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Pour la relance Post-Covid-19, l’industrie du bâtiment était donnée comme un tremplin. Ce secteur semblait être à l’abri de la crise économique mais tel ne serait pas le cas…Les constructeurs sont inquiets de la situation actuelle avec une hausse de prix des principaux matériaux et la situation instable sur le front du fret, sans oublier les problèmes avec les lignes maritimes et les carences au niveau des services portuaires. Bhooshan Ramloll, Managing Director de RBRB Construction, lance un appel pour des discussions élargies en vue de dégager des solutions aux problèmes pesant lourd sur ce secteur.

Opérateur de longue date, Bhooshan Ramloll ne cache pas sa colère devant la hausse à répétition des prix du ciment et des barres de fer et la situation prévalant dans le secteur. Dans le même souffle, il égratigne la BACECA (Building and Civil Engineers Contractors Association) qui « ne joue pas son rôle comme il le faut » . Il poursuit, « dommage mais la BACECA manque de dynamisme, vu les problèmes actuels, elle devrait sortir de son mutisme et tenter de trouver des solutions ». Il suggère que l’association qui regroupe les Majors de l’industrie de la construction à Maurice, donc les plus gros consommateurs de ciment, devrait prendre les devants pour ouvrir des discussions avec les cimentiers Lafarge et Holcim. 

« Il y a eu des hausses sur le prix du ciment et cela continue encore, on ne comprend pas trop pourquoi et on se demande à quel point ces hausses sont justifiées. Elles sont intervenues à plusieurs reprises sans même que les cimentiers ne nous en notifient ! Il faut mettre de l’ordre car avec la Covid-19 et la hausse du coût du fret, tout cela a engendré une forte déstabilisation du marché et nous n’avons aucune visibilité sur les prochaines semaines, » explique le constructeur.

En même temps, Bhooshan Ramloll pointe du doigt la situation dans le port où le service n’est pas optimal : « il n’y a pas assez de lignes maritimes qui viennent. Pourquoi ? Parce que nous n’avons pas assez de remorqueurs et les bateaux qui arrivent doivent faire queue pour entrer dans le port donc ils ne sont pas intéressés. Il y a un certain laxisme qui s’est installé à la Mauritius Port Authority.  Quand un bateau vient à Maurice et ensuite change de cap, nous devons aller chercher nos conteneurs dans d’autres pays et entre-temps il y a un début de pénurie dans les quincailleries et les fournisseurs en profitent pour augmenter leurs prix ! Je n’invente rien, ce sont les Freight Forwarders qui nous disent cela. Le fait est que la rapidité d’exécution dans le port n’est pas à la satisfaction des lignes maritimes. »

Bhooshan Ramloll lance un appel au ministre Callychurn pour « voir la situation de près ». Il plaide également pour que le gouvernement aide à soulager l’impact de la hausse du fret . « il faudrait calculer la TVA sur le produit et non sur le fret. Le gouvernement peut prendre une décision intérimaire à cet effet jusqu’à un retour à la normale « , fait-il comprendre.

Dans l’objectif de limiter la flambée des prix dans le secteur de la construction, le Managing Director de RBRB Construction se dit en faveur de l’introduction du contrôle des prix « afin d’éviter une crise dans le secteur. » Il souhaite une rencontre entre le gouvernement et les acteurs du secteur afin de trouver des solutions et suggère la création d’une cimenterie sur une base publique/privée et la fabrication de barres de fer localement, répète-t-il, « pour éviter une crise dans la construction » un secteur appelé à bénéficier de contrats de Rs 100 milliards sur les trois prochaines années…

Pour rappel, outre le ciment, le prix des barres de fer a également grimpé ces derniers mois. En début d’année, il était d’environ Rs 26 000 la tonne et aujourd’hui il est à Rs 42 000, sachant que les barres de fer représentent 10 à 15% du coût d’un chantier. Pour le prix du ciment, Bhooshan Ramloll souligne qu’il a connu une hausse de 10 à 15% depuis janvier. Concernant les parpaings – qui sont des produits dérivés du ciment, il prévoit une hausse de Re 1.00 à Rs 2.00.

Affaire à suivre avec l’ultimatum lancé par le ministre du Commerce, Soodesh Callichurn pour que les prix des matériaux de construction soient révisés à la bausse au plus tard le 1 er octobre prochain…