Sarita Boodhoo, présidente de la Bhojpuri Speaking Union et invitée du Mauricien cette semaine, jette une lumière sur le vrai sens de la fête de Divali, que nous célébrons aujourd’hui. Elle placera la signification de la victoire de la lumière sur les ténèbres, de la connaissance et du bien sur le mal dans son contexte historique, en tenant compte du contexte local et international. Elle évoque aussi avec passion l’Aapravasi Divas, l’engagisme et le Geet Gaway, avant d’annoncer la traduction de Paul et Virginie, de Bernardin de Saint-Pierre, en bhojpuri.

Nous célébrons cette année la fête de Divali dans un contexte particulier avec, d’une part, la pandémie de COVID-19 et, d’autre part, la crise économique mondiale. Quel sens donner à cette fête nationale cette année ?

Pour moi, Divali est, comme on le sait, non seulement une fête nationale mais internationale. Elle est même célébrée à Washington à la Maison-Blanche, en Angleterre et dans plusieurs pays du monde, comme le Népal, le Myanmar, les Caraïbes. À Maurice, c’est un jour férié. Cette célébration fait partie du calendrier culturel de plus en plus de monde. À Maurice, nous le célébrons depuis l’arrivée des premiers immigrants indiens.
À l’époque, on utilisait un bout de papaye dans laquelle on introduisait une mèche dans un peu d’huile. Par la suite, il y a eu des diyas. La célébration de Divali a pris une grande ampleur après que Seva Shivir avait organisé, dans les années 1970, un Divali Mela pendant une semaine, à Belle-Vue-Maurel. Tous les villageois avaient participé et ce fut un grand événement. Par la suite, les autres sociétés ont commencé à organiser la Divali Week.

Divali dépasse la dimension de fête religieuse hindoue. Elle a une dimension universelle. Nous célébrons le retour de Ram à Ayodhya. La lumière des diyas, qui illumine les maisons, symbolise la victoire de la lumière sur les ténèbres. À Maurice et dans le monde, la vie des populations a été bouleversée. Cela a été le cas pour les économies mondiales, et le rythme de la vie des populations à travers le monde a changé en raison de cette grande pandémie qui a fait des centaines de milliers de morts, alors que des personnes continuent à souffrir. Des familles sont endeuillées. Il y a une tristesse dans le cœur. Une tristesse et un chagrin se sont répandus partout. Cela se répand dans l’atmosphère et pèse sur la santé, la psychologie, la façon de penser et de voir les choses dans la vie de tous les jours.
Avec l’arrivée des fêtes, qui sont des cycles de la vie dans n’importe quelle religion, il y a une réjouissance, le contentement, le retour de la lumière, du soleil, la clarté. En Inde, pour les agriculteurs, c’est le temps de la moisson. Depuis le début des temps, les hommes se sont adaptés à ce cycle de la vie et ont donné un sens à ce qu’ils voient aux différents moments du jour ou de l’année. Ils ont intériorisé leurs problèmes et leurs défauts qui correspondent à l’obscurité et pour considérer les solutions à leurs problèmes et la possibilité de surmonter leurs défauts comme la victoire sur l’obscurité. Bien que tout cela reste encore un mystère.

Nous avons connu des pandémies et des épidémies dans le monde et à Maurice. On se souvient de la grippe espagnole. Dans leurs livres, Nicolas Pike et Patrick Beaton racontent comment ils ont vu des gens déserter Port-Louis pour s’installer plus haut sur le plateau. Il y a eu des quarantaines. Combien d’Indiens sont morts lorsqu’ils ont été placés en quarantaine sur l’île Plate à leur arrivée à Maurice par bateau. Il y a aussi eu le centre de quarantaine de Pointe aux Canonniers, où Idrice Goumany a perdu la vie. Ce qui se passe n’est pas nouveau et beaucoup d’entre nous ont oublié ce qui s’est passé. Il y a eu tout le temps des bouleversements et, à chaque fois, les populations ont su se réajuster.

Personnellement, comment avez-vous vécu la pandémie et le confinement ?
J’ai été affectée. J’ai été affligée par le décès des personnes infectées. Le Dr Wong a perdu la vie en soignant le patient zéro. Dix décès, c’est beaucoup pour un petit pays. J’apprécie que le gouvernement réussisse, grâce à un travail d’équipe, à maîtriser la situation, même si les mesures paraissent un peu dures. Mais toutes les législations sont dures. Nous ne sommes pas là pour les violer. Lorsque le médecin prescrit un traitement, il faut le suivre.
Or actuellement, c’est le pays qui est en traitement. Il nous faut le suivre scrupuleusement. Le public doit participer. J’ai pu m’adapter à certains manquements de matériels. Il faut toujours trouver une alternative, si on ne dispose pas de quelque chose dont on a besoin. Il faut faire la différence entre les “needs” et les “wants”. Plus on a de l’argent plus on a des désirs. Avec la pandémie, on a eu à mettre de côté les “wants”.

J’ai essayé de m’imposer une discipline en profitant des trois mois de confinement pour lire, écrire et suivre l’actualité. Je me suis donné beaucoup de temps de réflexion sur mon rôle et ma mission dans ce monde. Être avec soi-même constitue un très grand bonheur. Je suis heureuse de constater que cela a été le cas pour beaucoup de personnes. J’ai entendu et lu le témoignage de nombreuses personnes qui affirment avoir utilisé ces moments pour être davantage avec leur famille, leurs enfants et petits enfants. Les voisins se sont partagé les choses. Ce sont des valeurs qui avaient disparu avant la COVID-19 avec le train de vie que nous avions adopté.

Les gens se sont ressaisis et ont pu voir un peu le “Ram” à l’intérieur d’eux-mêmes. C’est une victoire de la connaissance sur l’ignorance, l’occasion de se défaire des pensées sombres pour avoir une pensée plus positive. C’est ce qu’enseignent toutes les religions. C’est le cas de Jésus qui a même pardonné à ceux qui l’ont trahi et il a rayonné après sa mort. Il faut surmonter le mal, qui ne nous mène nulle part et qui se retourne contre nous, pour adopter plus de positivité en se demandant ce qu’on peut faire pour notre pays, ce qu’on peut faire pour les autres. « Ask not what your country can do for you, ask what you can do for your country », avait dit John F. Kennedy.

Nous devons savoir ce que nous pouvons faire pour nous-mêmes. Si nous pouvons nous maîtriser nous-mêmes et maintenir un esprit positif à l’intérieur de nous-mêmes. Personne ne pourra nous empêcher de faire un pas en avant. Lorsqu’on partage quelque chose avec un voisin ou quelqu’un d’autre, non seulement nous rendons une autre personne heureuse mais nous sommes heureux nous aussi.

Tout cela pour vous dire que la pandémie a été un choc pour chacun de nous parce qu’elle a placé la mort en face de nous. La menace est toujours là et heureusement que les autorités ont bien pris la situation en main. Divali, mon ami, doit être vécu tous les jours à l’intérieur de nous. Si on allume une lumière dans notre cœur chaque jour, c’est Divali. C’est cela qui nous permet de surmonter le mystère qu’est la vie.

Nous venons de célébrer l’Aapravasi Divas, une célébration que vous tenez beaucoup à cœur. Pouvez-vous nous en parler ?
Le 2 novembre est une date symbolique. Cette célébration a été initiée par feu Bisramsing Ramlallah, à qui je rends hommage. Cette région portuaire était méconnue et abandonnée. Toutes ces archives préservées au MGI ainsi que les ustensiles utilisés, par les travailleurs engagés à leur arrivée dans l’île, avaient été abandonnés. C’est M. Jomadar, alors chargé de la Sécurité sociale, qui avait attiré l’attention de M. Ramlallah sur ces documents et souvenir abandonnés.

Dans un premier temps, ces documents ont été transférés aux archives. Tous les autres ustensiles ont ensuite été transférés au MGI. Malheureusement, le grand historien d’alors, Auguste Toussaint, n’avait pas accordé un grand intérêt à l’immigration indienne parce qu’il considérait que ce n’était pas intéressant à ses yeux. Lorsque B.Ramlallah a fait ce constat, il a éveillé un grand intérêt à ce sujet. Il devait par la suite se battre contre l’administration d’alors afin qu’Indira Gandhi, lors de sa visite à Maurice, puisse visiter ce qui était alors connu comme l’Immigration Square et, par la suite, Coolie Ghat.

Je garde le souvenir ému d’avoir allumé pour la première fois une lampe là-bas en compagnie de Mme Gandhi. J’avais été choisie comme la fille des immigrants indiens pour allumer une lampe à côté de la première Dame de l’Inde. Depuis cette date, nous avons après eu l’habitude d’organiser un Yaj chaque année, le 2 novembre, à l’Aapravasi Ghat. Je ne sais pas ce qui a motivé le gouvernement pour célébrer le 186e anniversaire de l’arrivée des premiers travailleurs engagés ailleurs que l’Aapravasi Ghat. Je suis d’avis que c’est l’endroit idéal pour marquer cette commémoration.

Je vous avoue que, depuis une semaine avec le 2 novembre, je me sens comme interpellée par ceux qui y ont traversé. Il faudra toujours leur rendre hommage pour le sacrifice consenti et la souffrance, l’humiliation et l’injustice qu’ils ont eues à surmonter. Le professeur North Coombes décrit très bien la situation et explique comment ils étaient traités comme des riens. Pendant plus d’un siècle, les Indiens ont d’ailleurs été ignorés par les colons.

L’histoire de Maurice n’est-elle pas faite de lutte et de souffrance ?
Les Mauriciens ont toujours lutté pour leur survie. Aujourd’hui, nos enfants mènent une vie confortable. Ils ne se demandent même pas comment ils sont arrivés là. Ils tiennent tout pour acquis. Il est temps qu’ils comprennent qu’il y a des gens qui ont souffert pour eux, que ce soient les travailleurs engagés, les esclaves, les immigrants français et ceux de toutes les nationalités qui sont arrivés à Maurice. Ils ont tous souffert.

Vous vous êtes aussi intéressée au rôle des femmes pendant la période des travailleurs engagés. Pouvez-vous nous en parler ?
Nous sommes tous arrivés à Maurice en tant qu’immigrants. Il y a eu d’abord les colons, qui eux-mêmes ont connu des moments difficiles. En lisant Paul et Virginie, je me rends compte comment il était difficile pour eux de commencer une nouvelle vie dans l’île. Ils n’avaient ni parents, ni rien.

Pourtant, ils ont commencé à cultiver la terre. Ils ont ensuite amené des esclaves, qui ont connu des moments terribles. On se demande aujourd’hui comment ils ont fait pour survivre à toutes ces misères, ces exploitations humaines. Ces pénitences étaient une forme d’obscurité. Au moment de l’abolition de l’esclavage, ils ont été libérés, ce qu’on peut considérer comme une forme de Divali pour eux.

Concernant l’immigration indienne, il faut souligner que depuis longtemps, il y a eu des travailleurs indiens venus comme maçons, artisans, ingénieurs. Même à l’époque des Hollandais, il y avait Anna de Bengal, qui faisait partie des femmes esclaves à cette époque. Avec le début de l’engagisme, les travailleurs engagés ont emboîté le pas aux esclaves et ont connu le même sort, sauf qu’ils étaient sous contrat.

Au départ, les travailleurs engagés étaient essentiellement des hommes, parce que les colons ne voulaient pas de femmes, ce qui représentait des frais supplémentaires. Et puis, ils avaient besoin de la main-d’œuvre masculine pour nettoyer les champs. Il n’y avait donc pas de femmes à bord de l’Atlas, le navire qui a transporté le premier contingent de travailleurs engagés, le 2 novembre 1834.

C’est le gouvernement britannique, aussi bien à Maurice qu’en Inde, qui a imposé la présence des femmes. Les premières sont arrivées à bord du deuxième navire. Progressivement, d’autres femmes sont arrivées, parce qu’il fallait une vie sociale. Ensuite, les immigrants ont été encouragés à venir avec leur famille. C’est ainsi que, petit à petit, des villages ont été créés, à commencer par Antoinette.

Ceux qui n’ont pas pu retourner ont commencé à acheter des terrains avec leur épargne. Il y a eu un premier morcellement en 1860, soit avant « Le » grand morcellement, en 1880. Les problèmes rencontrés par l’industrie sucrière avaient forcé les barons sucriers à morceler leurs terrains.

Cela fait déjà quatre ans que le Geet Gaway a été classé au patrimoine mondial. Quel bilan faites-vous ?
Ces femmes qui chantent dans le Geet Gaway n’avaient aucune considération à l’époque de l’immigration. Elles étaient humiliées, non seulement dans les champs, où elles étaient exploitées par les Blancs et les Sirdars, physiquement et sexuellement, etc., mais aussi dans les maisons patriarcales, où ce n’était pas mieux. Il y avait le “dada”, le père le frère… Imaginez qu’on mariait les filles dès l’âge de 9, 10, 11, 12 ou 13 ans. Elles avaient à subir toutes sortes de pressions sociales, familiales, mais aussi des pressions des coutumes, etc. Elles étaient obligées de porter leur “pooli” (bijou de nez), et leurs vêtements traditionnels avec leur “horny” sur la tête, sans compter leurs bijoux.

Elles n’avaient le droit ni de quitter la maison, ni de parler à qui que ce soit. Il fallait subir les coutumes de la société dans laquelle elles vivaient. Après le mariage, il fallait ensuite subir la loi des belles familles, beaux-pères et belles-mères, du mari… Même la sœur célibataire de la famille avait autorité sur elles. Elles n’avaient aucun droit et avaient à subir toutes ces autorités.

Les villages de Maurice avaient été créés sur le modèle indien, avec leur kalimay, leur mandir. On cherchait des filles à marier parce que les garçons et les filles ne se rencontraient pas, et ne se regardaient même pas. Mais durant les fêtes ou les mariages, les “geet gawines” étaient invitées pour chanter. Elles se rendaient en groupe dans des maisons qui étaient alors des huttes couvertes de chaume, alors que le sol, lui, était fait à partir de bouse de vache. C’était une des rares occasions où les filles pouvaient accompagner leurs dadis et nanis, leurs mères ou les autres femmes. C’était pour les femmes d’alors un moment de liberté. Elles avaient leur cercle et se rencontraient une fois par semaine et chantaient de mémoire des chansons que leurs parents avaient ramenées de l’Inde.

Ainsi, malgré toutes les formes d’oppression qu’elles avaient à subir, elles ont réussi à garder la lumière du “Geet Gaway” allumée. Né des huttes des villages au milieu des champs de cannes, le “Geet Gaway” a aujourd’hui obtenu une reconnaissance mondiale pour devenir un patrimoine intangible de l’Unesco. Cela a été une traversée extraordinaire. Ces femmes ont depuis cette époque réussi leur autonomisation (“empowerment”) à travers le “Geet Gaway” durant des générations, et ce, jusqu’à nos jours. Elles ne se contentaient d’ailleurs pas de chanter : elles faisaient des plaisanteries entre femmes et dansaient. On me raconte que certaines femmes savaient tellement danser qu’à force de tourner sur elle-même, elles faisaient des trous dans le sol. C’est le Bhojpuri qui était le véhicule de cette forme d’expression culturelle, qui était totalement différente des “gamat”.

Comment ce 4e anniversaire sera-t-il célébré cette année ?
Les dossiers du “Geet Gaway” et du Sega typique ont été envoyés à l’UNESCO en même temps, en 2011. Le sega typique a obtenu son inscription en 2014 et, en 2016, cela a été au tour du “Geet Gaway”. J’ai eu la chance de travailler sur ces deux dossiers.
Grâce à cette reconnaissance internationale, il y a eu un regain d’intérêt pour le “Geet Gaway” parmi les jeunes à Maurice, qui sont aujourd’hui formés à la Geet Gaway School, que nous avons créée et qui a permis à ces femmes d’avoir une identité, une fierté, un “sens of belonging” et une reconnaissance nationale. Maintenant, elles circulent non seulement à travers Maurice, mais sont également invitées à l’étranger.

Depuis 2016, nous célébrons cette inscription tous les ans. Cette année sera consacrée à l’environnement. Nous avons des prières qu’on entonne à l’époque de la sécheresse et dont les “Geet Gawins” ont le secret. Nous comptons mettre en valeur ces chansons. Le problème, c’est que beaucoup de ces chansons traditionnelles risquent de disparaître avec la mort de nos “nanis”. Elles partent avec toutes ces connaissances.

Comme vous le savez, la plus grande vérité de la vie, c’est la mort. Le problème, c’est que nous n’avons pas les financements nécessaires pour pouvoir faire un inventaire de ces chants en les enregistrant et en reprenant leurs paroles. J’espère que le gouvernement nous aidera à réaliser cet inventaire. Nous prévoyons une célébration le 2 décembre.

Nous avons appris que vous entreprenez la traduction du livre Paul et Virginie en bhojpuri…
Oui, j’ai déjà commencé. Cette année, le ministère des Arts, de la Culture et du Patrimoine a lancé le projet de “story telling online”en créole, en français et en bhojpuri. J’ai travaillé sur la partie bhojpuri en partenariat avec le centre de lecture et d’animation culturelle (Celpac). J’ai encouragé des personnes à écrire en bhojpuri. Ils ont créé de très belles histoires.

Nous avons par exemple une histoire sur le Peter Both traduite en créole et en français. C’est alors que l’idée m’est venue de traduire Paul et Virginie. C’est dans ce livre que j’ai compris que les relations entre Maurice et l’Inde ne datent pas d’aujourd’hui. Elles ne datent pas de “moditius” (rire), comme suggéré par le Premier ministre.

On aurait pu parler aussi de “Mahé de Labourdonnaistius”. Mahé de Labourdonnais était basé en Inde lorsque les autorités françaises lui ont demandé de venir à l’Isle de France pour être gouverneur. Il est arrivé avec des artisans indiens, des ingénieurs, qui n’étaient pas des coolies. Ce sont eux qui étaient les ingénieurs pour la construction de l’hôpital militaire, à Port-Louis, et qui abritera le Musée international de l’esclavage. Ils ont assuré la conception, le design, le “workmanship”, et le bâtiment a été construit par des esclaves.
Il ne faut pas oublier que les Hollandais et les Français ont travaillé étroitement avec l’Inde, notamment pour les importations des épices et la soie. Bernardin de Saint-Pierre évoque tout cela dans son livre avec l’Inde. C’est pourquoi je dis que le commerce avec l’Inde existait bien avant “moditius”. Après les Français, les Anglais ont continué sur cette voie. Les grands capitalistes mauriciens d’alors were existing with the trade and commerce with India.

Après la suspension du commerce des travailleurs engagés, en 1838, les Anglais sont allés supplier les autorités britanniques en Inde pour leur envoyer à nouveau de la main-d’œuvre indienne. C’est en 1843 que l’immigration indienne a été effectuée par le gouvernement mauricien. Ils voulaient même, à un certain moment, créer une colonie indienne. On dirait que “chotibharat” date de cette époque.

Tout cela pour dire que l’immigration indienne a eu une grande contribution dans la construction de la nation mauricienne, mais aussi dans la construction d’autres régions du monde, parce qu’une bonne partie des travailleurs engagés sont passés par Maurice avant d’être exportés ailleurs. Aujourd’hui encore, de grandes entreprises mauriciennes ont choisi d’investir en Inde pour la production de produits textiles de grande qualité.

On parle beaucoup à Maurice d’unité nationale. Pensez-vous que notre unité soit menacée ?
Maurice est un pays très uni. Je vis à Port-Louis dans la région de Cassis. Je suis née et j’ai grandi à Port-Louis. J’ai eu l’occasion de faire le tour de l’île puisque mon père était forestier. Je suis fière de dire que je continue à vivre dans une région multiraciale et multiethnique. Je les côtoie tous les jours.

Tout le monde sait que je suis présidente de la Bhojpuri Speaking Union. Il y a des échanges entre nous. Je peux dire que je n’ai pas constaté une disharmonie ou un manque de respect de la part de qui que ce soit. Ceux qui parlent de division sont ceux qui ont un mauvais esprit dans leur tête. Ce sont eux les ténèbres. Ce sont eux qui divisent. Le bon voisinage existe toujours à Maurice. Ce sont des gens qui ont des intérêts personnels qui font de la politique sur le communaliste et la division dans la société. Quand nous célébrons Divali, nous partageons avec tout le monde.