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  • Rencontre houleuse jeudi entre la commission de l’Education et des élèves représentant les huit collèges de l’île, et “walk-out” de certains intervenants en raison des questions insistantes de l’assistance
  • Grande attente dans l’île pour un nouveau calendrier scolaire émanant du ministère de l’Education

Après une reprise des classes plutôt calme le 4 mai dernier à Rodrigues, le secteur du secondaire connaît depuis une dizaine de jours quelques turbulences en raison d’un nouveau calendrier scolaire présenté par Serge Clair, chef commissaire et commissaire de l’Education. La nouvelle année scolaire pour 2020 prenant fin, la date du 11 décembre a soulevé un tollé parmi les enseignants, les élèves et des parents. La semaine écoulée a été marquée par les protestations des élèves au sujet du « manque d’informations » et par rapport à ce qu’ils qualifient de « grande confusion » et de « flou » dans le déroulement des cours dans le cadre d’un nouveau calendrier. Ils ont fait entendre leurs voix sans ménagement lors de la rencontre organisée jeudi à Mon Plaisir par les responsables de la commission de l’Education et de celle du Développement des enfants et de la Famille.

Selon nos renseignements, certaines questions pertinentes venant de la jeune assistance n’auraient pas plu aux organisateurs. Selon une rumeur persistante vendredi après-midi, un élève de REDCO risque une suspension de six jours en raison de ses propos à cette réunion.

Le ministère de l’Education aurait été pris de court lui aussi par ce nouveau calendrier scolaire décidé par la commission de l’Education, et qui provoque beaucoup de remous dans l’île. Selon nos recoupements d’informations, il y a eu une communication directe mardi entre les responsables du ministère et ceux de cette commission de l’Education à ce sujet. Les autorités à Maurice ont fait ressortir que l’éducation à Rodrigues est financée par l’État mauricien et que, de ce fait, toute décision majeure, comme celle concernant un nouveau calendrier scolaire, devrait obligatoirement obtenir au préalable l’aval du ministère de l’Education.

Pour ramener le calme, le ministère lui-même viendra avec une proposition de nouveau calendrier scolaire, lequel tiendra compte de la réouverture de l’école dans l’île depuis le 3 mai. La décision finale, donc, viendra de Maurice, et elle est très attendue par tous les “stakeholders” de l’Éducation, car d’après le calendrier controversé proposé par la commission de l’Education, le premier trimestre aurait dû prendre fin vendredi et le début du second, à partir du lundi 1er juin.

Par ailleurs, ce sont les élèves du secondaire qui ont fait entendre leur mécontentement par un “sit-in” lundi dernier dans presque tous les établissements de Medco.

« La sortie des élèves contre le nouveau calendrier nous a surpris, car on ne s’y attendait pas », nous dit un recteur. À la suite de ce mouvement de protestation, la commission de l’Education avait convoqué les élèves des Grades 11 à 13 à une rencontre jeudi. Mais cette réunion, d’après les témoignages qui nous sont parvenus, n’a guère tempéré la colère des collégiens. « Nous ne sommes pas contre la réorganisation du calendrier, mais nous n’apprécions pas la manière de faire des décideurs, qui sont venus imposer leur propre calendrier sans consultations », explique au Mauricien une élève de HSC.

Selon cette dernière, la colère des élèves est due aussi « à une grande confusion autour de la tenue des examens » de SC/HSC. « C’est vrai que cette réunion avec le chef commissaire a été houleuse. Nous sommes allés là-bas en croyant que nous allions obtenir les réponses à nos questions, mais cela n’a pas été le cas. Nous avions des questions bien spécifiques mais nous sommes restés sur notre faim jusqu’à la fin. C’est pour cette raison que nous sommes en colère », explique une autre participante. Certaines personnes qui animaient cette réunion n’auraient pas apprécié les remarques que leur ont faites certains intervenants et ont alors quitté la salle.

En fin de semaine, le calme est quelque peu revenu parmi les “stakeholders” de l’Education en apprenant que le calendrier de la commission avait été rejeté. Dans les milieux du ministère, on laisse entendre que l’année scolaire pourrait prendre fin à Rodrigues à la fin du mois d’octobre ou, au plus tard, la première semaine de novembre. Tandis qu’à Maurice, l’école rouvrira ses portes le 3 août et que les cours, cette année, prendront fin vers le 18 décembre.

L’Union of Private Secondary Education Employees, qui avait protesté officiellement dans une lettre au commissaire de l’Education contre le nouveau calendrier « qui a été imposé à ses membres », a déclaré au Mauricien vendredi qu’elle « a apprécié l’intervention du ministère de l’Education pour trouver une solution acceptable pour tous ». Et Bhojeparsad Jhugdamby, président de l’UPSEE, de poursuivre : « Nous sommes certains que le ministère viendra avec une proposition satisfaisante pour tous les partenaires, et qui ramènera la sérénité dans le secteur secondaire. »