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La Confédération des travailleurs des secteurs public et privé (CTSP) demande au gouvernement de venir de l’avant avec un cadre légal pour le travail à domicile des travailleurs du secteur privé. Elle soutient en effet que, pour l’heure, seule la fonction publique dispose de règlements pour les travailleurs appelés à “work from home”.

La secrétaire générale de cette confédération syndicale, Jane Ragoo, a souligné « qu’il existe toujours une discrimination entre les travailleurs du secteur privé et ceux de la fonction publique ». Elle relève ainsi des abus au niveau du nombre d’heures de travail. « Le salarié est appelé à travailler à n’importe quelle heure de la journée, » dit-elle.
La secrétaire générale dit en outre noter qu’un « certain nombre de patrons » exigent de parler directement avec leurs employés à travers l’Internet, « comme si le travailleur n’avait pas d’heure précise pour déjeuner ou faire un break ».

Elle ajoute : « Le travailleur est pour ainsi dire appelé à subir le problème de Face Time. » La plupart des patrons d’entreprises ne font par ailleurs pas provision pour des chaises et des tables « convenables » pour cette catégorie de travailleurs, estime-t-elle encore. Du coup, « s’ils ne disposent pas de chaises et de tables appropriées pour utiliser leur ordinateur, ils finissent souvent par avoir des courbatures », dit-elle.

Elle affirme également avoir entendu des témoignages de travailleurs opérant à domicile et à qui il aurait été interdit de tomber malade. La secrétaire générale de la CTSP dira aussi que certains employés reprochent à leur employeur de ne pas (ou peu) contribuer financièrement au niveau de leurs factures, que ce soit au niveau de l’électricité, de l’Internet ou du téléphone, facilités indispensables pour pouvoir opérer.

Les femmes opérant à domicile se plaignent également de difficultés à travailler de la maison lorsqu’il y a des enfants, dit encore la syndicaliste. « Cette situation est en train d’affecter la santé mentale de nombreuses femmes qui travaillent à domicile », estime ainsi Jane Ragoo, rappelant qu’après le deuxième déconfinement, « le travail à domicile continue de plus belle ».

Le président de la CTSP, Reaz Chuttoo, se dit « choqué » par les plaintes enregistrées ces derniers temps dans le secteur manufacturier, qui emploie notamment des travailleurs étrangers. Or, dit-il, ces derniers « ont seulement droit au salaire minimal ». Pourtant, dit-il, dans la Workers Rights Act, en date d’octobre 2019, « il est dit clairement que work for equal value shall be equally remunarated ». Raison pour laquelle, dit le syndicaliste, le ministère du Travail doit régler ce problème. Il souligne à ce propos avoir déjà lancé un appel au ministre de tutelle dans ce sens, « car de plus en plus de travailleurs mauriciens seront remplacés par des travailleurs étrangers ».

Il a aussi demandé au gouvernement de reconnaître la Covid-19 comme une maladie du travail. Et d’en profiter pour réitérer sa demande pour « l’introduction d’une loi appropriée » pour les éboueurs.

En ce qui concerne la situation en Palestine, Reaz Chuttoo a affirmé qu’il « faut mettre fin à l’apartheid en Israël ». Répondant à ce propos à une question sur sa participation à une manifestation en faveur de la Palestine devant l’hôtel du gouvernement, le président de cette confédération syndicale a affirmé ne pas avoir été approché par la police jusqu’à présent.