L’Audit a noté une certaine opacité au niveau de l’allocation du contrat sur le Safe City Project (SCP) passé entre la police et Mauritius Telecom (MT), et qui a coûté environ Rs 16 Mds (USD 465,3 M) au gouvernement. A titre d’exemple, les officiers n’ont pas eu accès au « lease agreements », mais uniquement à certaines clauses. La police a brandi un « mutual non-disclosure under the terms and conditions of the agreement ».

L’Audit a répliqué que sous l’article 110 (2) de la Constitution, son bureau peut accéder à tous les documents. Malgré cela, la police a campé sur sa position et a cherché un avis auprès de l’Attorney General Office. Du part le peu d’informations disponibles sur le sujet, l’Audit ne dispose d’aucune preuve pouvant contredire le fait que l’appel d’offres a été effectué sur la base de la « most competitive method », ni si les « contract prices » étaient raisonnables. La police a par ailleurs soutenu qu’avant l’implémentation du SCP, MT avait mené un projet pilote en 2017 en se basant sur un « due diligence exercice » mené par le ministère des Finances. Néanmoins, des manquements avaient été notés sur ce projet, qui devait être « fully operational » depuis juin 2019, alors que le projet ne l’est toujours pas 18 mois plus tard.

De plus, l’User Acceptance Test pratiqué sur les caméras IVS n’a été mené que sur les 756 sites opérationnels, sur un total de 2 000, où elles doivent être implémentées. Par ailleurs, aucun accord n’a encore été finalisé pour accueillir les serveurs qui devaient initialement être installés au Government Online Centre. Sont également notés l’absence d’un consultant pour la coordination de ce projet, et des « serial numbers » de caméras différents des « technical specifications ».

Concernant les dépenses, l’Audit signale que 50% des fonds votés dans les trois derniers budget pour le SCP ont été utilisés, alors qu’un paiement de la police à hauteur de Rs 760 M n’a pu être confirmé par l’Audit, qui n’a en effet pu avoir accès à certains documents. En décembre 2020, 3 159 caméras IVS avaient été installées sur les 4 000 prévues, de même que 130 caméras ITS, sur un total de 300. D’autre part, un seul « sub-command centre » sur sept a été complété et livré.
Sur un autre volet, l’Audit a noté que seulement deux Dorniers sur quatre sont en état de marche à la Maritime Air Squadron, alors que depuis novembre 2019, recommandation avait été faite pour
l’achat d’un nouvel appareil. De plus, un « technical maintenance support contract » pour les appareils a été signé avec une compagnie aérienne locale alors que le paiement se fait en dollars. Sans compter
qu’un Dornier a été « decommissioned » depuis décembre 2019, mais que des paiements sont toujours effectués pour la maintenance.

Autre point mis en relief par l’Audit : la vente d’un avion Defender, dont les pièces coûtent Rs 13,8 M sur le marché, mais que la police a sous-évaluées, soit à Rs 5 M. Au final, l’avion aura été vendu Rs 6,9 M. L’Audit critique également des manquements au niveau du Government Asset Register ou des « asset » de Rs 600 M n’ont pas été enregistrés. Il est également relevé que trois radars destinés à assurer la surveillance de notre zone maritime sont en panne à Gris-Gris, Saint-Brandon et Agalega. De même, un Remotely Operated Vehicule, au coût de Rs 14 M, est inopérationnelle depuis 2014. Enfin, l’Automated Fingerprint Identification System est obsolète, dit encore l’Audit. Et pour conclure, l’achat des vêtements spécialisés pour les différentes unités de police comportent des manquements.