Le leader du Reform Party, Roshi Badhain, dans une interview accordée au Mauricien, estime que le pays est en danger. « Il coule comme le Titanic. Ena pe rod sov bato. Ena ankor pe zoue violon lor Titanic. Ena pe rod anrisi li. Ena pe rod pran bato sauvetaz pou sauve », lance-t-il. Il pointe du doigt « certaines personnes » ayant « profité du confinement pour s’enrichir sur la souffrance des gens ». Selon lui, les partis au pouvoir « s’accrochent au communalisme » et « veulent diviser le pays en morceaux ». Le gouvernement, dit-il, « bizin lev pake ale ». Et « le plus vite sera le mieux ».

Le Reform Party est très actif sur le plan extraparlementaire. Qu’est-ce qui vous motive ?
Après les élections générales, j’étais très au courant que la situation deviendrait bien grave pour le pays. Les indicateurs économiques étaient au rouge. Les institutions avaient cessé de fonctionner. Nos adversaires ont mené une campagne avec toutes les irrégularités imaginables. C’était une compagne communale où Maurice a été fragmentée en vue d’obtenir des votes.
En plus de cela, ils avaient orcestré un exercice de communication sans pareil parce qu’ils avaient beaucoup d’argent. Je savais que tout cela était du vent et la fumée jetée aux yeux de la population. J’avais la conviction qu’il faudrait travailler davantage si on était de vrais patriotes et si on voulait aider le pays.
Il n’a pas fallu beaucoup de temps pour que tout le monde réalise ce qui se tramait derrière les rideaux. Prenons le cas d’Air Mauritius, une compagnie qui a toujours été là malgré tous les problèmes qu’elle a connus durant des années. Cependant pour le gouvernement, c’était une situation où leur préoccupation était de voir où se trouvaient leurs intérêts. Avec leur programme de transformation en janvier, c’était la décadence. La même chose a prévalu à la SBM.
Concernant la Banque de Maurice, personne n’avait pu comprendre la raison pour laquelle le gouvernement avait pris Rs 18 milliards du Special Reserve Fund. Il n’y avait pas de COVID-19 à cette époque. Eh bien, ils ont mis leurs mains dans les réserves de la Banque centrale.
Ma motivation est de faire éclater la vérité, d’expliquer aux gens qu’ils sont en train d’être bernés et que tout a été obtenu sur la base des 28% de l’électorat. Si on prend les 269 000 votes et qu’on le divise par le nombre d’électeurs de 945 000 cela ne fait que 28%. C’est le pourcentage de vote qu’ils ont obtenu lors des dernières élections sur la base des promesses qui ont été faites. Souvenons-nous de la pension de vieillesse qui allait doubler, le PRB, et toutes les autres promesses qui ont été faites aux chauffeurs de taxi, etc. et qui n’ont pas été mises en œuvre.
Un pays a besoin d’argent pour fonctionner. Il y a les revenus d’un côté et de l’autre, les dépenses. Les revenus sont estimés à quelque Rs 120 milliards. La croissance économique a été de l’ordre 3%. Je lui avais dit avant de quitter le Parlement en 2016 qu’il était impossible de réaliser une croissance de 4,1% , 4,2 % et 4,3% pour les prochaines années parce qu’il y avait plus d’investissements.
Le gouvernement avait pris alors l’argent que j’avais négocié avec l’Inde sur le traité fiscal pour le mettre dans le projet de métro. Il a, par la suite, demandé de l’argent à la Chine pour le projet de Côte-d’Or qui était passé de Rs 1 milliard à Rs 5 milliards. Maintenait, ils sont en train de construire des routes dans le cadre du programme de décongestion routière. Ce sont des investissements publics. L’économie ne fonctionne pas. Même le secteur privé n’investit plus. Les étrangers n’investissent plus.

Comment en est-on arrivé là ?
Ils ont délaissé l’économie. Il n’avait pas de stratégie pour vraiment travailler l’économie pour faire bouger les secteurs porteurs. Oui, nous avons un problème au niveau de l’industrie touristique avec la COVID-19 et tout le reste. On n’a jamais pu réinventer le tourisme. Il n’y a pas eu de vision de brain wave sur la stratégie pour les dix ans à venir. Ils n’ont toujours pas pu expliquer dans quelle direction il fallait bouger.
Pour ce qu’il s’agit du secteur financier, voyons la réalité des choses. On a révisé tous les traités que ce soit avec l’Afrique du Sud ou l’Inde.
Le problème avec la liste noire de l’Union européenne c’est qu’il faut plus de transparence, plus de substance, moins de manipulation et round tripping. Ce que j’avais préconisé en raison des critiques auxquelles Maurice faisait face à l’époque. On a trouvé les solutions pour venir avec ces mesures.
Avec l’Afrique du Sud, il avait fallu à l’époque résoudre le problème de “dual residency”. Le ministre des Finances sud-africain avait écrit à Maurice au début de 2015 pour dire que l’Afrique du Sud allait de manière unilatérale annuler le projet avec Maurice qui n’avait pas été ratifié. J’ai dû très vite aller comprendre le traité, voir ce qui se passait et trouver des solutions.
Avec l’Inde, les négociations avaient duré dix ans. L’Inde avait dit carrément qu’avec les GARR (General Anti-Avoidance Rule) qu’il allait suspendre le traité avec Maurice pour protéger son économie. Il avait pris une décision et estimait qu’il fallait cesser cette affaire de “round tripping” avec l’argent investi par des conglomérats qui ne paient pas la taxe. Il avait fallu négocier et trouver des solutions.
Les Européens sont revenus cette année pour faire des reproches à Maurice parce qu’on n’a pas continué sur la voie tracée lorsque je suis parti. On avait créé d’autres entités dont les “commodity exchanges” qui allaient apporter beaucoup de transparence. Maurice devait être une plateforme d’échanges en ce qui concerne les pierres précieuses avec une Bourse pour les commodités. Même affaire pour les “global law firms”. C’est ainsi que j’avais créé le MIFC (Mauritius International Financial Centre). J’avais demandé au lord-maire de Londres de venir à Maurice. Un MOU avait été signé pour promouvoir le secteur financier de Maurice. Pourquoi n’a-t-on rien fait ? Aujourd’hui je vois dans la presse que Londres est en train de conclure un accord avec le Rwanda.
Du côté du renforcement, nous subissons des pressions venant de la FATF et de l’Union européenne. J’avais déjà travaillé sur la Financial Crime Commission. C’est cela la solution. Aujourd’hui, on reproche à l’ICAC de ne pas mener les enquêtes à bon port sur le blanchiment. La solution résidait dans la création d’une commission pour traiter tout ce qui touche à des crimes financiers que ce soit sous la forme de blanchiment d’argent soit les gros cas de fraude.
Cette Financial Crime Commission aurait réuni le directeur de l’ICAC, celui de la FIU, le représentant de l’Integrity Crime Agency, le directeur de la FSC. Il fallait aussi créer quelque chose pour gérer la fraude à Maurice. On a des lois contre la corruption et le blanchiment d’argent mais pas la fraude. La Financial Crime Commission aurait permis une meilleure coordination. On n’a pas besoin d’avoir toutes ces institutions qui sont en train d’opérer comme des tours d’ivoire. On avait besoin d’un Apex Body qui aurait créé une entente entre les institutions avec leurs pouvoirs respectifs. Les lois et les dispositions de confidentialité contenues dans toutes ces lois retardent tout. Si l’ICAC a besoin d’informations de la MRA ou si la FIU a besoin d’informations de Integrity Reporting Agency ou si la FSC doit donner quelque chose à l’ICAC, cela aurait pu se faire au sein de la Financial Crime Commission.
Actuellement, on voit que l’ICAC est en train d’enquêter sur l’ADSU. C’est un problème. L’ADSU doit lutter contre le trafic de drogue qui entraîne le blanchiment sur lequel doit normalement enquêter l’ICAC. Tout cela crée un manque de synergie extraordinaire.

Une nouvelle législation a été adoptée il y a 15 jours. Qu’est-ce qui va changer ?
Je n’ai rien contre ces législations. Il faut reconnaître que nous sommes des experts dans l’adoption de législations. Il faut que cela marche dans la pratique. Les choses doivent bouger au niveau de leur application. Il faut aussi avoir des gens qui puissent travailler ensemble. L’Union européenne nous juge sur la performance, les résultats et les solutions que le gouvernement peut apporter. Les encadrements, la bonne volonté et les bonnes intentions ne suffisent pas. Ce sont les résultants qui comptent.

Il nous faut pourtant sortir de la liste noire…
La liste noire est plus grave que la COVID-19. Je sais qu’on ne peut pas faire cette comparaison surtout lorsqu’il y a perte de vies. Lorsque vous regardez le système bancaire à Maurice pour parler de quelque Rs 700 milliards dans nos banques en termes de “global companies”, si celles-ci continuent de retirer leur argent après octobre et si on est maintenu sur la liste noire, nous nous acheminons vers un sérieux problème financier. Or, malgré le fait que je sois un patriote qui aime son pays avant tout, je vois très mal comment on réussira à sortir de cette Blacklist

Vous avez été ministre des Services financiers. Comment sortir de cette impasse ?
A priori, il y a beaucoup de choses qu’il faut cesser de faire. Par exemple, on a vu qu’une compagnie comme Pack and Blister a obtenu Rs 476 millions comme paiement auquel se sont ajoutées Rs 37 millions. Or, tout ce qu’un ministre, en l’occurrence Yogida Sawminaden, a trouvé à dire, c’est qu’ils ont fait une requête et ont fait le “processing”. « On a payé », dit-il. Il y a quelque chose qui cloche dans cette déclaration.
Est-ce que vous avez essayé de savoir avec qui vous avez affaire ? Il se trouve, selon la presse, que le fondateur de cette compagnie aurait été condamné pour fraude fiscale. Le président de l’Union européenne est en train de lire ce qui a paru dans la presse. Il a vu avec qui le gouvernement mauricien a traité sans vérification pour voir qui est derrière les rideaux, sans voir les produits. Peut-on agir uniquement sur la base d’un mail ? On ne sait si ces articles commandés ont été reçus à Maurice. Le paiement aurait, selon le ministre du Commerce, été effectué le 3 avril. Les Ventilators pour lesquels on a payé ne sont même pas encore arrivés au pays.
Dans le cas de la Saint-Louis Gate, le Premier ministre a montré un bout de papier, un résumé d’un rapport qu’il ne veut pas rendre public et qu’il utilise politiquement pour s’attaquer à des opposants politiques. Autant que je sache, l’ICAC n’a arrêté personne jusqu’à maintenant. Les personnes rémunérées pour s’asseoir sur le conseil d’administration du CEB qui ont caché tout ce qui s’est passé, le DPM Collendavelloo qui a été révoqué, les intermédiaires dont les noms seraient cités dans le papier ne semblent pas avoir été inquiétés outre mesure.
Est-ce qu’on peut dire que les institutions marchent, que les institutions fonctionnent, que des actions ont été prises ? Le monde voit ce qui se passe. L’Union européenne sait ce qui se passe ainsi que la compagnie danoise.
Venons-en au budget maintenant. Un ministre des Finances est venu dire qu’il comptait introduire une politique fiscale où les Mauriciens paieront plus que les étrangers. C’est exactement ce que nous reproche l’Union européenne. Nous sommes une Harmful Tax Jurisdiction”. Nous invitons leurs citoyens à venir chez nous et à payer moins d’impôts que les locaux. Pravind Jugnauth ne comprenait pas ce qui se passait. Il n’a même pas une équipe pour le guider dans la direction qu’il faut. Padayachy est en train de lui balancer des offres et des demandes. On dirait qu’il n’a pas de contrôle sur son ministre des Finances.

Qu’est-ce qui s’est passé ?
Voyons les chiffres. Pour l’année 2019-2020, Pravind Jugnauth annonce un déficit budgétaire de Rs 19 milliards. Maintenant que les chiffres sont officiels, le ministre des Finances aurait dû venir dire la vérité concernant le montant final du déficit budgétaire pour l’année financière 2019-2020. Cela n’a pas été le cas. Or, savez-vous quel a été le montant du déficit budgétaire ? Rs 69,8 milliards ! C’est le pire ministre des Finances qu’on ait connu depuis l’indépendance. On est passé de 3% du PIB à 13% du PIB. C’est pourquoi les “gouvernment borrowing requirements” sont estimés à Rs 70 milliards, en plus des Rs 158 milliards qu’ils ont déjà pris de la Banque centrale. C’est la raison pour laquelle je dis que nous allons directement vers la faillite.
Si on considérait l’État comme une entreprise, la situation financière du pays serait pire que celle d’Air Mauritius. On aurait dû avoir affaire à un “volontary administrator” pour gérer le pays. D’où sortiront ces Rs 70 milliards ? Ils ont pris Rs 18 milliards de la Banque Centrale en janvier. Rs 11 milliards ont été versées dans le Consolidated Fund. Rs 7 milliards ont été utilisées pour rembourser une dette de la BAD. Et en juin, ils reprennent Rs 8,7 milliards de la BAD. On a pris l’argent de la Banque centrale pour payer la BAD et on prend un autre emprunt de la BAD. Maintenant ils retourneront à la Banque Centrale pour rembourser la BAD. Le gouvernement ne travaille plus. On puise des caisses de la Banque Centrale lorsqu’on en a besoin.
J’ai suivi beaucoup l’actualité, j’ai fait beaucoup d’analyses. Même si je ne suis pas au Parlement, je suis sur le terrain, et ce que je vois est effayant. À Barclay, Mon-Roche, Camp-Créole… on voyait déjà la situation se détériorer l’année dernière. Maintenant, c’est pire, on ne voit aucune solution à leurs problèmes. Le commun des mortels ne comprend pas tout cela. C’est là où j’ai un problème fondamental avec le fonctionnement de Lakwisinn. Zot anbet dimounn.

À ce propos, le terme « Lakwizinn » a été Coined par vous. Que vouliez-vous dire ?
Ce sont tous ceux qui sont en train de finir ce pays autour de Pravind Jugnauth. J’ai quitté en 2017 en disant qu’il y avait des courtiers qui opéraient et ne voulaient pas être partie prenante dans un conseil des ministres avec Pravind Jugnauth comme leader. Avec sir Anerood Jugnauth, il y avait un “safeguard” et ils avaient peur de lui. Après lui, c’était la décadence. Koumsa mo bet mo kit ene post minis des servis finansie avek Rs 330 000 saler ek loto, sofer, etc. Après mon départ, on a dit que je voulais être ministre des Finances, mais seulement je quitte tout et je pars. Est-ce que je suis imbécile à ce point ?
Aujourd’hui on a l’occasion de voir la vérité de la situation avec cette histoire de masques et de ventilators. Enn dimounn anvoy enn mel gramatin ki gagn paye tanto ? KOVID inn presk fini dan Moris me selman ventilators pa ankor gagne et inn fini paye. Ou pa trouve la li bizin lev so pake ale. On dépense Rs 500 millions provenant des caisses de l’État, l’argent des contribuables, sans savoir avec qui on a affaire. Aujourd’hui, on donne une conférence de presse pour expliquer.

L’argument des ministres concernés est que le pays se trouvait dans une situation difficile, toutes les frontières étaient fermées et personne ne savait où aller…
Je vous dirais en toute franchise qu’on a bluffé les contribuables. Enn marday inn deroule. Il y a un moment où il y a l’incompétence. Un moment où il y a “marday”. Je soupçonne que certaines personnes ont saisi une opportunité pour s’enrichir sur la souffrance des gens alors que le pays était dans une situation de confinement, que tout le monde était traumatisé et que personne ne savait ce que l’avenir leur réservait. Nous ne parlons pas de fraude ou de corruption mais d’un manque de sentiment humain en abusant la souffrance des gens.

Il y a eu également un comité national qui s’est penché sur toutes ces questions.
Parlons franchement. Je ne fais pas de la diffamation mais je discute avec un journaliste. Il y a un Premier ministre et je suis ministre et nous participons dans un comité. Je parle en connaissance de cause. Le ministre du Commerce fait partie du comité. Nous faisons le point sur la situation concernant les masques. Nous savons qui sont ceux qui ont fait des dons et quel pays nous a aidés. Maintenant, il s’agit de savoir combien il faut acheter.
Normalement un Premier ministre doit demander combien peuvent être produits localement. Un groupe local a fait un don de 50 000 masques produits localement. Donc on peut voir si les masques peuvent être produits localement. Non, non. On a placé une commande auprès d’une compagnie dont on ne connaît pas les tenants et les aboutissants pour un montant de Rs 500 millions. Est-ce que le Premier ministre le savait ? Le ministre Sawminaden dit que le comité était au courant et que c’est le comité qui a décidé.
Sorry, une personne doit prendre la responsabilité. Une personne doit accepter que c’est elle qui a décidé de placer cette commande. Tout citoyen, tout journaliste, tout politicien parlementaire et extraparlementaire a le devoir d’aller jusqu’au bout de cette affaire. Nous voulons savoir qui a dit qu’on doit aller voir Pack and Blister. Qui est cette personne qui est toujours dans l’ombre ? Après, on vient nous dire que vous étiez en train de sauver la vie des gens. Ce n’est pas juste.

Admettons que le gouvernement a réussi à contrôler la pandémie.
Mais non. Vous reprenez un cliché qu’ils ont repris. Il faut reconnaître qu’ils ont une bonne communication. Ils peuvent jeter de la fumée dans les yeux des gens. Nous n’avons rien contrôlé. La vérité, c’est qu’il y avait une frontière à fermer. Le Premier ministre a attendu le moment qui lui convenait le mieux pour la fermer. Au contraire, on a pris des risques pour n’avoir pas fermé les frontières à temps. La question se pose de savoir si le Premier ministre avait en tête à cette époque l’intérêt du pays.
Je n’aime pas entendre les gens dire que nous avons contrôlé la pandémie. Eski nou Bondie nou ? Au contraire, il y avait une cacophonie dans le pays. La police avait brutalisé les gens. Il faut remercier l’“All Mighty” si cette affaire ne s’est pas répandue dans le pays. Je ne sais pas quelles sont les vraies raisons. Est-ce à cause de notre façon de vivre ? Les gens étaient dans l’incertitude. Et puis la COVID Act est arrivée. Je pense que la COVID Act fera plus de victime que la COVID-19 qui a fait dix victimes. Avez-vous vu le nombre de personnes qui ont perdu leur emploi ? Combien de personnes se sont endettées et ne peuvent joindre les deux bouts ? Il n’y a pas que le virus. Il y a aussi la gestion du virus. Pa anbet dimounn.

Nous sommes sortis de la crise de la COVID-19 affaiblis…
Nous sommes sortis d’une situation liée à la COVID qui a été utilisée pour prendre les réserves en termes d’or et de réserves, en termes de devises étrangères dans la Banque centrale. On a pris des générations pour faire que les réserves étaient arrivées au niveau où elles se trouvaient.
Maintenant demandons aux gens d’aller dans cinq places différentes afin de voir les prix avant et après la crise sanitaire. Je peux vous dire qu’en trois mois les produits de consommation courante d’une famille ordinaire ont enregistré une augmentation de 22%. Cela est essentiellement dû à la dépréciation de la roupie. Il y a, à Maurice, deux types d’inflation : “cost push” et “demand pull”. La roupie est dépréciée pour alimenter le Special Reserve Fund. C’est en quelque sorte un argent fictif utilisé par le gouvernement. Et la hausse artificielle des devises crée une hausse considérable des prix. Zour Pravind Jugnauth e lakwizinn kit pouvwar pa pou ena enn sou dans la kess. Il n’y aura que des dettes. La caisse sera vide. C’est cela la réalité.
Le pays est en danger. Il coule comme le Titanic. Ena pe rod sov bato. Ena ankor pe zoue violon lor Titanic. Ena pe rod anrisi li. Ena pe rod pran bateau sauvetage pou sauve.
On doit sauver le pays et pour cela il faut un gouvernement fort, d’unité nationale, un gouvernement qui ne veut pas casser le pays en morceaux. Je suis certain qu’il y a des jeunes qui ne sont pas d’accord au sein de la majorité parlementaire Il y a ceux qui estiment qu’il faut “koz koze ki bizin koze” mais “eski li pe tann tande ki bizin tande” ?
Les partis de l’opposition doivent voir le “bigger picture”. Le gouvernement « bizin lev pake aller ». Le plus vite, ce sera mieux pour le pays. Il faut regarder l’intérêt patriotique et du pays.