A woman holds up a placard as a small group of people take part in a protest outside a school in Bishop Lavis, to protest against the South African government's decision to open some schools, in Cape Town on June 1, 2020. - South Africa moved into level three of a five-tier lockdown on June 1, 2020, to continue efforts to curb the spread of the COVID-19 coronavirus. Under level three, all but high-risk sectors of the economy will be allowed to reopen. There are however a lot of confusion around the reopening of schools as some schools have opened and others remain closed. (Photo by RODGER BOSCH / AFP)

Les écoles britanniques rouvrent en partie lundi, étape essentielle mais délicate du déconfinement voulu par les autorités, jugée prématurée par bien des parents, des syndicats enseignants et des collectivités locales.

Le Royaume-Uni, avec plus de 38.000 morts testés positifs, est le deuxième pays le plus endeuillé par la pandémie après les Etats-Unis et même, selon plusieurs études comparatives, le premier en terme de surmortalité rapportée à la population.

Critiqué pour avoir tardé à agir, le gouvernement conservateur de Boris Johnson tente désormais de redémarrer une économie en berne.

Mais les premiers légers assouplissements du confinement décrété le 23 mars ont eu lieu dans la confusion mi-mai, ce que n’a pas arrangé la vive controverse provoquée par les déplacements de Dominic Cummings, l’influent conseiller de Boris Johnson.

Dès lundi, les rassemblements de six personnes à l’extérieur seront autorisées en Angleterre, permettant aux familles ou amis de se retrouver dans un parc ou de partager un barbecue. Les 2,2 millions de personnes identifiées comme les plus fragiles et forcées de s’isoler totalement pourront sortir prudemment. Les concessionnaires automobiles et les marchés se tenant à l’extérieur pourront reprendre leur activité.

Dans les établissement scolaires, seuls les écoliers de 4 à 6 ans et de 10 à 11 ans, soit environ 2 millions d’élèves, doivent retrouver lundi leurs camarades.

Dans le monde enseignant, la décision passe mal.

Le Syndicat national de l’Education réclame davantage de « tests et de preuves scientifiques solides » pour « rouvrir le moment venu », et l’Association of School and College Leaders s’inquiète de « problèmes logistiques importants ».

« On ne peut pas vraiment promettre aux parents que leurs petits resteront à deux mètres les uns des autres tout le temps », a reconnu Bryony Baynes, directrice d’une école primaire de Worcester (ouest de l’Angleterre).

– « Aller de l’avant » –

Les parents ne sont pas tous rassurés par la perspective de renvoyer leur progéniture sur les bancs de l’école. Selon une étude conduite par la fondation nationale pour la recherche en matière d’éducation auprès de 1.200 directeurs d’école, ceux-ci s’attendent à ce que 46% des familles gardent leurs enfants à la maison.

Les directeurs d’établissements accueillant le plus d’enfants défavorisés, bénéficiant de repas gratuits, s’attendent à un absentéisme plus important (50%) que ceux en accueillant peu (42%).

« Je comprends que certains ne veulent pas voir les écoles reprendre déjà. Mais nous avons besoin d’aller de l’avant et nous devons aussi nous assurer que nos enfants ne régressent pas », a plaidé le ministre de l’Eudcation, Gavin Williamson dans le quotidien conservateur The Daily Telegraph.

La commissaire à l’enfance, Anne Longfield, a appelé dans le même journal le gouvernement à organiser des cours d’été en juillet et août pour aider les enfants les « plus démunis » à rattraper le retard pris pendant les mois de confinement.

« C’est un moment délicat », a reconnu le ministre chargé des Entreprises, Alok Sharma, interrogé lundi par la BBC sur le déconfinement.  Il a assuré que le gouvernement agissait de manière « prudente » et « graduelle », expliquant que « personne ne (voulait) voir de second pic des contaminations ».

Cette stratégie de déconfinement s’appuie sur un système pour dépister les malades du Covid-19 et contacter les personnes avec lesquelles ils ont été en contact. Le gouvernement a annoncé samedi être désormais en capacité de dépister 200.000 personnes par jour.

Pas totalement convaincues par le calendrier, les autorités locales de dizaines de villes ou comtés anglais ont demandé à leurs écoles d’attendre encore avant d’accueillir de nouveau les élèves, arguant notamment que les écoles écossaises et nord-irlandaises ne rouvriront pas avant août et septembre.

Ces craintes concernant le retour en classe font écho à celles de certains membres du comité scientifique chargé de conseiller le gouvernement sur le nouveau coronavirus.

Le professeur John Edmunds, qui en est membre, a ainsi estimé qu’il était « risqué », voire « dangereux », de passer à l’étape suivante du déconfinement avec encore plusieurs milliers de contaminations par jour (environ 8.000 par jour en Angleterre).

cdu-pau/gmo/ia