, amorcer un déconfinement contrôlé avec port de masque et distanciation physique obligatoire, et accéder librement (l’ordre alphabétique n’est plus en vigueur) aux supermarchés, banques et commerces, mais les plages, les courses et autres regroupements interdits jusqu’au 15 juin.

-En conclusion à son intervention sur la fin du confinement, le Premier ministre Pravind Jugnauth a salué les sacrifices consentis par la population pour arrêter la progression de la Covid-19 qui a bien affecté l’économie, en soulignant que pour le prochain budget qui sera présenté à l’Assemblée nationale le jeudi 4 juin par le ministre des Finances Renganaden Padayachy «une relance agressive s’impose tout en évitant que l’écart entre les classes sociales ne se creuse.»

-Une offensive sur deux fronts est lancée par la Banque de Maurice – la mise sur pied de la Mauritius Investment Corporation Ltd (MIC) dotée de Rs 80 milliards en tant que Special Purpose Vehicle avec pour mandat “to mitigate contagion of the ongoing economic downturn to the banking sector, thus limiting macroeconomic and financial risks”. Une injection exceptionnelle de Rs 60 milliards aux Finances “solely for the purpose of assisting government in its fiscal measures to stabilize the economy.” Le gouverneur de la Banque de Maurice, Harvesh Seegoolam, a indiqué que le conseil d’administration de la MIC sera présidé par Lord Meghnad Desai et, tout en récusant le terme d’”helicopter money”, il a fait comprendre que pour les Rs 60 milliards au gouvernement, la Banque de Maurice aura recours au marché public pour obtenir le montant requis.

Juin — St-Louis Gate : Le No 2 du GM, Ivan Collendaveloo, révoqué

  • Les anciennes victimes de la Covid 19 ont repris leurs activités, le virus
    toujours présent dans l’esprit

-Le ministre des Finances Renganaden Padayachy, fort des milliards décaissés par la Banque de Maurice, annonce dans le discours du budget 2020-2021 le maintien des dotations pour consolider l’Etat-providence, diverses mesures pour soutenir l’emploi dans les petites, moyennes et grosses entreprises et se risque à venir de l’avant avec une proposition de réforme de la pension, avec l’introduction de la CSG (Contribution sociale généralisée) à partir du 1er septembre 2020. Défendant cette proposition à l’aune de l’équité, il expliquait dans son discours budgétaire: «Si un employé gagne le salaire minimum, au lieu de cotiser 306 roupies dans le cadre du NPF, il ne cotisera que 153 roupies. Si un employé gagne 25 000 roupies par mois, au lieu de cotiser 562 roupies dans le cadre du NPF, il ne cotisera que 375 roupies. Grâce à ce mécanisme, plus de 70 pour cent des salariés cotiseront moins aujourd’hui et gagneront plus demain.»

-Dans le cadre d’une campagne de lobbying diplomatique au plus haut niveau à Bruxelles pour sortir Maurice de l’EU Black List où elle a été incluse le 7 mai dernier, le Premier ministre, Pravind Jugnauth, aura un entretien téléphonique avec le président du Conseil européen, Charles Michel, où il est certain que le premier nommé évoquera le partenariat Europe/Maurice «construit sur des relations historiques qui ont toujours uni l’Europe et Maurice» et qui «repose sur des valeurs fortes et partagées: la démocratie, l’Etat de Droit, la justice, la liberté et le progrès.»

-Alors que le problème de squatters eu égard aux terrains de l’Etat perdure, le budget 2020-2021 prévoit la construction de 12 000 maisons sociales sur trois ans et dont le coût global est subventionné par l’Etat pour les petit et moyen revenus allant de Rs 10,000 à Rs 30,000– 1800 seront attribuées aux foyers disposant d’un revenu allant jusqu’à Rs10,000 (incluses une centaine aux familles avec un ‘low income’), et tout remboursement étalé sur une période de trente-cinq ans.

-Ayant eu vent par l’entremise du leader de l’Opposition, Dr Arvin Boolell,de maldonne dans l’affaire de l’allocation du contrat de Rs 4,5 milliards à une firme danoise en 2016 pour le redéveloppement de la centrale thermique de Saint-Louis,le Premier ministre ‘disbands’ l’actuel conseil d’administration (chacun des anciens membres devant s’expliquer sur le ‘silence’ autour de ce scandale) et désigne le Deputy Financial Secretary, Ada Chellapermal, en tant que Chairman en remplacement de Seety Naidoo.

-Belle initiative de Shiksha Bheergoonath, atteinte de paralysie cérébrale, qui a lancé une campagne de sensibilisation pour récolter des fonds à être distribuées aux éboueurs, ces soldats oubliés du ‘frontline’ qui ont aussi contribué à la lutte contre le coronavirus, et il est à espérer que son geste destiné aux éboueurs de son village, Lallmatie, soit reproduit dans d’autres localités (en effet, ces derniers ont dit haut et fort: «Pas zis nou ki bizin gagne. Entier Maurice bann éboueurs, dans conseil district, dans villages, dans la ville, dans privé aussi inn travail. Nou pas bizin beaucoup. Sa reconnaissance nou travail la li important .L’Etat ti bizin reconnet nou travail li essentiel, pareil kouma bann dimoun ki travay dans supermarché, bann pompiers, etc. , Ii ti pou bon bann lotorité suive l’exemple Shiksha ek pa blié sa bann dimounn ki finn ran service au pays pendant enn létan difficile.»

-Le Journal officiel de l’Union européenne remet ça en publiant dans son édition du 19 juin la liste noire de 13 pays, dont Maurice, à hauts risques présentant des carences stratégiques en matière de lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme

-Les anciennes victimes de la Covid 19 ont repris leurs activités, le virus toujours présent dans l’esprit et une certaine appréhension de le dire en public pour ne pas être stigmatisé, mais elles sont unanimes à dire que les gestes barrières sont importants et les Mauriciens doivent prendre des précautions, car on ne sait jamais.

-La fin du mois de juin devra voir la mise en opération effective de la ‘Mauritius Investment Corporation Limited’, filiale de la Banque de Maurice, avec pour mandat de “stimulate the recovery in the main economic pillars’, et, à une semaine de cette échéance, la MIC se trouverait déjà devant une trentaine de demandes de soutien de Rs 20 Mds, parmi celles émanant des grosses pointures du tourisme, dont New Mauritius Hotels et Sun Resorts, les Top Ten de la manufacture et des entreprises dans la construction.

-Coup de théâtre dans la St-Louis Gate lorsque dans l’hémicycle , en l’absence de l’opposition expulsée après avoir porté des masques noirs et brandi des affiches «Ivan Démission», le Deputy Prime Minister, Ivan Collendavelloo, renverse la table sur ses accusateurs et finit par faire porter la responsabilité du scandale sur le dos de l’ancien gouvernement travailliste, mais l’opposition ne l’entend pas de cette oreille et réclame une commission d’enquête (MMM) ou une commission rogatoire (PMSD) pour faire la lumière sur toute l’affaire.

-Nouveau coup de théâtre dans la St-Louis Gate (contrat de Rs 4,6 milliards) où sur la base d’un résumé de l’affaire envoyé au Premier ministre Pravind Jugnauth par la Banque africaine de développement (BAD) où sont mentionnés nommément Ivan Collendavelloo et Paul Bérenger , le premier nommé est révoqué comme Deputy Prime Minister et ministre de l’Energie et des Utilités publiques, ce qui est suivi par un remaniement ministériel qui octroie  la fonction de Deputy Prime Minister à Steven Obeegadoo, titulaire du portefeuille des Terres et des Logements, qui se voit aussi confier le ministère du Tourisme, alors que le ministre Joe Lesjongard est confié le ministère de l’Energie et des Utilités publiques.

-Dans le sillage du nouveau développement intervenu dans l’affaire St-Louis, l’ICAC qui s’est saisie de l’affaire, entend remonter à la genèse de l’appel d’offres qui date de 2014, alors que les deux personnalités politiques mentionnées dans le rapport de l’Office of Integrity and Anti-Corruption de la BAD rejettent avec véhémence les allégations d’avoir touché des pots-de-vin de la firme danoise BSWC (Burmeister & Wain Scandinavian Contractor A/S) lors de l’attribution du contrat du ‘Redevelopment’ de la centrale thermique de Saint-Louis.

-Le milliardaire mauricien Roupesh Hematlal est devenu le premier accusé de ‘Breach of the Quarantine Act’ après avoir quitté l’enceinte de l’hôtel Ambre (revenant de Madagascar, il y avait été placé en quarantaine dans le cadre des mesures de précaution prises par les autorités pour éviter une résurgence de la Covid-19 sur le sol mauricien) pour aller dîner avec son épouse et ses enfants dans un établissement hôtelier voisin, le Salt of Palmar, en violation des gestes barrière, et, aussitôt l’affaire ébruitée, l’homme d’affaires a été de nouveau placé en isolation, cette fois-ci au Vacoas Detention Centre , avant qu’il ne soit traduit en cour où il risque une amende allant jusqu’à Rs 500,000 et une peine d’emprisonnement ne dépassant pas cinq ans.

Juillet : Le MV Wakashio s’echoue sur les brisants de Pointe d’Esny

  • Fait nouveau sur l’échiquier politique : les trois partis de l’opposition forment un front commun face au au gouvernement
  • Disparition de deux bébés de Neelam Auckal, 30 ans : un mystère

-Dans l’affaire de la naissance et de la disparition de deux bébés de Neelam Auckal, 30 ans, c’est le mystère le plus total. Si cette dernière affirme avoir accouché de jumeaux, un garçon et une fille, à l’hôpital Victoria, Candos, le service hospitalier soutient que, si la mère était effectivement enceinte de huit mois, elle n’a pas accouché à l’hôpital : “The patient had no antenatal follow-up in any institutions, prior to her visits, and neither did she give birth in these institutions”. Le problème se corse lorsqu’elle affirme sur un autre registre qu’elle a suivi le traitement pour sa grossesse pendant huit mois dans une clinique privée, et le directeur de cette clinique de faire savoir que son nom est inconnu dans cet établissement et de balayer toute l’affaire d’un revers de main : “It’s mere invention !”

-C’est un vrai calvaire qu’a vécu la fillette de 3 ans de Sylvia Revat, victime d’un viol en présence de son frère, âgé de 6 ans. Ce qui traumatise de nouveau la cité Anoska qui avait connu en 2015 le viol et le meurtre d’Edouarda Gentil, 11 ans (cette dernière vivait dans la même cour que la fille de trois ans dont le présumé agresseur n’est autre que l’oncle d’Edouarda), et dire que tout cela ne se serait pas produit si les enfants de Sylvia étaient restés en sécurité dans le shelter où ils avaient été admis et n’y avaient pas été retirés par des parents inconscients et trimbalés à gauche et à droite.

-Les procédures en vue des premiers déboursements de fonds par Mauritius Investment Corporation Limited (MIC), filiale de la Banque de Maurice avec un war chest de Rs 80 milliards, ont atteint un stade bien avancé, tout au moins pour trois majors de l’industrie hôtelière affectés par l’arrêt des activités dans l’industrie touristique, Mais avant l’injection des capitaux dans ces entités économiques, une étape cruciale attend d’être franchie, soit la signature des des accords de non-divulgation avec la MIC.

-La Mauritius Revenue Authority (MRA) se présente dorénavant comme le passe-partout des finances du gouvernement, non seulement en tant que Revenue Collector Agent des autorités publiques avec des recettes fiscales de Rs 90, 6 milliards pour le présent exercice financier, ou encore le paiement du Wage Assistance Scheme (WAS) et le Self-Employed Assistance Scheme (SEAS) de plus de Rs 10 milliards, et, qui plus est, se voit dotée de nouveaux pouvoirs accrus avec l’introduction à partir du 1er septembre prochain de la Contribution sociale généralisée (CSG) en remplacement du National Pensions Fund (NPF).

-Le Kolektif Konversasion, fort de ses 3000 à 8000 participants à sa première manifestation dans les rues de Port-Louis, n’a pas fait mystère de sa vision de l’île Maurice post-Covid-19 tout en relativisant sur la force du nombre : «Peu importe le nombre, de quel côté de la barrière vous vous trouvez, c’est la qualité de la foule qui prime. C’est la profondeur des Mauriciens qui s’est manifestée dans la rue à Port-Louis. L’île Maurice était là pour un message bien simple aux dirigeants politiques. La braderie de l’emploi, des salaires et de la retraite n’a que trop duré avec pour prétexte la pandémie. Mais le plus important est que le Premier ministre doit se ressaisir et rejeter tout accord secret sur l’utilisation des fonds publics au bénéfice du secteur privé avec des milliards de roupies de la Mauritius Investment Corporation Limited». Et prenant la balle au bond pour soumettre au Premier ministre un cahier de revendications, parmi lesquelles l’introduction immédiate d’un salaire universel de Rs 12 500 à tout citoyen sans emploi, une garantie légale contre la perte d’emploi pour une certaine période suite à l’injection des fonds par la MIC ou autres Schemes du gouvernement, l’exemption du paiement des factures d’utilités publiques, entre autres…

-La condition sine qua non pour la sortie de Maurice de la liste noire de l’UE demeure le visa de la Financial Action Task Force (FATF). Comme l’a laissé entendre Pruna Raluca, Head of Unit du Directorate General de la FISMA (Financial Stability, Financial Services and Capital Market) : “If the FATF Action Plan is implemented in full, it will be sufficient for the EU to start its procedures for delisting Mauritius” après avoir pris note des efforts et des progrès «déployés par Maurice en vue de mettre en pratique les recommandations de la FATF pour remédier aux cinq déficiences identifiées.»

-Les Emergency Procuments autour de l’achat de médicaments et d’équipements pour  pour le traitement et les tests relatifs à la pandémie suscitent de nombreuses questions sur la gestion de cet aspect (achats de médicaments et d’équipements), la perception étant que de nombreuses zones d’ombre existent autour de ces transactions, une des preuves étant que plus de trois mois depuis que la firme espagnole Pack & Blister a été payée rubis sur l’ongle la somme de Rs 476 329 362.30, les 50 respirateurs artificiels (ventilators). Cette pièce maîtresse dans l’arsenal d’équipements médicaux pour le traitement des cas aggravés de Covid-19, ne sont pas encore en possession du ministère de la Santé, voire n’ont pas encore débarqué au Cargo Shed du SSR International Airport.

-Face à l’allégation selon laquelle le Premier ministre Pravind Jugnauth aurait attendu que son épouse Kobita rentre de l’étranger avant de fermer les frontières en vue de contenir la propagation de la Covid-19 en mars dernier, cette dernière la rejette formellement et entend porter l’affaire en cour contre ses détracteurs.

-Ridwann Rohoman et son père Zaïd au volant de sa Toyota grise, meurent dans un accident de la route lorsque sa voiture a heurté violemment un autobus de la CNT au contournement routier (by-pass) de Saint-Julien, une tragédie pour les Rohoman qui perdent «deux êtres formidables et inséparables».

-Le vraquier Wakashio, battant pavillon panaméen, faisant 299, 95 mètres de long et 50 mètres de large, qui s’est drossé dans la soirée du samedi 25 juillet sur les brisants de Pointe d’Esny, avec un  tonnage net de plus de 100 000 tonnes, a été placé sous haute surveillance de la National Coast Guard en attendant une évaluation des risques.

-Important développement sur l’échiquier politique, les trois partis de l’opposition parlementaire, soit le PTr, le PMSD et le MMM, se mettent d’accord pour présenter un front uni face au pouvoir en place par le biais, notamment, des pétitions électorales en Cour suprême, et se proposent de rééditer une rencontre au sommet le samedi 8 août.

-Le dernier Financial Stability Report de la Banque de Maurice confirme que les banques sont actuellement en mode de Wait & See en matière d’activités de prêt (à souligner dans ce contexte que la filière Hospitality représente 10 % de la MCB Loan Book, 12, 2 % de la SBM et 15, 9% de l’ABC Banking Group et que la fermeture des frontières n’est pas pour arranger les choses dans le secteur de l’hôtellerie).

Août : Du jamais vu Marée humaine à Port-Louis, marée noire à Pointe d’Esny

  • 14h30, le samedi 15 août, le vraquier MV Wakashio s’est littéralement scindé en deux

-Au cours du week-end, le vraquier nippon MV Wakashio, battant pavillon panaméen, avec le gouvernail endommagé après avoir drossé sur les récifs de Pointe d’Esny, a changé d’angle sous les effets des houles. Fort heureusement après l’arrivée des remorqueurs Stanford Hawk, VB Cartier et AHT Expedition, les premières grandes manoeuvres de renflouage ont pu démarrer avec dans le viseur un premier rapport préliminaire sur la table du Director of Shipping, Alain Donat, en vue d’ajuster le plan de reflouage soumis par l’équipe de sauvetage de Smit Salvage des Pays-Bas. Entre-temps une équipe de six sauvetaurs menée par le capitaine Lars Telmar, héliportés à bord du vraquier sinistré, avait pu entreprendre un premier bilan de la situation, confirmant que le gouvernail a été endommagé.

-Dans la conjoncture actuelle de la deuxième vague de la Covid-19, la question cruciale qui retient l’attention porte sur la problématique de la réouverture des frontières toujours en discussion à l’Hôtel du gouvernement de concert avec des parties prenantes du secteur privé, principalement du tourisme, et les indications qui transpirent laissent voir que ce dernier secteur devra se réconcilier à un scénario optimiste en fin d’année.

-Militants écologistes et des centaines de volontaires, de même que divers corps, tels la Special Mobile Force, la Mauritius Ports Authority, le National Coast Guard, la firme Sotravic, la société Seeven, entre autres, oeuvrent chacun à sa manière pour endiguer la menace que représente le déversement du fioul (3 843 tonnes) du MV Wakashio dans le lagon, danger qui pourrait s’aggraver, car «ena risk ki bato la kapav andomaze ankor plis et li kapav kase» disait dans l’après-midi du 8 août le Premier ministre Pravind Jugnauth à l’issue d’une réunion avec National Risk Management Committee.

-Les trois partis de l’opposition parlementaire (PTr, MMM, PMSD) réclament à l’unanimité la démission des ministres de l’Environnement, Kavi Ramano, et de l’Économie bleue et de la Pêche, Soodher Maudhoo, à laquelle le Premier ministre Pravind Jugnauth oppose un non catégorique.

-La troisième grève de la faim qu’envisageait Clency Harmon, le président de l’Association justice, réparation et restitution pour le mardi 11 août est suspendue à la suite d’une rencontre organisée à l’initiative du Deputy Prime Minister, ministre du Tourisme, des Logements et des Terres, Steven Obeegadoo, auquel le premier nommé a transmis les doléances de son organisation, dont la nécessité d’une division des terres (Land Division) à la Cour suprême, cette division devant dispenser la justice en la matière de dépossession de terres selon la loi d’équité que l’Angleterre pratiquait avant même l’invasion normande.

-Vers 14h30 le samedi 15 août, le vraquier MV Wakashio s’est littéralement scindé en deux avec la proue du vraquier tirée à partir de 16 h 30 par deux remorqueurs, soit les remorqueurs AHT Expedition et AHT Summit, pour être sabordée en pleine mer au terme d’un ordre émis en cours de matinée par le Director of Shipping, Alain Donat, conformément aux dispositions de la loi sur la navigation maritime. Mais les séquelles de ce désastre écologique demeurent même si le pays doit se féliciter des efforts de ces milliers volontaires de tous bords qui se sont mobilisés pour parer au plus pressé sur les côtes et des autorités pour le pompage réussi du fioul qui était resté à bord du vraquier avant son sabordage.

-Alors que la Covid-19 est sous contrôle sur le terrain (sauf deux cas actifs importés qui sont en traitement au centre de l’ENT à Vacoas), le PM Pravind Jugnauth a profité d’une fonction de l’Arya Sabha Mauritius à Souillac pour s’exprimer longuement sur la question d’ouverture des frontières, acquiesçant qu’elle est complexe, car il y va de la santé publique, d’où le rapatriement ordonné des Mauriciens bloqués à l’étranger : «Cependant nou pa kapav garde nou frontières éternellement fermées. Nou pou bizin reouvert, mais nou bizin prend tou bann précaution nécessaire et met en place ene protocole et la collaboration de tous tout en respectant bann gestes barrières.»

-Les ministres Sudheer Maudhoo et Kavi Ramano, respectivement de la Pêche et de l’Environnement, ont comparu devant le tribunal de Mahébourg le vendredi 21 août en marge de la Private Prosecution logée par Bruneau Laurette pour le délit de culpable omission dans la catastrophe écologique sur la côte sud-est avec le naufrage du MV Wakashio, mais l’audience est renvoyée au jeudi 10 septembre.

-L’action gouvernementale dans la gestion de la catastrophe provoquée par l’échouement du MV Wakashio est vue différemment selon le camp où l’on se trouve. D’une part, de la satisfaction si l’on en croit le slogan «peser-banian-plaisancier nou solidaire avec gouvernement», et d’autre part, de sérieuses inquiétudes pour le gagne-pain des centaines de personnes vivant des produits de la mer et les dommages de longue durée ou irréversibles causés à l’environnement et au fond marin.

-C’est avec le titre «Du jamais vu» que Week-End barre sa une rapportant la marche citoyenne du samedi 29 août organisée à l’initiative de l’activiste Bruneau Laurette et qui attire une grosse foule (de 80 000 à plus de 150 000 participants de tous les bords politiques de l’opposition parlementaire et extra-parlementaire, de la société civile, des syndicats, etc. Même des Mauriciens à l’étranger (rassemblements et protestations virtuelles) s’y sont mis de la partie pour exprimer le ras-le-bol sur la manière dont la catastrophe Wakashio a été gérée par les autorités et réclamer le départ du chef du gouvernement.

-De nombreuses initiatives sont prises par les autorités suite à la marée noire du Sud-Est et qui méritent d’être relevés – soit une demande d’aide de Rs 1,2 milliard du Japon pour le financement de l’achat de 100 bateaux pour développer la pêche semi-industrielle, notamment hors des lagons et sur les bancs, en faveur des pêcheurs affectés par le naufrage du MV Wakashio ; une “solidary grant” mensuel de Rs 10 200 pour pêcheurs, poissonniers et plaisanciers affectés par ce naufrage (lequel s’ajoutera à d’autres bénéfices déjà perçus par ces derniers sous le Wage Assistance Scheme et le Self-Employed Scheme ainsi que le traditionnel paiement de la bad weather allowance).

-A un forum-débat de la CTSP à quelques jours de l’entrée en vigueur de la CSG ou la Contribution sociale généralisée (soit le 1er septembre), le gouvernement explique que cette dernière va «garantir aux salariés une meilleure prestation de retraite que sous l’actuel NPF», soit plus que les Rs 1200-Rs 1300 à moins Rs 4000 mensuellement que perçoivent les retraités sous le NPF). Ces détracteurs soutiennent qu’il est injuste que ce soit seulement le salarié du privé qui cotise à la CSG dont bénéficieront à la fois les retraités du privé et du public et se demandent quelle logique il y a à remplacer un fonds de pension (le NPF) qui a fait ses preuves depuis plus de 40 ans par un autre système injuste et qui se révèle tout aussi insoutenable.

Septembre : Le Sir Gaëtan sombre au large de la Pointe-Roches-Noires

  • Trois employés de la Mauritius Port Authority (MPA) y perdent la vie
  • A propos de son homélie de la messe du Père Laval cardinal Maurice Piat confie à Week-End: «J’ai dit ce que j’avais le devoir de dire.

    Le capitain Moswadeck Bheenick, ici, en compagnie de son épouse, est toujours porté manquant

-Après le naufrage du vraquier MV Wakahio, la série noire de drames en mer continue avec le naufrage du remorqueur Sir Gaëtan, qui sombre au large de la Pointe-Roches Noires dans la soirée du lundi 31 août après une collision avec la barge L’Ami Contant, entraînant la mort de trois employés de la Mauritius Port Authority (MPA) – le vice-capitaine Lindsay Plassan, 63 ans, le skipper Sylvain Addison, 62 ans, et le Controller Marine Engineering, Sujit Kumar Seewoo, 52 ans alors que le capitaine Moswadeck Bheenick, 54 ans, l’un des derniers à quitter le remorqueur en détresse est porté manquant. Alors que les rescapés Antonio Sandro L’Aiguille (50 ans), controller marine engineering, Philippe Clifford Montagne Longue (58 ans), seaman, Elvis Alain Eleonore (56 ans) seaman, et Yan Sun Fong Kwong Fa (54 ans), senior technician, sont encore sous le choc de ce qu’ils ont vécu depuis qu’ils ont dû prendre place dans un canot de sauvetage, alors que la salle des machines du Sir Gaëtan prenait eau.

-Derrière le drame en mer survenu au Sir Gaëtan, les Mauriciens apprennent comment les frères Rochecouste, Amaury et Samuel, quittant leur domicile à l’Escalier, à 22h pour se rendre à Poudre d’Or où, avec l’aide des gardes-côtes présents et d’un propriétaire de bateaux de la localité, ont été les premiers à retrouver les deux premiers marins de l’équipage don’t le rescapé Antonio Sandro L’Aiguille.

-Alors que l’urgence de mettre en place les bases d’une reprise de l’économie post-Covid-19 se fait de plus en plus pressante, le ministre des Finances, Renganaden Padayachy, et ses plus proches collaborateurs, dont le secrétaire financier, Dev Manraj, se penchent sur les perspectives de relance des échanges commerciaux Le mot d’ordre est Glo-Localisation, soit le renforcement des échanges économiques au niveau de la région, ce qui fera l’objet d’une brainstorming session avec la participation d’un panel de spécialistes dont l’ex-FS Ali Mansoor, en vue de jauger et de confirmer les pistes de développement au niveau de région, le temps que les gros nuages de la récession se dissipent sur le front international.

-La troisième manifestation citoyenne attire une nouvelle marée humaine entre Beau-Vallon et Mahébourg et cela donne l’occasion aux animateurs de reprendre la liste de revendications pour une meilleure et plus généreuse prise en charge des victimes de la marée noire habitant la côte du sud-ouest et de réitérer haut et fort une île Maurice décommunalisée, voire désethnicisée. Ils annoncent d’autres manifestations du genre avec dans le viseur une marche dans la circonscription du Premier ministre, le No 8 et un concert de solidarité au No 14 pour recueillir des fonds pour venir en aide aux sans-logis.

-La composition de la court of investigation sur l’accident en mer du MV Wakashio a été complétée par l’Attorney General Maneesh Gobin à qui incombe désormais la responsabilité de la navigation et de la marine marchande (le ministre de tutelle Sudhir Maudhoo y étant déchargé pour éviter tout conflit d’intérêts), et il ressort que l’enquête sera présidée par Abdurrafeek Hamuth, ancien juge, avec pour assesseurs, Jean-Mario Geneviève, titulaire d’une licence en ingénierie marine et expert maritime enregistré, et Johnny Lam Kai Leung, expert maritime.

-Même en étant à des milliers de kilomètres du pays, les Mauriciens qui ont émigré vers d’autres cieux s’intéressent à et s’inquiètent de ce qui se passe à Maurice. Dans le sillage notamment de la pandémie, des naufrages du MV Wakashio et du Sir Gaëtan : «Un vrai Mauricien ne peut rester insensible à ce qui se passe à Maurice», déclare, sous le couvert de l’anonymat, cette Mauricienne établie en Australie avant d’ajouter que «la coupe est pleine : le scandale Wakashio, la Saint-Louis gate, l’invasion de notre société par la drogue, les problèmes environnementaux, le communautarisme, la corruption, le népotisme, l’atteinte à la liberté d’expression… les exemples sont nombreux pour illustrer combien le peuple mauricien souffre et en a marre» et de regretter que les 400 000 Mauriciens à l’étranger aient été refusés le droit de vote jusqu’ici.

-A partir de ce présent exercice financier, les contribuables fichés à la Mauritius Revenue Authority, dont le nombre pourrait varier entre 135 000 et 150 000, n’auront d’autre choix que de soumettre leurs returns par voie électronique, mais il est prévu que la barre de Rs 100 milliards de recettes fiscales sera difficilement envisageable avec la Covid-19.

-Suite aux remous que ses propos lors de la messe à Sainte-Croix dans le cadre du pèlerinage du Père Laval ont causé sur la toile, le cardinal Maurice Piat confie à Week-End: «J’ai dit ce que j’avais le devoir de dire» concernant les problèmes auxquels les Mauriciens ont à faire face et fait un appel à la fraternité lors de son homélie à l’occasion de la messe d’action de grâce dans le cadre de la cérémonie de dévoilement d’une plaque commémorative à l’ancienne chapelle Sainte-Anne Stanley dans le sillage de son inscription sur la liste du patrimoine national : «Que le respect fraternel soit vécu quotidiennement…».

-Des propos aussi forts sont tenus par le père Jocelyn Grégoire lors de la messe du Tourisme à Sainte-Croix : «Anou met pays-là debout après nou ava critiquer» avant de souligner que «ce n’est pas seulement le rôle du gouvernement, de l’Eglise, des chefs religieux ou du secteur privé, mais le rôle de tous de décider de notre avenir» ainsi que par le père Goupille qui, se prévalant du symbole de la fleur de lotus, a fait cette belle analogie : «Du fond des marécages surgit la fleur de lotus, symbole de la renaissance dans la philosophie hindoue. Nous sommes venus prier pour que la fleur de lotus émerge des marécages et que nous puissions nous aussi repartir avec énergie dans nos responsabilités au service du tourisme.»

-A la tribune des 75 ans des Nations Unies, un des volets de l’intervention du Premier ministre Parvind Jugnauth mettait l’accent sur le processus de décolonisation de Maurice. Il a signifié son intention de revenir bientôt à la charge contre l’entêtement des Britanniques à ignorer la Résolution 73/295 tout en remerciant le secrétaire général, Antonio Gutteres pour son rapport sur les Chagos débouchant sur des amendements en février dernier à la carte géopolitque de l’océan Indien, décrétant que l’archipel des Chagos fait partie du territoire mauricien et non plus du BIOT. Auparavant il avait abordé en long et en large la pandémie, les mesures prises pour la contenir avec succès et soutenir la population jusqu’à l’ouverture des frontières, celles envisagées pour éviter à tout prix une deuxième vague “because that would be catastrophic for our economy” et préserver l’emploi en attendant de pouvoir “in the long term chart a path that leads to a more inclusive and sustainable development”.

Octobre — Dans une interview à Week-End — Me Y. Mohamed: «Qui la police essaye-t-elle de protéger dans l’affaire Wakashio ?

  • La Platform Travayer Air Mauritius manifeste à Port-Louis: «Aret fer dominer ar employés… Se leta ki bizin azir pou sov MK.»

    Avec la fermeture de nos frontières, la situation de MK, sous administration volontaire depuis mars dernier, devient de plus en plus difficile

-Pour la phase II de la réouverture des frontières (la phase I ne concernait que les Mauriciens bloqués à l’étranger) le site de la MTPA enregistre pour le mois d’octobre 1780 réservations dont 60%, soit 1015 concernent les Mauriciens qui rentrent au pays, et les 765 autres sont des étrangers détenteurs d’un permis de résidence et de travail.

-Alors que les avis divergent quant à la réouverture partielle des frontières mauriciennes, certains craignant une deuxième vague de la pandémie à Maurice, les autorités, elles, affichent l’optimisme pour deux raisons: aucun cas de Covid-19 n’a été recensé officiellement depuis le 26 avril et le protocole sanitaire strict auquel seront soumis les nouveaux arrivants, dont la mise en quarantaine obligatoire.

-Devant une assistance composée majoritairement de personnes du troisième âge réunies au SVICC dans le cadre de la Journée internationale des personnes âgées, le Premier ministre Pravind Jugnauth, tout en rappelant la promesse de l’Alliance Lepep/Morisien de faire passer la pension de vieillesse de Rs 3600 à Rs 9000 et à Rs 13 500 avant la fin de son mandat en 2024, s’est appesanti sur l’impact de la Covid-19 : «Mo dir nou ban senior nou Covid Safe me so linpak li enorm lor tou ban sekter. O fet, tou ban lekonomi dans lemond pe contrakte. Savedir sa gato ki nou ti pe prevwar kan nou ti pe fer kanpagn, nou ti dir nou pou fer gato la grosi pou ki saken gagn ene pli gro par, malrezment sa gato-là pe retreci. Zot kapav kont lor nou pou fer tou seki nou kapav pou kontinie donn zot ban sipor pou amelior kalite lavi.»

-Il saute aux yeux que les choses n’ont pas été “reglo” dans l’attribution du contrat dans la Saint-Louis Gate, l’ICAC étant en présence de preuves irréfutables au sujet de fuites systématiques des procès-verbaux et autres  informations internes en faveur de BWSC sur ledit contrat avant l’appel d’offres

-Un gros pavé dans la mare politique de Me Yousouf Mohamed est susceptible de causer des remous dans l’affaire du naufrage du Wakasakio et dans le cercle de l’opposition parlementaire qui tente de mettre en place une alliance pour contrer le front gouvernemental aux prochaines législatives. Dans le premier cas, après avoir fait le tour du comportement en zigzag de son ancien client, le capitaine du Wakashio, qui l’a récusé comme avocat «pour des raisons occultes», le légiste s’interroge sur le rôle de la police dans le cadre de l’enquête. «Qui la police essaye-t-elle de protéger dans l’affaire Wakashio ? Est-ce que la police a voulu essayer de corroborer ce que le Premier ministre avait déclaré au Parlement ?» Dans le second cas, il attire l’attention sur la question délicate de direction au sein d’une éventuelle alliance des partis de l’opposition parlementaire en prévision des législatives de 2024. «Paul Bérenger a déjà dit qu’il ne sera pas candidat en 2024 et je pense qu’il a raison. Navin Ramgoolam doit suivre son exemple… Je le redis : si Navin Ramgoolam reste à la tête du PTr, Pravind Jugnauth remportera les élections de 2024.»

-Deux développements épaississent davantage le mystère du naufrage du Wakashio. D’une part, la Mitsui OSK Lines démantibule la thèse du capitaine Sunil Kumar Nandeshwar justifiant son rapprochement de Maurice en s’éloignant de la voie normale réservée au passage des cargos “to find internet or telephone signal”, et, d’autre part, l’absence totale de trace de communications de 18h à 20h08 le 25 juillet dernier entre la NCG et le commandement du vraquier enregistrée sur boîte noire.

-Lors de sa présence aux célébrations des 18 ans de l’autonomie de Rodrigues où il était l’invité spécial de l’ARR, le Premier ministre en a profité pour réaffirmer son engagement pour le développement de l’île, citant, lors de l’inauguration de la compagnie Solocal, un centre d’appels à Port-Mathurin, le fait que la transformation digitale de l’île passera lors de sa présente visite à la vitesse supérieure. «Quand je prends un engagement, même si cela demande d’énormes investissements, quand j’ai quelque chose à coeur, je le fais. Kan mo dir, mo fer», a-t-il dit

-C’est officiel, les élections villageoises qui concernent plus de 538 000 électeurs auront lieu le 22 novembre et mettront dans la course des milliers de candidats parmi lesquels émergeront à l’issue du scrutin les 1170 conseillers élus pour les 130 villages (9 pour chaque conseil de village) dont les noms seront connus le même jour. En effet, pour la première fois dans l’histoire des élections villageoises, le dépouillement et la proclamation des résultats auront lieu le jour même du scrutin, ce qui a fait le commissaire électoral, Irfan Rahman dire qu’«avec l’expérience des villageoises, le décompte des voix dès la fermeture des bureaux de vote pourra être adopté pour les municipales, les régionales de Rodrigues et subséquemment les prochaines législatives».

-La Platform Travayer Air Mauritius manifeste dans les rues de la capitale avec pour objectif de faire entendre la voix des centaines de pères et mères de famille «victimes collatérales» de la situation à MK, sous administration volontaire depuis mars dernier. Manifestation à laquelle ont participé les membres de différents corps syndicaux, à l’exception de l’Air Mauritius Cabin Crew Association (AMCCA), qui a préféré s’aligner derrière les négociations en cours, les premiers nommés lançant ce cri du coeur: «Aret fer dominer ar employés… Se leta ki bizin azir pou sov MK.»

-Même si depuis le 1er septembre dernier, la Contribution sociale généralisée (CSG) a remplacé le National Pensions Fund, Business Mauritius, qui regroupe les employeurs, s’engage dans une campagne en vue d’acculer le gouvernement et le forcer à faire marche arrière sur cette mesure budgétaire mise à exécution par voie de Regulations alors que «la CSG ne vient pas, dans sa forme actuelle, répondre aux attentes, et se présente comme une injustice» et, d’autre part, «la question de viabilité de la CSG est posée car l’argent n’est à aucun moment investi».

-Le gouvernement injecte Rs 9 milliards pour contrer le spectre du chômage à travers une réallocation des fonds budgétaires qui se fera en deux étapes à partir du 1er novembre, et dans cette perspective, cinq initiatives seront financées — à titre d’exemple, la formation et le recyclage de quelque 9000 sans-emploi dans les créneaux de la construction, de la manufacture, de la logistique, de l’ICT-BPO, de l’agro-industrie, de l’énergie renouvelable et de l’économie circulaire (les bénéficiaires se verront payer des allocations mensuelles de Rs 10 200 sur une période de formation s’échelonnant sur 6 mois).

Novembre : Le mois des faits divers atroces

  • Ayaan, 2 ans, battu à mort par son beau-père
  • La constable Dimple Raghoo, 38 ans, tué de sang-froid

    La constable Dimple Raghoo, 38 ans, tuée, lors d’une opération de controlled delivery de drogue sur le parking du Bo’Vallon Shopping Mall

-Au Nomination Day pour les élections villageoises fixées au 22 novembre, 5316 candidats avec une moyenne d’une candidate sur trois (soit 1698 femmes contre 3618 hommes) sont en lice pour les 170 sièges, et cela dans un esprit de franche camaraderie, ce qui réjouit le commissaire électoral, Irfan Rahman : «Je salue l’esprit de camaraderie entre les candidats, un très bon signe pour la démocratie régionale.»

-Le dossier de l’archipel des Chagos continue à monopoliser l’attention sur le front international avec, cette fois, une requête formelle faite auprès de l’International Criminal Court de La Haye pour arrêter la Lieutenant-Commander Kay Burbridge, représentante de l’armée britannique sur la base de Diego Garcia, le commissaire britannique, son adjoint, l’administrateur de l’archipel de même que les conseils légaux du gouvernement Johnson, accusés de pratiquer l’apartheid contre les Chagossiens interdits de revenir s’installer dans leurs îles natales.

-Le personnel navigant d’Air Mauritius s’est vu opposé un refus catégorique pour une alternative à l’auto-isolement au sein de la famille, avec ce que cela comporte de risques de contaminer leurs proches à la Covid-19, le ministère de la Santé et le département Cabin Crew Operations leur imposant à la place des menaces de sanctions et de quarantaine obligatoire pour non respect de règles sanitaires.

-Juste hommage à feu Dr Bruno Cheong tombé sur-le-champ de bataille dans la lutte contre la Covid-19 dont le nom est donné à l’hôpital de Flacq qui devient le “Dr Bruno Cheong Hospital”. Une cérémonie qui s’est déroulée en présence de ses proches qui par la voix du fils du défunt, Oliver, aux côtés de sa mère Sandra, qui a exprimé la reconnaissance de la famille.

-L’introduction de la CSG et l’abolition des contributions du NPF font toujours polémiques, ce qui mène le secteur privé à réclamer auprès de la Cour suprême un sursis d’exécution pour le versement des contributions à la fin de novembre à la CSG.

-Alors que le gouvernement en place célèbre sa première année au pouvoir suite à la victoire ténue et contestée de l’Alliance Morysyen le 7 novembre 2019, son leader, Pravind Jugnauth, doit faire face à des questionnements autour de l’acquisition d’un terrain à Angus Road, ce dernier confie que «mo pou defan mo loner ek pa gagn traka pli divan zot pou trouvé.»

-Après la France, voilà que l’Inde, toujours solidaire avec Maurice octroie une nouvelle ligne de crédit de 12 milliards à Maurice, annonce faite par le Premier ministre au cours d’une cérémonie dans le cadre des célébrations du Divali, à la Hindu House, ce dernier saisissant l’occasion pour rappeler l’aide de U$ 853 M accordés par la Grande Péninsule en 2017 pour le financement de plusieurs projets – le Metro Express, l’hôpital ENT et la Cour Suprême.

-L’île Maurice est estomaquée par le sort tragique qu’a connu un enfant de 2 ans, Ayaan, battu à mort par son beau-père, Azar Soobratee, 22 ans, qui, passant aux aveux, tente de se dédouaner : «Zenfan la pa ekute, li fer dezord», alors que la mère de la victime est en état d’arrestation à la MCIT pour avoir dissimulé la vérité sur cette agression dont elle a été témoin.

-Après plusieurs mois sans des cas de Covid locaux, le pays enregistre un cas local dans les circonstances suivantes – un sexagénaire rentré au pays d’Australie le 24 octobre infecte son fils de 29 ans, employé dans une des plus importantes entités du secteur de la finance, ce qui met en branle le mouvement de suivi de contacts dans le but d’enrayer la propagation du virus.

-En Cour suprême, la CSG est mise à rude à rude épreuve avec le chef-juge Asraf Caunhye observant que “we are seeing a whole drastic transition taking place from the National Pensions Fund (NPF) to the Consolidated Fund”, alors que les conseils légaux de l’Etat sont bousculés en l’absence de toute indication au sujet de “any benefit to which they (private sector employees) are entitled under CSG.”

-La guerre des tranchées continue à Air Mauritius entre le personnel navigant et les administrateurs, après une plaine en Cour suprême de la part des pilotes d’Air Mauritius, ce sont les membres d’équipage de MK, l’Air Mauritius Cabin Crew Asociation, qui leur servent une mise en demeure, et les administrateurs Sattar Hajee Abdoula et Arvindsingh Gokhool répliquent en obtenant un renvoi du Watershed Meeting et affichant le volet positif de de leur action depuis qu’ils ont pris la destinée d’Air Mauritius en main suite à la mise sous administration volontaire de la compagnie par l’équipe dirigeante le 22 avril 2020…

-Après le sort tragique du petit Ayaan, battu à mort, Maurice est de nouveau sous le choc après le meurtre de sang-froid, dans l’après-midi du 24 novembre, de la Woman Police Constable Dimple Raghoo, 38 ans, alors qu’elle était en mission dans le cadre d’une opération de controlled delivery de drogue sur le parking du Bo’Vallon Shopping Mall. La policière a été prise en écharpe sous la voiture conduite par un des trafiquants et roulant à 122 km/h, ne laissant aucune chance à la victime, alors que son collègue, le constable Benoît Arlanda, également percuté, a été admis en observation à l’hôpital Jahawarlal Nehru à Rose-Belle…

-Le pays s’apprête à accueillir le président nouvellement élu des Seychelles, Wavel Ramkalawan dont ce sera le premier déplacement officiel à l’étranger, qu’il effectuera à la tête d’une délégation d’une dizaine de membres, parmi lequels son épouse Linda Ramkalawan et la ministre des Affaires étrangères, Sylvestre Radegonde. Au premier plan du menu de cette visite d’Etat, la sécurité publique/lutte contre le trafic de drogue et la criminalité et la coopération en matière de technologie informatique et de communication…

-Les élections villageoises terminées et les résultats proclamés le même jour, l’opposition affirme être en mesure d’assurer la présidence à Savanne, Grand-Port, Rivière-du-Rempart et Rivière-Noire, soit quatre des sept conseils de district, alors que le gouvernement est crédité de pouvoir l’emporter dans trois districts, Moka, Flacq et Pamplemousses, mais pour le savoir il faut attendre le choix qu’en feront les représentants des conseils de village et l’influence des forces occultes dans les jours qui précéderont l’élection des équipes dans ces instances régionales.

Décembre — Le meurtre de Telfair : Une énigme à rebondissements !

  • Conseils de district : «Un véritable highjacking de la démocratie», selon Paul Bérenger

    Où sont passées les images des caméras de Safe City de la Louise le jour de la disparition de Soopramanien Kistnen?

-Comme il fallait s’y attendre, les forces occultes aidant, le gouvernement contrôle 6 des 7 conseils de district de l’île – Rivière Noire, Savanne, Rivière du Rempart, Pamplemousses, Moka et Flacq – laissant Grand-Port à l’opposition. Pour le MMM, il ne s’agit ni plus ni moins que d’«un véritable highjacking de la démocratie», Paul Bérenger estimant que «de folles sommes d’argent ont été déposées sur la table avec des menaces de pertes d’emploi pour faire les gens changer des casques» alors que le leader du Parti travailliste, Navin Ramgoolam a carrément pris à partie les nouveaux conseillers de district en les accusant de «pé vann zot conscience pou enn bout» qu’il assortit d’un avertissement solennel: «Vous allez devoir assumer les conséquences plus tard», alors que le Premier ministre, Pravind Jugnauth, triomphaliste, dit avec superbe: «Sa ki apel baté bef.»

-Réagissant à une enquête judiciaire sur le suicide présumé de Soopramanien Kistnen, l’agent MSM du No 8, proche du ministre Yogida Sawminanaden, où le nom de ce dernier est cité le MMM réclame la démission du ministre alors que Navin Ramgoolam évoque une rencontre entre lui et S. Kistnen au cours de laquelle ce dernier lui aurait dit que «Yogida Saminaden et le MSM étaient des voleurs et des mafieux» qui lui aurait proposé « de faire de faux contrats pour les équipements de Covid » et que «les élections générales inn kokin», car «il y a 12 000 Bangladais qui sont allés voter dans plusieurs circonscriptions».

-La langue maternelle, le Kreol, était au centre des célébrations du Festival kiltir ek langaz kreol morisien dans la soirée du samedi 12 décembre lors de la Sware Poezi spécialement organisée au centre Nelson Mandela pour la culture créole et dont l’invité d’honneur était le Premier ministre, occasion pour ce dernier d’affirmer: «La lang kreol enn fakter ki solidifie relasion ant tou Morisien.»

-L’effet Covid-19 sur l’économie mauricienne demeure tenace et les perspectives pour les prochains mois ne sont guère positives, avec notamment des conséquences néfastes sur le secteur des affaires, dont une demande en baisse pour des biens et services et le manque de flux de trésorerie alors qu’au moins une entreprise sur quatre (27%) n’écarte pas l’option de compression du personnel dans les mois à venir.

-François Eynaud, CEO du groupe SUN, met en garde contre un optimisme béat par rapport à l’industrie du tourisme, subissant de plein fouet les effets de la pandémie du Coronavirus et fait appel à “un Rethinking du tourisme”.«Les touristes seront plus à la recherche de Meaningful Holidays, et il faudra travailler sur ces nouvelles tendances, au niveau des opérateurs et à l’échelle nationale».

-«Maurice, Covid-Safe, pas Covid-Free.» C’est ce que fait ressortir le Dr Laurent Musango, représentant de l’OMS à Maurice dans un entretien à Week-End en soulignant que «ce que Maurice doit faire maintenant c’est trouver la balance entre la vie humaine et la vie économique (…)  Jusqu’à maintenant, il n’y a pas encore de vaccin contre la Covid-19 qui a été homologué par l’OMS (…) Il faut continuer à suivre les consignes sanitaires et pratiquer les gestes barrières en attendant le vaccin. ».

-Des manquements dans la déclaration des avoirs des parlementaires, tant du côté du gouvernement que du côté de l’opposition, font l’actualité. Le leader de l’opposition Arvin Boolell, avait fait l’impasse sur des terrains et des propriétés immobilières dans sa déclaration alors que du côté du gouvernement, le ministre du Transport et du Métro Alan Ganoo a été mis à mal eu égard à sa participation au sein de la société Patanjali, et le PPS Rajanah Dhaliah et le député Vikash Nuckcheddy se sont mis en porte à faux par rapport aux actions qu’ils détiennent dans certaines compagnies.

-Le vice-président de la République Eddy Boissézon a inauguré Le Resto du Coeur d’Albion (qui s’est inspiré des Restos du Coeur, lancés par l’humoriste français Coluche) qui est sous la direction de Tony Ah-Yu, épaulés de nombreux volontaires, et dont la vocation est de venir en aide à des foyers qui sont en manque de nourriture, et soutenir ainsi des familles qui ne sont pas sur le registre social et non éligibles à des aides sociales.

-Les dernières informations indiquent que le feu vert a été obtenu auprès du MIC pour le déboursement de Rs 15 milliards en faveur des entités de l’hôtellerie et de Rs 2 milliards pour le textile, cette étape étant considérée comme extrêmement laborieuse alors que l’interdiction de licenciement sous les Workers’ Rights (Prescribed Period) Regulations 2020 sera étendue pour une nouvelle période de six mois, soit au 30 juin 2021, alors que la fermeture des frontières est reconduite jusqu’au 15 février 2021.

-Dirigeants et membres actifs des trois partis de l’opposition parlementaire ainsi que des membres de la famille Soopramanien Kistnen (cet activiste du MSM est censé s’être suicidé, thèse que ne partage pas une partie de l’opinion, dont des membres de sa famille) se sont réunis dans la nuit du samedi 19 décembre pour une candlelight pour réclamer que la lumière soit faite au sujet du meurtre allégué de l’agent du Mouvement socialiste militant de la circonscription Mo 8 (Moka/Quartier-Militaire)..

-Week-End fait état des contradictions dans l’affaire du meurtre de La Louise. L’étrange “perte de vue” des caméras de Safe City à partir de 13h14, la fausse thèse de suicide colportée par le CID de Moka, les papiers dans les poings du cadavre, la forte dose de phétidine injectée par l’agent.

-Le ministre du Travail Soodesh Callichurn a parlé des prévisions établies au départ, lorsque le pays était en confinement, qui laissaient présager qu’il y aurait 100 000 chômeurs relatifs aux licenciements cette année, mais il n’en a été rien, car jusqu’au 7 novembre, seules 13 840 personnes qui ont bénéficié du Workfare Programme ont perdu leur emploi, et l’Etat a décaissé Rs 13 milliards pour sauvegarder l’emploi.

-En dépit des difficultés que connaissent les Mauriciens dans le New Normal, on constate qu’il y a du monde dans les rues et les quartiers commerciaux, même si au week-end précédant Noël la magie de cette fête semble avoir tardé à opérer, mais il est possible qu’au cours des jours précédant le Nouvel An l’atmosphère soit moins lourde et plus festive.

-A la vente des traditionnels sapins de Noël, le département des Bois & Forêts du ministère offre une Araucaria Columnarisaux acheteurs, question de favoriser une culture respectueuse de l’environnement, mais cela n’empêche que le sapin artificiel a la cote et que d’autres Mauriciens font fabriquer leur sapin de sorte que ce dernier puisse servir d’objet décoratif et fonctionnel.

-Dans son message de Noël, le cardinal Maurice Piat invite Mauriciens, Rodriguais et Agaléens à la solidarité active: «En ce temps de crise que nous traversons, la solidarité — sous ses formes les plus humbles  — peut resserrer les liens fraternels entre nous et nous apporter une bouffée d’espérance, osons être des artisans de paix.»