Comme c’était le cas lors du confinement l’année dernière, les employés du transport sont de nouveau appelés à monter au front, étant en effet un service essentiel. Raison pour laquelle ils demandent à être vaccinés. Toutefois, de par la nature de leur travail, ils ne peuvent interrompre le service pour attendre des heures à faire la queue à l’hôpital. Aussi demandent-ils aux autorités d’organiser la vaccination sur leur lieu de travail, comme cela a été le cas pour les autres « frontliners ».

Iqbal Sheik Abbas, président de l’UBS Employees Union, dit avoir déjà écrit au ministre du Transport, Alan Ganoo, et au ministre de la Santé, Kailesh Jagutpal, au début de la campagne de vaccination. Il estime « légitime » que les travailleurs du transport soient considérés en priorité pour se faure administrer le vaccin anti-COVID, car ils sont en contact avec de nombreuses personnes chaque jour. De plus, ils ont été sur le front pendant tout le confinement l’année dernière et méritent d’obtenir le même traitement que les autres « frontliners ».

Cependant, à ce jour, aucune réponse à sa demande n’a été obtenue. Le président de l’UBSEU explique : « Je sais que la vaccination pour le grand public a démarré, mais nous, employés du transport, ne pouvons nous permettre d’aller faire la queue pendant des heures à l’hôpital. Car il faut continuer à assurer le service. C’est pour cela que nous avons fait une demande pour que des dispositions soient prises afin que nous puissions être vaccinés dans les dépôts. »

Il ajoute que cette demande concerne l’ensemble des travailleurs du transport, et non seulement ceux de l’UBS. « Qu’ils soient des travailleurs de la CNT ou des opérateurs individuels, nous sommes tous exposés aux mêmes risques et nous travaillons dans les mêmes réalités. Je lance à nouveau un appel à la compréhension des autorités. » Dans la foulée, Iqbal Sheik Abbas lance un appel au public voyageur de respecter les règles sanitaires. « Il y a des personnes qui entrent dans le bus sans masque et qui sont en colère quand vous leur faites la remarque. J’en appelle à la collaboration de tous et je rappelle également que les policiers sont en train d’arrêter les autobus pour des vérifications. »

Parlant de la pagaille qu’il y a eu à la gare de Curepipe lundi et du fait que des gens aient affirmé sur les réseaux sociaux que les autobus sont rares dans cette ville, décrétée zone à risques, il avance que le problème est tout autre. « Il y a effectivement un retard dans le service, mais ce n’est pas de notre faute. Depuis peu, les autobus venant de Port-Louis, Rose-Hill ou Saint-Pierre, entre autres, empruntant l’autoroute pour aller à Curepipe, ne peuvent plus tourner au rond, point de Dowlut pour prendre la route de Phoenix, en raison des travaux en cours. Il nous faut aller jusqu’à Highlands, faire le rond-point et ensuite revenir vers Dowlut, pour pouvoir entrer à Phoenix. »
Travaux routiers

Ce détour, ajoute Iqbal Sheik Abbas, ajoute au retard déjà accumulé avec la congestion à cet endroit, et ce, en raison des travaux routiers. « Un bus qui va à Curepipe doit d’abord passer par Pont-Fer, région très congestionnée, et faire deux fois Dowlut, tout aussi congestionné. Maintenant, si un bus doit passer par Jumbo, il doit faire deux fois le rond-point de Jumbo, deux fois Pont-Fer et deux fois Dowlut. Tous ces points sont très bloqués. Un autobus peut prendre 45 minutes juste pour le trajet Jumbo-Pont Fer-Dowlut. Voilà pourquoi les bus arrivent en retard à Curepipe. » Ce dernier dit avoir déjà alerté le ministre Alan Ganoo sur la question. Le syndicat a demandé l’ouverture d’un passage exclusivement pour les autobus, afin qu’ils puissent respecter leurs horaires, mais sa requête n’a pas été agréée.