Depuis fin 2017, la Rugby Union Mauritius ne cesse de s’améliorer et cette année, cette fédération se rapproche de plus en plus du sommet. Alors que la majorité des disciplines collectives ont mis du temps pour reprendre leurs activités, la RUM a quant à elle été la première fédération de sport collectif à soumettre un plan de reprise en mai dernier comprenant tous les aspects techniques et également le respect des règlements sanitaires.
Le monde du sport a été touché de plein fouet par la pandémie de la COVID-19, qui a conduit à ce que Maurice soit en confinement pendant plus de deux mois. Alors que les activités sportives n’étaient pas permises par l’État mauricien, la RUM a quant à elle, grâce à la collaboration de World Rugby et de Rugby Afrique, réalisé des formations en ligne destinées aux différents arbitres mauriciens. Et désormais, plus de 10 hommes en noir mauriciens sont certifiés par l’institution internationale.

L’aspect qui a rendu le rugby mauricien plus visible, c’est celui du médical. Si au niveau sportif Maurice a des difficultés à s’imposer en Afrique, au niveau médical, elle est la première nation africaine à avoir un staff certifié dans les Levels 1, 2 et 3 de World Rugby. Et lors de la reprise des championnats nationaux, cette équipe était en action.

Au niveau du développement, la région de Rose-Belle connaîtra bientôt un nouveau club de rugby. De ce fait, après Port-Louis avec les Sailors, l’ouest avec les Western Cowboys, le sud-ouest avec les Southern Cyclones, le nord avec les Northern Pirates et le centre avec les Highland Blues, le sud-est aura une équipe pour défendre les couleurs de cette région. « Je ne peux qu’être satisfait de l’année 2020 par rapport à ce qu’on a pu accomplir. Certainement que sans la COVID-19 le développement du rugby à Maurice aurait été encore mieux. Les membres du comité, les clubs, les joueurs, les arbitres ainsi que les médecins ont tous contribué à ce que cette année soit une réussite », nous confie le président de la RUM, Kevin Venkiah.

Le rugby a également le mérite d’avoir complété sa saison sportive au niveau du rugby à 7, à 10 et à 15. « Après le feu vert des autorités, nous avons commencé par des matches amicaux en juillet, et de septembre à décembre, nous avons réalisé plus de 200 matches et complété nos championnats, ce qui est très encourageant », nous déclare Pravin Roodur, directeur général de la RUM. Au niveau de Rodrigues, l’évolution de la balle ovale a pris son envol cette année. « Lors de notre dernière visite à Rodrigues, nous avons constaté que le nombre de licenciés avait augmenté et pour l’année prochaine, on s’attaquera à des tournois intercollèges », fait ressortir Kevin Venkiah.

Toutefois, au niveau de l’aspect sportif, les sélections mauriciennes n’ont pu atteindre les finales en U16 et U18 lors du tournoi de l’Association de Rugby de l’océan Indien. Elles se sont contentées de la troisième place, mais les U18 ont quand même eu le mérite de battre l’île sœur lors de cette compétition. « Avec la présence de Madagascar, où cette discipline est imprégnée dans les veines des habitants, c’est plus difficile pour nous de les surpasser pour le moment. Et cela a pu se voir lors des Jeux des îles de l’océan Indien. Nous avons échoué à la troisième place cette année, mais ce n’est que partie remise. Les effectifs des U14 et U16 en 2021 seront très compétitifs. Après les JIOI, j’ai été très déçu de certains joueurs de la sélection nationale, que nous n’avons plus revus depuis. Je mise sur la jeunesse et c’est sans regret », explique le président de la RUM.

Pour 2021, la RUM est en négociation pour un partenariat avec la marque Doritos afin de l’accompagner dans les différentes activités. La RUM devra également se stabiliser en trouvant un terrain uniquement dédié au rugby, car avec l’allocation de Rs 1,2M du ministère des Sports, c’est la location des terrains qui est la dépense la plus importante, ne laissant que des miettes pour les différents déplacements. « Nous avons pendant longtemps fait cette demande auprès des autorités concernées, mais ce fut un dialogue de sourds. Nous avons identifié la région de Moka afin de construire notre stade et désormais nous devons trouver des partenaires pour concrétiser ce projet », conclut Kevin Venkiah.