Dans quelques semaines débutera un projet d’envergure qui sera réalisé par le National Parks Conservation Service. The Mauritius Ridge to Reef Project (2021 – 2026) est un projet global qui prend en considération tous les écosystèmes allant des montagnes, en passant par les forêts jusqu’à la côte et l’océan. Ce genre de projets est très adapté aux pays insulaires comme le nôtre, car il implique une gestion intégrée de l’eau, de la terre, la forêt et la côte. 4 millions d’Euros seront déboursés pour ce projet unique.

Proposé il y a deux ans par le National Parcs Conservation Service (NPCS), le Mauritius Ridge to Reef Project (2021 – 2026) a obtenu un financement à hauteur de 4 millions d’euros auprès de l’Union Européenne. Le gouvernement contribuera lui entre 500 000 et 700 000 euros. Un accord en ce sens vient d’être signé entre le gouvernement mauricien et l’instance européenne.

Le projet sera ainsi mis en oeuvre à travers diverses sphères de la conservation. “Le concept est de gérer nos écosystèmes dans leur ensemble au lieu de le faire séparément. Tout ce que nous faisons sur terre a des répercussions sur les lagons. S’occuper de ces aspects dans leur ensemble est bien plus efficace. C’est quelque chose qui aurait dû avoir été entrepris depuis longtemps, mais il fallait un financement conséquent pour y parvenir”, souligne Kevin Ruhomaun, directeur du NPCS.

Plantation de 200 000 plantes endémiques.

Les objectifs principaux du projet sont d’améliorer la résistance des écosystèmes face aux changements climatiques, d’augmenter la capacité de stockage de carbone, de préserver la biodiversité endémique et d’améliorer la sécurité alimentaire. Ces aspects sont les principaux défis qui nous guettent et qui devront être pris en charge dans un futur proche. Concrètement, le projet consiste à restaurer et augmenter la surface de nos forêts indigènes qui est en ligne avec la National Biodiversité Strategy and Action Plan (22017 – 2025) et le Protected Area Network Expansion Strategy pour maintenir et améliorer les habitats importants pour la conservation de notre faune endémique.

Pour se faire, quelque 200 000 plantes endémiques seront plantées. Ceci contribuera, de manière significative,à atténuer des effets du changement climatique comme proposé  par Maurice sous la Nationaly Determined Contribution (NDC) sous l’accord de Paris à la United Nations Framework Convention on Climate (UNFCCC). De même, la faune endémique et le public pourront profiter des bienfaits. “Le reboisement fournira d’avantage d’habitats et de nourriture à de nombreuses espèces d’animaux et le public aura plus d’endroits verts à visiter”, dit Kevin Ruhomaun.

Élimination d’espèces exotiques.

Ces plantations, cependant, doivent obligatoirement se faire dans les bonnes conditions pour que ces plantes puissent grandir. Ce, dans un cadre où les plantes envahissantes telles que le ravenal, la goyave de Chine ou le privet, leur font une concurrence sévère dans les forêts. Le projet impliquera ainsi  l’élimination de ces espèces dans différents endroits du parc national, à Bras d’Eau, à l’île d’Ambre et à Pointe d’Esny. “À Bras d’Eau, nous allons recréer des forêts endémiques dans des espaces où il n’y a que des plantes exotiques.”

Le Ridge to Reef Project permettra également à notre pays de faire un pas de plus vers la sécurité alimentaire à travers une gestion soutenable de nos terres et la sensibilisation des fermiers. De la même manière, la mangrove sera restaurée. Ce qui augmentera l’efficacité de leur rôle de pépinière pour les petits poissons et autres animaux marins. “Nous procéderons également à la plantation de mangliers avec la collaboration du ministère de la Pêche qui possède l’expertise”, fait savoir le directeur. Les lagons en bénéficieront. Ce qui nous rapprochera de la sécurité alimentaire en termes de produits de la mer, du moins. L’autre bénéfice sera la séquestration de carbone, rôle que jouent les mangliers.

Nouvelles technologies.

Le projet servira également d’étude pour évaluer les méthodologies et techniques utilisées dans la conservation. De même, Kevin Ruhomaun indique que le développement et la recherche seront privilégiés. “Nous utiliserons de plus en plus les nouvelles technologies, car elles permettent de mieux gérer la conservation.”