· Une déclaration sous serment évoque argent suspect, injections avant la mort et transport du corps vers Telfair — des accusations contestées par les personnes concernées.
Plus de cinq ans après la mort de l’agent politique Soopramanien Kistnen, retrouvé calciné dans un champ de canne à Telfair en octobre 2020, un affidavit récemment déposé devant la Cour suprême vient relancer de sérieuses interrogations sur les circonstances ayant entouré ce drame qui avait profondément marqué l’opinion publique mauricienne.
Dans cette déclaration sous serment, un particulier avance une série d’allégations concernant le rôle que certaines personnes auraient pu jouer dans les événements ayant précédé la mort de l’activiste. Les faits évoqués dans ce document n’ont toutefois pas été établis par un tribunal et doivent être considérés, à ce stade, comme des affirmations formulées dans le cadre d’une procédure judiciaire.
Selon le contenu de cet affidavit, le déclarant affirme avoir été en contact régulier avec la veuve d’un homme aujourd’hui décédé et qu’il présente comme ayant été impliqué dans les événements entourant la mort de Soopramanien Kistnen. D’après les propos rapportés dans ce document, cette dernière lui aurait confié que son époux aurait été récompensé financièrement pour son rôle présumé dans certaines activités liées à cette affaire.
Train de vie suspect
Le dénonciateur explique avoir été intrigué par le train de vie mené par la famille, qu’il jugeait disproportionné par rapport aux revenus officiellement connus. Il affirme notamment avoir observé l’existence de sommes importantes d’argent conservées au domicile familial, ainsi que l’acquisition de biens et de véhicules qui, selon lui, n’auraient pas pu être financés par les revenus habituels du ménage.
L’affidavit évoque également des allégations particulièrement sensibles concernant les circonstances qui auraient précédé la mort de l’agent politique. Selon les propos rapportés dans ce document, la victime aurait reçu des injections d’un puissant analgésique avant sa mort. Le déclarant affirme que ces substances auraient été obtenues auprès d’un professionnel de santé avant d’être administrées à la victime par des tiers. Ces affirmations restent toutefois non vérifiées et n’ont pas été confirmées par les autorités à ce stade.
Le document mentionne également l’utilisation présumée d’un véhicule qui aurait servi à transporter la victime après les faits. Selon la version présentée dans l’affidavit, l’activiste aurait été conduit vers la région de Telfair, où son corps avait été découvert dans un champ de canne.
Contactée à propos de ces allégations, la veuve mentionnée dans la déclaration aurait catégoriquement rejeté les accusations qui lui sont attribuées. Elle reconnaîtrait avoir entretenu des échanges avec l’auteur de l’affidavit, mais contesterait formellement les propos qui lui sont prêtés dans ce document. Selon certaines informations, elle aurait également déposé une plainte pour harcèlement et menaces contre le déclarant.
Toujours des interrogations
Depuis la découverte du corps de Soopramanien Kistnen en octobre 2020, l’affaire a connu plusieurs rebondissements judiciaires et continue de susciter de nombreuses interrogations. L’hypothèse initiale d’un suicide avait rapidement été remise en question, ouvrant la voie à différentes enquêtes et procédures visant à faire la lumière sur les circonstances exactes de cette mort.
L’apparition de ce nouvel affidavit pourrait désormais relancer les discussions autour de ce dossier sensible. Toutefois, les éléments qu’il contient devront être examinés et vérifiés dans le cadre des procédures judiciaires appropriées.
Dans l’attente d’éventuelles investigations supplémentaires, les faits évoqués dans cette déclaration sous serment restent au stade d’allégations qui devront être évaluées par les autorités compétentes.
Affaire Kistnen : Un affidavit relance de lourdes allégations autour de la mort de l’agent politique
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