L’ancien gouverneur de la Bank of Mauritius (BoM), Rama Sithanen, s’inscrit en faux face aux allégations en circulation sur la place publique en relation avec le scandale de Menlo Park Ltd/Pulse Analytics avec un détournement de Rs 45 millions au préjudice de la Mauritius Investment Corporation (MIC). Des échanges WhatsApp lui sont attribués et laisseraient entendre qu’il aurait joué un rôle dans l’ouverture d’une procédure disciplinaire visant une employée de la Mauritius Commercial Bank (MCB), Deepshikha Gowreesunker, connectée avec Stéphane Adam, un des protagonistes de ce volet de l’opération Savat Dodo.
Selon ces allégations, un message aurait été adressé à Ashvin Deena, cadre supérieur de la MCB, suggérant qu’une enquête urgente soit initiée contre l’employée. Il est également avancé que cette dernière aurait effectivement reçu une lettre de suspension immédiate le 10 mars 2025, en cohérence avec les messages attribués à ce dirigeant.
Rama Sithanen dénonce ce qu’il qualifie de « manœuvre malveillante destinée à ternir ma réputation, tant sur le plan national qu’international ». Il affirme n’avoir jamais échangé de messages WhatsApp avec Ashvin Deena durant toute la période de son mandat à la tête de la Banque Centrale, soit du 15 novembre 2024 au 30 septembre 2025. Il assure n’avoir ni envoyé ni reçu le moindre message de ce dernier, et ne se souvenir d’aucun courriel ni conversation téléphonique avec lui durant cette période. Il précise également ne l’avoir rencontré dans aucun cadre officiel pendant son gouvernorat.
L’ancien gouverneur soutient en outre ne pas connaître Deepshikha Gowreesunker et n’avoir jamais évoqué son nom auprès de quiconque à la MCB. Même s’il a pu croiser Ashvin Deena dans le passé, alors qu’il occupait des fonctions au sein du groupe Apex, il insiste sur le fait qu’aucune communication n’a eu lieu entre eux durant son mandat à la Banque Centrale, et encore moins au sujet d’une éventuelle sanction disciplinaire.
Il affirme par ailleurs n’avoir jamais été informé de l’ouverture d’une enquête interne à la MCB visant cette employée aux alentours de mars 2025. Il met également en doute la capacité d’Ashvin Deena à initier ou signer une telle procédure, estimant peu probable qu’il ait eu l’autorité requise pour traiter une affaire disciplinaire de cette nature.
Rama Sithanen précise que ses échanges avec la MCB, en tant que régulateur, se limitaient principalement à quelques hauts responsables, notamment Mess. Hebraud, Tulsidas et Ng Tseung, et toujours dans un cadre strictement professionnel lié aux relations entre la Banque Centrale et une institution régulée.
Il souligne que, dans ses communications informelles, il signait simplement « Rama » ou « Rama Sithanen », jamais « Governor ». Il juge « illogique » qu’en sa qualité de gouverneur, il aurait contourné les plus hauts dirigeants de la MCB pour s’adresser à un cadre qu’il considère d’un échelon inférieur. Il balaie également l’hypothèse d’une erreur d’envoi vers un prétendu agent anonyme de la Banque Centrale, qualifiant les captures d’écran diffusées de « totalement fabriquées » et « profondément fausses ».
L’ancien responsable se dit d’autant plus surpris que ces accusations émergent près d’un an après les faits allégués. Il s’interroge sur le moment choisi pour leur divulgation, estimant que « ce décalage temporel jette un doute sérieux sur leur crédibilité ».
Enfin, Rama Sithanen indique que d’autres affaires ont récemment défrayé la chronique, notamment des révélations concernant le détournement présumé d’un million de dollars de fonds publics liés à la MIC, ainsi que des procédures judiciaires dans lesquelles la MCB figure comme co-défenderesse. Des éléments, selon lui, largement médiatisés.
Face à ce qu’il considère comme une campagne de dénigrement, l’ancien gouverneur affirme que « ces accusations n’ont pour objectif que de porter atteinte à mon honneur. »

