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Le coronavirus est devenu mutant dans d’autres pays où le confinement imposé entraîne une certaine solitude des cœurs. À Maurice, île “COVID-safe”, la situation semble plaire à bien des valentines qui, du coup, n’hésitent pas à se la jouer « négatives » à la COVID mais « positives » au charme de leur Valentin.

L’amour au temps du coronavirus, loin de jouer les trouble-fête à Maurice, permettra aux valentines de faire preuve d’audace, de séduction et d’humour ce dimanche 14 février. Pour en savoir plus de ce que les femmes pensent de la Saint-Valentin, Le Mauricien donne la parole à quatre charmantes valentines : Saveena Atmarow, Kobashni Chedumbarum Pillay, Martine Fong et Aurélie Jeannot qui pensent que quand on s’aime, on n’a pas besoin de se rabattre sur une date fixe pour se le rappeler. La pandémie de l’amour est bien ancrée, mais cette année, virus oblige, tout se passe dans le respect des mesures barrière sans déroger à la tradition d’un « Je t’aime », histoire de se rappeler qu’on existe toujours pour l’Autre.

Saveena Atmarow : « L’amour est le plus grand danger qui nous guette »

Le 14 février, les amoureux célébreront la Saint-Valentin. Cette fête a-t-elle encore une signification lorsqu’on sait que la COVID-19 persiste ?
Je ne veux surtout pas être un rabat-joie mais je ne suis pas trop la femme à célébrer Saint-Valentin. Mais il n’empêche que cela me fait quand même plaisir quand mon époux me ramène des fleurs en ce jour dit « spécial pour certains ». Sachant que dans beaucoup de pays, les bars et restaurants sont toujours fermés, tout comme les cinémas, les théâtres, les salles de spectacle et de concert, ici à Maurice les valentins et valentines ont beaucoup de chance, et les possibilités de se faire plaisir ne manquent pas.

Quelle est la situation avec le coronavirus qui mute. Les couples arrivent-ils encore à conjuguer le verbe aimer à l’infini ?
J’aime beaucoup cette question qui cache une connotation sérieuse et coquine aussi mais en même temps, elle définit la complexité de l’Amour dans toute sa globalité. Les corps faisant un S en la mettant en parallèle avec la complexité de cette pandémie et le coronavirus mutant devenus maintenant amants… (rires). J’ai une petite citation que je voudrais partager, celle de Kant qui dit : L’amour est le plus grand danger qui nous guette, car il entre en contradiction avec la morale. Agis toujours de telle manière que la maxime de ton action puisse être érigée en loi universelle. »

L’économie est à genoux, les entreprises sont en difficulté, les frontières fermées. Quel regard jetez-vous sur l’avenir ? Et, selon vous, un couple parviendra-t-il à survivre avec les incertitudes de la vie ?
Une fois que l’état d’équilibre endémique sera atteint, le taux de mortalité du SARS-CoV-2 passera en dessous de celui de la grippe saisonnière. Quand atteindrons-nous cet état ? Tout dépendra de la rapidité de la propagation du virus et des campagnes de vaccination qui ont déjà commencé.
En ce qui concerne notre économie, le Budget 2020-2021, qui sera présenté le 4 juin, est très attendu par différents secteurs et la population elle-même. Affecté terriblement par la crise, le secteur du tourisme à Maurice suffoque et n’est pas sûr d’en sortir indemne. La construction a été à l’arrêt, le pouvoir d’achat des consommateurs est dans un tourbillon et la population craint pour son avenir. Les gens ont peur car ils savent que l’avenir est sombre, pas juste à Maurice mais dans le monde. Partout, la même inquiétude prévaut.

Quel est le secret des couples durable et comment, selon vous, la Saint-Valentin devrait être célébrée, à grand renfort de publicités ou par l’union des cœurs ?
J’ai moi-même été mariée pendant 29 ans, et je peux vous dire que la mer n’a pas été tout le temps calme, on en a eu des raz-de-marée. Mais le dialogue, la tolérance sont très importants et c’est ce que j’ai enseigné à mes filles qui sont maintenant des adultes. C’est vrai que l’être humain change chaque jour, chaque heure et même chaque minute. Donc, il faut comprendre qu’il faut être deux pour faire un couple, surtout s’accepter et comprendre ces changements. Et une des clés du bonheur.

Croyez-vous encore au pouvoir de l’Amour ?
On n’arrête pas d’aimer et je dirais même la mort n’arrête pas l’amour.

Comment allez-vous célébrer la Saint-Valentin ?
Comme je vous l’ai dit, je ne suis pas le genre qui attend le jour de la Saint-Valentin pour faire des promesses, mais n’empêche, pour agrémenter la vie familiale on sortira ce jour-là tous en famille pour passer un bon moment et renouveler le “bonding” familial. Car pour moi, il n’y a rien de plus beau en amour que le partage. Et il ne se fragilisera pas.

Comment peut-on se réinventer en amour ?
Je pense que la pandémie et la quarantaine nous ont faits tout simplement réinventer l’amour. Maintenant ne cherchez surtout pas de détails !

Kobashni Chedumbarum Pillay : « L’amour est déterminé par les sentiments »

Le 14 février, les amoureux célébreront la Saint-Valentin. Cette fête a-t-elle encore une signification lorsqu’on sait que la COVID-19 persiste ?
La Saint-Valentin n’est qu’un jour dans l’année pour célébrer l’amour. Alors que l’amour est éternel et peut être célébré tous les jours. En ces temps difficiles, où nous prions pour des jours meilleurs, nous devons chérir ce que nous avons, et l’amour peut certainement nous aider, plus que jamais. Je crois que toutes les émotions positives viennent de l’amour, et toutes les négativités de la peur. Oui, célébrer l’amour est parfaitement justifié en ces temps difficiles.

Quelle est la situation avec le coronavirus qui mute ? Les couples arrivent-ils encore à conjuguer le verbe aimer à l’infini ?
Cela dépend. Chaque couple vit selon ses propres conditions et chaque couple a besoin de nourrir l’amour et la confiance entre eux. Il doit y avoir un respect mutuel. Eh oui, je crois que l’amour avait son sens hier et l’a encore aujourd’hui.

L’économie est à genoux, les entreprises sont en difficulté, les frontières fermées. Quel regard jetez-vous sur l’avenir ? Et, selon vous, un couple parviendra-t-il à survivre avec les incertitudes de la vie ?
Un couple qui se soutient mutuellement n’a pas d’autre choix que de trouver un moyen de traverser les moments difficiles. C’est dans ces moments-là que nous nous accrochons l’un à l’autre et que nous gardons notre positivité.

Quel est le secret des couples durables et comment, selon vous, la Saint-Valentin devrait être célébrée, à grand renfort de publicités ou par l’union des cœurs ?
Personnellement, pour moi, l’amour est le premier facteur de réussite d’un couple, mais il y a d’autres aspects importants et j’aime les appeler les C du mariage : communication, compromis, coopération, engagement et confiance également. De nos jours, la Saint-Valentin, comme toutes les autres célébrations, est devenue très commerciale, en effet. Pour moi, cette journée est destinée à célébrer l’amour, et en toute simplicité. Il n’est pas nécessaire d’acheter des cadeaux coûteux ou d’aller dans des restaurants chics. L’amour n’est pas déterminé par l’argent, mais par les sentiments et les émotions.

Croyez-vous encore au pouvoir de l’Amour ?
Oui, je crois très certainement au pouvoir de l’amour. Il y a cependant deux sortes d’amour : l’amour qui est inné, par exemple, entre une mère et un enfant, l’amour pour votre famille. Et il y a l’amour qui est une compétence acquise, l’amour pour ce que vous faites, pour votre travail ou votre passion, ou pour un sport. Nous traversons déjà des moments difficiles avec la pandémie. Célébrez l’amour chaque jour et non la haine ! La vie est trop courte. Je suis mariée à Neil depuis 15 ans. Ce que j’ai le plus apprécié chez Neil, c’est son humilité, sa simplicité et son honnêteté, qu’il a toujours.

Comment allez-vous célébrer la Saint-Valentin ?
Pas de cadeaux ! C’est notre politique – nous célébrons simplement l’amour avec nos enfants. Neil et moi ne croyons pas beaucoup au 14 février… l’amour peut être célébré tous les jours. Nous pensons que nous pouvons sortir ensemble quand c’est possible et profiter d’un bon dîner. Nous n’échangeons pas de cadeaux. Et je le préviens de ne pas m’offrir de fleurs ce jour-là, car il est tout simplement fou d’acheter des roses à un prix plus élevé. Ce que nous faisons ce jour-là – car les enfants connaissent aussi la Saint-Valentin -, nous célébrons l’amour en famille, à la maison. Je cuisine quelque chose de spécial, j’ai fait des pizzas en forme de cœur une année, ou des sandwichs en forme de cœur, et je fais toujours quelque chose avec du chocolat, car Neil et les enfants adorent le chocolat. Je pense à cuisiner quelque chose de nouveau cette année, un gâteau à la mousse de chocolat !

Comment peut-on se réinventer en amour ?
Faites de nouvelles choses en couple, des activités amusantes et inhabituelles, surprenez-vous de temps en temps, cuisinez de nouveaux plats.

Aurélie Jeannot : « Se recentrer sur l’essentiel »

Le 14 février, les amoureux célébreront la Saint-Valentin. Cette fête a-t-elle encore une signification lorsqu’on sait que la COVID-19 persiste ?
Pour moi, toute occasion est bonne à saisir pour célébrer l’amour. Je suis fiancée à un Français prénommé Louis et on a un beau projet en juin, celui de nous marier.

Quelle est la situation avec le coronavirus qui mute ? Les couples arrivent-ils encore à conjuguer le verbe aimer à l’infini ?
Pour moi, qui vis en France, avec les nouvelles règles et contraintes liées à la COVID-19, soit ça passe ou ça casse. Heureusement pour mon fiancé et moi, cela a confirmé notre envie de nous engager pour la vie. Les incertitudes sont pesantes, il faut continuer de faire des projets mais en faisant preuve de plus de flexibilité et d’adaptabilité.

L’économie est à genoux, les entreprises sont en difficulté, les frontières fermées. Quel regard jetez-vous sur l’avenir ? Et, selon vous, un couple parviendra-t-il à survivre avec les incertitudes de la vie ?
Je suis enseignante de lettres, j’ai la chance de continuer d’exercer, certes avec des mesures renforcées, mais l’activité professionnelle en présentiel m’aide à garder le moral.

Croyez-vous encore au pouvoir de l’Amour ?
Je crois au pouvoir de l’amour plus que jamais depuis le confinement. L’absence de vie sociale nous a permis de nous retrouver rien que nous deux.

Comment allez-vous célébrer la Saint-Valentin ?
Nous allons sûrement fêter la Saint-Valentin pendant les vacances scolaires.

Comment peut-on se réinventer en amour ?
Je pense que les Français saisiront toutes les occasions pour embellir leur quotidien et se recentrer sur l’essentiel, l’amour !

Martine Fong : « Il n’y a pas de secret pour les couples durables »

Le 14 février, les amoureux célébreront la Saint-Valentin. Cette fête a-t-elle encore une signification lorsqu’on sait que la COVID-19 persiste ?
Pandémie ou pas, la Saint-Valentin sera fêtée de manière normale car à l’île Maurice, on n’est pas en confinement. Contrairement aux autres pays, on a de la chance d’être “COVID safe”.

Quelle est la situation avec le coronavirus qui mute ? Les couples arrivent-ils encore à conjuguer le verbe aimer à l’infini ?
L’amour n’a pas de limite. Mais je ne pense pas que c’est uniquement pour la Saint-Valentin mais en permanence, tous les jours.

L’économie est à genoux, les entreprises sont en difficulté, les frontières fermées. Quel regard jetez-vous sur l’avenir ? Et, selon vous, un couple parviendra-t-il à survivre avec les incertitudes de la vie ?
Pour moi, c’est beaucoup plus les couples qui sont en “long distance relationship” qui sont les plus affectés. Cela dit, quand on est en couple, on a besoin d’être là l’un pour l’autre. Les incertitudes, on les aura tout au long de notre vie. Aujourd’hui, c’est la COVID-19, demain ce sera autre chose. C’est dans les moments difficiles qu’on arrive à mieux se connaître et consolider le couple.

Quel est le secret des couples durables et comment, selon vous, la Saint-Valentin devrait être célébrée, à grand renfort de publicités ou par l’union des cœurs ?
Pour l’instant, je ne connais pas le secret des couples durables. On va dire que je prends exemple sur mes parents… C’est d’ailleurs le seul couple pour qui j’ai beaucoup d’admiration, malgré les caractères compliqués de l’un et de l’autre. Ils ont toujours su faire la part des choses. La célébration de la Saint-Valentin est devenue très commerciale aujourd’hui, mais dans le fond, c’est aussi un moment pour se poser et célébrer l’amour.

Croyez-vous encore au pouvoir de l’Amour ?
Ouiiiiii, je crois au pouvoir de l’amour. L’amour peut déplacer des montagnes.

Comment allez-vous célébrer la Saint-Valentin ?
La Saint-Valentin, pour moi, ce n’est pas forcément des cadeaux. C’est juste que la personne est là, qu’on puisse se dire combien on s’aime, mais un bouquet est toujours le bienvenu. Le cadeau qui me fera le plus plaisir n’est pas matériel. C’est de savoir que je suis aimée et que je compte pour la personne.

Comment peut-on se réinventer en amour ?
On a toujours besoin de se réinventer en amour pour ne pas rentrer dans la monotonie. Par exemple, en ajoutant un peu de piment de temps en temps.