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Il appelle à faire toute la lumière sur la gouvernance d’Air Mauritius de ces dernières années
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“Connivence au sommet” et réseaux d’influence dénonce-t-il
L’arrestation d’Anba Manikham et de sa compagne dans le cadre de l’enquête menée par la Financial Crimes Commission continue de susciter des réactions. Parmi elles, celle de Raj Ramlugun, qui affirme ne tirer « aucune satisfaction » de cette évolution.
« No cause for me to rejoice. Trust me. », déclare-t-il, exprimant plutôt une profonde préoccupation face à ce qu’il considère comme des dérives ayant affecté Air Mauritius sur plusieurs décennies.
Dans sa réaction, Raj Ramlugun évoque une série de facteurs ayant, selon lui, contribué à fragiliser la compagnie nationale. Il parle notamment de « connivence au sommet », du rôle de certains syndicats qu’il qualifie de « mercenaires », ainsi que de l’influence d’un « ténor du barreau », dont il suggère de surveiller le degré d’implication éventuelle dans l’affaire.
Il mentionne également l’existence d’un ensemble d’acteurs qu’il regroupe sous l’expression de « rotten clan », qu’il accuse d’avoir contribué à miner les principes de bonne gouvernance, de responsabilité et de transparence au sein d’Air Mauritius.
Des figures clés appelées à éclairer les faits
Raj Ramlugun cite explicitement plusieurs profils ayant occupé des fonctions importantes, estimant qu’ils pourraient aider à établir les responsabilités.
Il mentionne notamment :
- Ken Arian et Sattar Abdullah
- d’anciens Chief Executive Officers (CEOs) d’Air Mauritius
- des ténors syndicaux
Selon lui, ces acteurs disposent d’informations susceptibles de contribuer à faire la lumière sur les pratiques ayant favorisé, selon ses termes, le « copinage » et le « népotisme » au sein de la compagnie.
Raj Ramlugun attire également l’attention sur le rôle que pourraient jouer certains groupes d’influence extérieurs.
Il évoque notamment des lobbyistes socioculturels, qu’il accuse d’intervenir « dans des dossiers d’intérêt supérieur » afin, selon lui, de protéger certains réseaux ou responsables.
Dans ce contexte, il insiste sur la nécessité de garantir l’application stricte de l’État de droit :
« This is Mauritius where Rule of Law must prevail in every sense. »
Elargir les investigations
Au-delà du cas Manikham, Raj Ramlugun appelle à une réflexion plus large sur plusieurs dossiers liés à Air Mauritius.
Il soulève notamment les questions suivantes :
- l’état d’avancement de l’enquête forensic confiée au cabinet Kroll sous la présidence de Kishore Beegoo
- la possibilité pour la Financial Crimes Commission d’examiner également le retrait d’Air Mauritius de la Bourse de Maurice en mars 2022
- les procédures ayant encadré le rachat des actions des actionnaires minoritaires à Rs 5.80
- les conditions de la cession du MK Retirees Defined Pension Benefits Fund (AMLPS) à la NIC, avec un rendement plafonné à 0,25 %
Il mentionne également le rôle potentiel de certains responsables encore présents, dont Mr Muttylall, pour apporter des éclaircissements sur ces décisions.
Appel à la prudence
Malgré la fermeté de ses propos, Raj Ramlugun insiste sur la nécessité de ne pas tirer de conclusions hâtives.
« We are not there yet. Let’s not jump to conclusion. », souligne-t-il, rappelant que la vérité doit être établie dans le respect des principes de l’État de droit, indépendamment des personnes concernées.
Enfin, il estime qu’Air Mauritius reste confrontée à des défis majeurs, au-delà de l’affaire en cours. Il évoque des fragilités persistantes :financières, organisationnelles, en matière de gouvernance ainsi que dans la gestion des ressources humaines et des relations industrielles
Il souligne également l’importance d’examiner la pertinence de la structure actuelle, notamment le rôle de Airports Holdings Ltd, dans un environnement qu’il décrit comme fortement influencé par des dynamiques politiques et de réseaux. Raj Ramlugun conclut en appelant à une clarification globale de la situation, estimant que l’affaire en cours ne prendra tout son sens que si elle permet d’établir l’ensemble des responsabilités.

