Singapore's Prime Minister Lee Hsien Loong waves as he arrives in a car at the High Court in Singapore on October 6, 2020. (Photo by ROSLAN RAHMAN / AFP)

Le Premier ministre singapourien Lee Hsien Loong a témoigné devant la justice mardi au premier jour d’un procès en diffamation intenté contre un blogueur qui l’avait relié à un scandale de corruption.

Le leader de la cité-Etat accuse le blogueur Leong Sze Hian d’avoir contribué à propager de fausses informations contre sa personne, avec la publication sur Facebook d’un article l’impliquant dans le pillage du fonds souverain 1MDB, un vaste scandale en Malaisie, pays voisin d’Asie du Sud-Est.

Le Premier ministre singapourien a accusé le blogueur d’avoir répandu des allégations « vicieuses et sans fondement » qui ont porté atteinte à « l’intégrité et l’honnêteté » du gouvernement.

Le leader de 68 ans estime que sa propre réputation a aussi souffert.

Mais les défenseurs des droits soulignent que ce procès est un nouvel exemple de la répression par le pouvoir de toute voix dissidente sur internet.

L’article partagé par le blogueur avait été publié par un site d’information malaisien et affirmait que le dirigeant faisait l’objet d’une enquête en Malaisie liée au pillage du fonds 1MDB.

Des milliards de dollars ont été détournés de ce fonds censé contribuer au développement économique de la Malaisie dans une affaire aux ramifications planétaires qui a contribué à la chute du Premier ministre malaisien Najib Razak.

L’avocat du blogueur, Lim Tean, a estimé que ces poursuites en diffamation étaient inutiles puisque les autorités avaient démenti les accusations. Il s’est aussi étonné de la décision de poursuivre son client alors que beaucoup d’autres avaient partagé l’article en ligne.

L’avocat, qui est également une personnalité de l’opposition, avait été interpellé sur des soupçons de harcèlement et de détournement de fonds la semaine dernière. Il a dénoncé cette procédure comme politique, ce qu’a démenti la police.

L’an dernier Singapour a mis en place une nouvelle législation contre la désinformation en ligne qui permet au gouvernement de censurer des publications sur internet qu’il juge mensongères. Ces dispositions, dénoncées comme liberticides, ont été critiquées par des militants comme par les géants de l’internet.

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